Le joueur de centre Phillip Danault quitte le Canadien de Montréal

Le divorce entre le CH et Phillip Danault (deuxième à gauche) semblait inévitable depuis l’automne, même si son départ laisse un gros vide dans la formation.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Le divorce entre le CH et Phillip Danault (deuxième à gauche) semblait inévitable depuis l’automne, même si son départ laisse un gros vide dans la formation.

Phillip Danault ne sait pas pourquoi il n’a jamais hérité d’un rôle plus offensif chez le Canadien de Montréal, mais il croit qu’il aura la chance de développer cet aspect de son jeu chez les Kings de Los Angeles. Le centre québécois a paraphé une entente de six saisons et 33 millions $US avec les Kings mercredi, quelques heures après l’ouverture du marché des joueurs autonomes.

En visioconférence, Danault a répété plusieurs fois qu’il était emballé à l’idée d’avoir un nouveau rôle chez les Kings. « Ils ont démontré une confiance en moi, en mon jeu. Ils veulent plus exploiter mon potentiel offensif », a-t-il dit.

Âgé de 28 ans, Danault a récemment aidé le Canadien à se rendre en finale de la Coupe Stanley. Au cours de ce parcours, il a fourni seulement un but et trois aides en 22 rencontres, mais a brillé en neutralisant les meilleurs joueurs adverses.

Au cours de son séjour avec le Canadien, c’est surtout dans ce rôle que Danault s’est démarqué. En compagnie de Brendan Gallagher et de Tomas Tatar, Danault s’est retrouvé au centre d’un des trios les plus efficaces de la LNH à cinq contre cinq. Au cours des trois dernières saisons, Danault se classe au 25e rang du circuit avec 113 points à force égale parmi les joueurs classés comme centres par la LNH.

Danault a toutefois noté ne jamais avoir véritablement eu une chance de jouer en avantage numérique au cours de son séjour de plus de cinq saisons avec le Tricolore. Et ses responsabilités défensives l’ont souvent contraint à commencer ses présences en territoire défensif.

« J’ai de la misère à comprendre, a répondu Danault lorsqu’on lui a demandé pourquoi il n’avait jamais obtenu cette chance d’exploiter son potentiel offensif avec le Canadien. Je pense que parfois un directeur général a une idée en tête. Il a son idée de ce qui doit être fait pour gagner. Et ç’a fonctionné la saison dernière.

« Ce ne sont pas des décisions qui appartiennent aux joueurs. L’organisation vous voit dans un certain rôle. C’est difficile de changer sa mentalité. »

Danault a néanmoins exprimé sa reconnaissance envers le Canadien, et particulièrement envers le directeur général, Marc Bergevin, qui avait acquis ses services des Blackhawks de Chicago en février 2016. Il a insisté pour dire qu’il avait adoré son séjour avec le Tricolore et a ajouté que son plus beau souvenir sera la victoire décisive contre les Golden Knights de Vegas en demi-finale de la Coupe Stanley, au Centre Bell, le soir de la Saint-Jean, en juin dernier.

Le divorce d’avec le Canadien semblait toutefois inévitable depuis l’automne.

Bergevin a confirmé avoir déposé une offre au camp Danault en septembre. Danault a ajouté qu’une contre-offre avait été faite, mais que le Tricolore n’a jamais répondu à celle-ci. Aucune autre discussion n’a eu lieu lors des 10 mois suivants. « J’ai compris assez vite que ça n’allait pas se régler, a admis Danault. J’ai voulu faire changer les choses durant la saison. Des fois, c’est dur de faire changer d’idée à quelqu’un. »

L’organisation vous voit dans un certain rôle. C’est difficile de changer sa mentalité.

 

Selon ce qui a été rapporté en janvier, l’offre du Canadien aurait permis à Danault de toucher 5 millions au cours des six prochaines saisons. L’écart entre l’offre du Canadien et celle des Kings a finalement été de 500 000 $ par saison.

« C’est une question d’affaires. Avec le plafond salarial, vous déterminez des valeurs aux joueurs selon les positions, selon ce qu’ils amènent à l’équipe, a affirmé Bergevin. Nous étions à l’aise avec l’offre que nous avions faite. Les Kings voyaient autre chose. Ça leur appartient. »

« Ça fait partie du jeu et il n’y a pas de rancune », a pour sa part déclaré Danault.

Philipp Danault a disputé 392 matchs durant sa carrière en saison régulière avec le Tricolore et les Blackhawks. Le natif de Victoriaville totalise 199 points, dont 55 filets.

Un saut dans le vide

Pour le Canadien, le départ de Danault laisse un vide important dans la formation. Cédric Paquette est le seul centre de calibre LNH à avoir été embauché par le Tricolore lors de la première journée du marché des joueurs autonomes.

Tout indique pour l’instant que le Tricolore commencera la prochaine saison avec Nick Suzuki, Jesperi Kotkaniemi, Jake Evans et Paquette comme centres.

« Si nous devions commencer la saison avec cette ligne de centres, il faudrait donner une chance à Jake, qui est un jeune qui a très bien fait pour nous cette saison. Je suis à l’aise, mais il faut continuer à regarder aussi », a dit Bergevin, qui aura donc l’œil ouvert sur le marché des joueurs autonomes et des échanges.

« Dans un monde parfait, nous aimerions protéger un peu plus Kotkaniemi », a-t-il reconnu. Le Finlandais âgé de 21 ans et Suzuki ont profité des conseils de Danault au cours des dernières saisons. Il voyait aussi que la direction voulait leur donner plus de place. Danault pourrait avoir un rôle semblable chez les Kings avec Alex Turcotte et Quinton Byfield.

Il retrouvera toutefois chez les Kings quelque chose qu’il n’a jamais eu au cours de son séjour avec le Canadien : un véritable premier centre devant lui.

« Ils ont un joueur comme Anze Kopitar, qui a déjà gagné le Selke, qui sera un modèle pour moi », a souligné Danault. « On me dit qu’il est une excellente personne et il est un excellent joueur, a-t-il ajouté au sujet du Slovène âgé de 33 ans. Je veux continuer à apprendre. Je ne suis âgé que de 28 ans. Et je vais pouvoir aussi partager mes connaissances avec les jeunes. »

Et Danault croit avoir l’occasion de le faire dans un environnement où il pourra pleinement s’épanouir.

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