Les Jeux paralympiques de Tokyo n’accueilleront pas de spectateurs

La présidente du Comité organisateur des Jeux de Tokyo, Seiko Hashimoto
Photo: Rodrigo Reyes Marin Agence France-Presse La présidente du Comité organisateur des Jeux de Tokyo, Seiko Hashimoto

Les spectateurs seront interdits aux Jeux paralympiques de Tokyo en raison de la pandémie de COVID-19, tout comme ils l’avaient été des plus récents Jeux olympiques, ont annoncé les organisateurs lundi.

Il y avait eu quelques exceptions pour des compétitions tenues ailleurs qu’à Tokyo pendant les JO. Cette fois, il n’y aura pas d’exception, sauf pour quelques enfants qui pourront assister à des événements qui n’ont pas été identifiés.

Le comité organisateur a aussi demandé au public de ne pas sortir pour regarder les compétitions sur route.

 

La décision a été annoncée après une réunion à laquelle ont assisté le président du Comité international paralympique (CIP), Andrew Parsons, la présidente du Comité organisateur des Jeux de Tokyo, Seiko Hashimoto, la gouverneure de Tokyo, Yuriko Koike, ainsi que la ministre des Olympiques, Tamayo Marukawa.

Les Paralympiques seront lancés le 24 août avec environ 4400 athlètes, un contingent moins important que les Olympiques, qui comptaient quelque 11 000 athlètes. Mais les JP s’amènent alors que les nouveaux cas d’infection ont monté en flèche à Tokyo, ce qui pourrait exposer un groupe d’athlète plus vulnérable au coronavirus.

En conférence de presse, Parsons a signalé qu’il n’y avait pas de place pour la complaisance à la suite des JO.

« En vue des cas d’infection actuels à Tokyo et ailleurs au Japon, tous ceux qui assisteront à ces JP doivent être vigilants », a-t-il déclaré.

Les nouveaux cas d’infection ont triplé à Tokyo pendant les 17 jours des Jeux olympiques, bien que les experts médicaux aient indiqué que cette hausse n’était pas liée directement aux Jeux. Ils croient plutôt qu’il s’agisse d’un effet indirect, tandis que le public a été distrait et qu’on lui ait laissé croire à un faux sentiment de sûreté offert par la tenue des JO.

Comme la situation s’aggrave, le premier ministre du Japon, Yoshihide Suga, a prolongé lundi l’état d’urgence à Tokyo et d’autres préfectures jusqu’au 12 septembre. Cet état d’urgence est en vigueur depuis le 12 juillet et devait se terminer plus tard ce mois-ci.

Les Paralympiques prendront fin le 5 septembre.

« Les cas d’infection atteignent des sommets alarmants », a noté Suga après une rencontre avec les différents ministères.

Vendredi, Tokyo a comptabilisé 5773 cas, un nouveau sommet. Dimanche, la capitale nippone a rapporté 4295 cas. La hausse des cas a grandement affecté le système médical. Des experts disent que la situation est hors de contrôle. D’autres parlent de désastre.

Le Japon a dénombré jusqu’ici 15 400 décès dus à la COVID-19.

Le Dr Haruo Ozaki, président de l’Association médicale de Tokyo, a déclaré dans une entrevue publiée samedi par le quotidien régional Tokyo Shimbun qu’un nombre significatif de gens sont toujours non vaccinés. Il ajoute que la situation actuelle est pire que pendant les Jeux olympiques.

Selon les dernières estimations, seulement 37 % de la population japonaise a été complètement vaccinée.

Ozaki a indiqué que de présenter (les JP) à huis clos est « le strict nécessaire ». Il attribue la nouvelle flambée de cas au variant Delta et croit que la tenue des Paralympiques se veut une décision politique.

« Selon les avis médicaux, ce sera difficile, a-t-il ajouté. Les Olympiques sont un festival et ont peut-être […] servi de cause indirecte à la hausse de cas. »

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