«Sayonara» Tokyo

Comme cela avait été le cas lors de la cérémonie d’ouverture, le spectacle de clôture a allié Japon traditionnel et contemporain. La danse, les chants et les tambours géants se sont mêlés aux feux d’artifice, aux projections numériques et aux images de synthèse.
Photo: Jae C. Hong Associated Press Comme cela avait été le cas lors de la cérémonie d’ouverture, le spectacle de clôture a allié Japon traditionnel et contemporain. La danse, les chants et les tambours géants se sont mêlés aux feux d’artifice, aux projections numériques et aux images de synthèse.

La flamme olympique s’est éteinte, dimanche soir, à Tokyo, tirant le rideau sur des Jeux placés sous le sceau de la pandémie de COVID-19.

À l’instar de la cérémonie d’ouverture 17 jours auparavant, et à l’image des compétitions qui allaient suivre, la cérémonie de clôture s’est déroulée dans un stade olympique de 68 000 places pratiquement vides, les organisateurs des Jeux ayant décidé de tenir l’ensemble de l’événement largement à huis clos afin de réduire les risques de propagation de la COVID-19.

Comme cela avait été le cas lors de la cérémonie d’ouverture, le spectacle de clôture a allié Japon traditionnel et contemporain. La danse, les chants et les tambours géants se sont mêlés aux feux d’artifice, aux projections numériques et aux images de synthèse.

Pour pouvoir l’éteindre à la fin de la cérémonie, on avait rapporté et rallumé une vasque olympique dans le stade quelques heures auparavant. Allumée par la championne de tennis Naomi Osaka lors de la cérémonie d’ouverture, elle avait, en effet, été placée ensuite le long de la baie de Tokyo notamment pour la rendre plus visible et accessible à la population.

Fidèles à la tradition, les quelque 4000 athlètes et entraîneurs de plus de 200 pays qui étaient encore présents dans la capitale nippone et qui ont défilé dans le stade ne l’ont pas fait sagement rangés derrière leurs drapeaux nationaux, comme lors de la cérémonie d’ouverture, mais se sont mélangés autant que le cœur leur disait dans une atmosphère de carnaval.

Fidèle à une autre tradition, on a aussi remis les dernières médailles des Jeux pour le marathon remporté le matin même, chez les hommes, par le champion olympique en titre, le Kényan Eliud Kipchoge, mais aussi, pour la première fois aux Jeux, aux meilleures coureuses de l’épreuve féminine remportée aussi par une Kényane, Peres Jepchirchir.

Les bénévoles ont aussi eu droit à quelques coups de chapeau bien mérités.

Record de médailles canadiennes

Sur le front des médailles, avec un total de 24, le Canada a réalisé à Tokyo la plus importante récolte de son histoire, si l’on exclut les Jeux de Los Angeles en 1984, où il en avait amassé 44, mais qui avaient été boycottés par les pays et puissances sportives du Bloc de l’Est. La 24e et dernière médaille a été remportée dimanche par la cycliste sur piste Kelsey Mitchell qui s’est mérité l’or au sprint, portant le total canadien à 7 médailles d’or, 6 d’argent et 11 de bronze et valant au Canada le 11e rang au tableau du nombre total de médailles, les États-Unis (113), la Chine (88) et le Comité olympique russe (71) occupant respectivement les trois premiers rangs et le pays hôte, le Japon (58), les suivant de pas si loin, à la 5e place. En revanche, si l’on se base sur le classement au nombre de médailles d’or, le Japon grignote quelques rangs et se place troisième, avec 27, derrière la Chine (38) et les États-Unis (39).

Comme aux Jeux de Rio, les femmes ont remporté à Tokyo les trois quarts des médailles du Canada (18), soit plus que leur poids relatif (65 %) dans la délégation canadienne de 371 athlètes. Elles se sont notamment démarquées à la natation (6 médailles), au judo, au cyclisme, à l’aviron et au canoë, mais aussi dans les sports collectifs du soccer et du softball. Les hommes, pour leur part, ont brillé en athlétisme, Andre De Grasse remportant à lui seul trois médailles au sprint, dont l’or au 200 mètres, et Damian Warner étant couronné l’athlète le plus complet des Jeux au décathlon.

C’est justement ce dernier qui a été choisi pour porter le drapeau au nom des quelque 120 athlètes et entraîneurs qui ont défilé à la cérémonie de clôture dimanche soir. « C’est un honneur de pouvoir représenter ces athlètes à la cérémonie de clôture », a-t-il déclaré dimanche. « Ce que chacun de nous a traversé au cours des 18 derniers mois, simplement pour arriver à ces Jeux, fait de Tokyo 2020 une expérience encore plus spéciale. »

« On se souviendra toujours de ce groupe extraordinaire d’athlètes canadiens, non seulement pour ses performances et ses résultats ici à Tokyo, mais aussi pour sa détermination et sa capacité à s’adapter », a renchéri Eric Myles, chef du sport du Comité olympique canadien.

Ce que chacun de nous a traversé au cours des 18 derniers mois, simplement pour arriver à ces Jeux, fait de Tokyo 2020 une expérience encore plus spéciale

 

Les Jeux de la pandémie

Reportés d’un an en raison de la pandémie de COVID-19, les Jeux de Tokyo 2020 ont été soumis à des règles sanitaires sévères qui ont entre autres réduit le nombre de participants étrangers (athlètes, entraîneurs, journalistes…) d’un total normal d’environ 200 000 à 68 000. Elles ont aussi confiné l’ensemble des participants à l’intérieur de bulles largement isolées de la population, en plus d’exclure les spectateurs, étrangers ou locaux, de la plupart des sites de compétition.

Du 1er juillet à ce dimanche, 430 cas de COVID-19 ont été détectés parmi les personnes directement actives sur les sites des Jeux, dont environ le tiers contracté par des athlètes, entraîneurs et autres participants étrangers qui étaient vaccinés à 85 %. Si toutes les règles sanitaires et mesures de contrôle strictes semblent avoir permis d’éviter que les Jeux deviennent un foyer de contamination pour la population en général, des experts pensent qu’ils ont toutefois pu contribuer à un climat de relâchement collectif qui ne serait pas étranger à la forte augmentation du nombre de cas à Tokyo et dans le reste du Japon.

Fréquents avant la tenue des Jeux, les sondages auprès de la population japonaise pour mesurer son niveau d’appui aux Jeux se sont faits plus rares ces dernières semaines. Fortement opposée à leur tenue avant leur coup d’envoi, la population serait graduellement tombée sous leur charme à la faveur notamment des succès remportés par les athlètes japonais, à en croire un sondage Nikkei qui ne rapportait plus, à la fin du mois de juillet, que 31 % de personnes qui disaient encore qu’elles auraient préféré qu’ils soient reportés ou annulés.

Rendez-vous à Paris dans trois ans

Après que la présidente du comité organisateur des Jeux de Tokyo, Seiko Hashimoto, a remis le drapeau olympique à la mairesse de Paris, Anne Hidalgo, la prochaine hôtesse des Jeux d’été a présenté une vidéo endiablée faisant une visite à vélo des toits de Paris et se terminant sur les images en direct d’une foule assemblée au pied de la tour Eiffel.

Les Jeux de la XXXIIIe Olympiade de l’ère moderne doivent se tenir à Paris du 26 juillet au 11 août 2024. Ouverts sur la ville, ils auront des sites de compétition temporaires aux pieds des plus beaux monuments de la capitale française, comme la tour Eiffel, le Grand Palais et le château de Versailles. Promettant des « Jeux révolutionnaires », ses organisateurs entendent atteindre, pour la première fois, une parité parfaite entre les athlètes masculins et féminins et ne pas se limiter aux sports, en offrant aussi une « combinaison de rendez-vous culturels, de programmation artistique et de performances diverses ».

Mais avant cela, Tokyo doit encore accueillir les Jeux paralympiques, du 24 août au 5 septembre, et Pékin les Jeux d’hiver, en février prochain.

Avec l’Agence France-Presse

 

Ce reportage a été en partie financé grâce au soutien du Fonds de journalisme international Transat-Le Devoir.

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