Laurence Vincent Lapointe remporte l’argent au canoë monoplace

La canoéiste de Trois-Rivières est arrivée derrière Nevin Harrison, 19 ans.
Photo: Nathan Denette La Presse canadienne La canoéiste de Trois-Rivières est arrivée derrière Nevin Harrison, 19 ans.

La Québécoise Laurence Vincent Lapointe a remporté la médaille d’argent à la finale du sprint de canoë monoplace jeudi aux Jeux de Tokyo.

C’était la première fois que les femmes concouraient dans une épreuve de canoë aux Jeux olympiques.

Qualifiée pour les Jeux de Tokyo à la toute dernière minute après de nombreuses mésaventures, la canoéiste de Trois-Rivières est arrivée derrière la championne du monde en titre et nouvelle sensation du sport, Nevin Harrison, 19 ans, des États-Unis, à la finale féminine du 200 mètres. L’Ukrainienne Liudmyla Luzan a complété le podium, alors que l’autre Canadienne qui s’était qualifiée pour la finale, l’Ontarienne Katie Vincent, a terminé au 8e et dernier rang.

« Je crois que je n’ai réellement pris conscience que j’étais aux Jeux olympiques que ce matin au moment de prendre le départ de la demi-finale, a déclaré Laurence Vincent Lapointe en conférence de presse, sa nouvelle médaille d’argent au cou. J’étais tellement heureuse de m’être rendue en finale, que j’ai simplement cherché à garder ce sentiment de plaisir et à donner tout ce que j’avais. Je suis très fière de moi, parce qu’il aurait été facile de baisser les bras. »

Laurence Vincent Lapointe avait eu un mauvais départ en demi-finale un peu plus tôt dans la journée ce qui ne l’avait pas empêché de finir troisième de sa vague et de se qualifier pour la finale. Le problème avait déjà été réglé au moment de s’élancer pour la finale deux heures plus tard alors qu’elle s’est tout de suite hissée parmi les meneuses et y est restée durant toute la course qu’elle a bouclée en 46,786 s, un peu moins d’une seconde derrière la gagnante.

« Elle ne rate habituellement jamais ses départs, a observé après l’épreuve l’entraîneur-chef de l’équipe canadienne de canoë féminin, Mark Granger. Mais elle était très nerveuse. C’était sa première compétition en plus de deux ans. En plus, il y avait un vent de travers. On savait que l’Américaine serait dure à battre. Ce que Laurence a accompli est incroyable. »

La longue route de Tokyo

La finale de jeudi arrivait au terme d’un impressionnant parcours sportif, mais aussi de nombreux obstacles pour la canoéiste de 29 ans de Trois-Rivières. Onze fois championne du monde entre 2010 et 2018 dont 6 six fois en canoë monoplace (C1) sur 200m, elle avait été empêchée de participer aux Championnats du monde de 2019 après avoir reçu un résultat positif pour un test antidopage quelques jours avant le début de la compétition. Il lui aura fallu une longue bataille judiciaire avant que le Tribunal arbitral du sport ne l’exonère de tout blâme en janvier 2020 ayant établi que la substance proscrite avait été introduite dans son organisme lors d’une relation sexuelle avec son son ex-conjoint.

Longtemps empêchée de reprendre la compétition par la COVID-19 comme les autres athlètes canadiens, elle avait ensuite raté sa qualification au printemps dernier terminant toujours juste derrière sa compatriote Katie Vincent aux Essais nationaux en Colombie-Britannique. Canoë-Kayak Canada a cependant décidé réattribuer l’un de ses quotas de kayak au canoë féminin et a tenu, à la fin du mois de juin, au bassin olympique de Montréal, une épreuve de barrage. Laurence Vincent Lapointe y a eu le meilleur sur les kayakistes Courtney Scott et Lissa Bissonnette, cette dernière perdant au profit de la Québécoise le billet qu’elle croyait, jusque-là, avoir pour Tokyo. « Laurence a été nommée après avoir démontré qu’elle était l’athlète la plus proche d’une médaille d’or », avait expliqué par la suite le responsable du dossier à Canoë-Kayak Canada, Adam Klevinas.

Encore une épreuve, après quoi…

Est-ce que la Québécoise sera encore là pour tenter sa chance pour les prochains Jeux de Paris en 2024 ? La principale intéressée dit ne pas savoir. « Je rêve depuis tellement longtemps à ces Jeux historiques, pour nous, au Japon. Pour moi, l’objectif était de venir ici. Maintenant, j’ai besoin d’une grosse pause d’au moins quelques mois. »

L’Américaine et nouvelle championne olympique, Nevin Harrisson, a salué la contribution de son adversaire québécoise durant toutes ces années. « J’ai grandi en la regardant aller et en espérant atteindre un jour un pareil niveau. »

En attendant, les Jeux de Tokyo ne sont pas encore terminés pour Laurence Vincent Lapointe et Katie Vincent. Les deux canoéistes seront de la demi-finale de la course de 500 mètres de canoë biplace (C2) vendredi. « Il va falloir remonter un peu le moral de Katie pour que les deux soient sur la même page mentalement », a noté leur entraîneur Mark Granger.

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