Penny Oleksiak devient la Canadienne la plus médaillée de l’histoire des Jeux d’été

La nageuse Penny Oleksiak est devenue l’athlète canadienne la plus médaillée de l’histoire des Jeux olympiques d’été.

On aurait presque été déçu, et même surpris du contraire. Le Canada a poursuivi mercredi sa récolte de médailles à la piscine olympique. Cette fois, c’est la nageuse ontarienne de 21 ans qui a terminé au troisième rang lors en finale du 200 m libre, doublant par le fait même le nombre de médailles qu’elle a remportées jusqu’à présent à Tokyo et portant à six son total de médailles olympiques en carrière.

Elle battait ainsi le record de cinq médailles aux Jeux d’été qu’elle partageait jusque-là avec le coureur Phil Edwards, qui avait eu besoin de trois Jeux pour arriver à ce total lors de l’entre-deux-guerres, et la rameuse Lesley Thompson-Willie, qui avait accompli cet exploit au terme de cinq Jeux à partir des années 1980. Elle se tient désormais aux côtés des géantes Klara Hughes — qui a gagné deux médailles en cyclisme aux Jeux d’été et quatre en patinage de vitesse en trois Jeux d’hiver — et Cindy Klassen — qui a aussi réalisé six podiums en deux Jeux olympiques en patinage de vitesse — pour le plus grand nombre de médailles olympiques tous athlètes canadiens confondus.

Penny Oleksiak avait été la grande vedette canadienne des Jeux de Rio, il y a cinq ans, en y remportant, à seulement 16 ans, quatre médailles, dont une d’or au 100 m libre.

Elle avait mis la main sur une nouvelle médaille dimanche, en faisant passer son équipe de la quatrième à la deuxième place lors du dernier relais de la finale du 4 x 100 m libre. « Je n’ai pas encore fini, a-t-elle prévenu mercredi, sa nouvelle médaille de bronze en poche. J’espère que j’en aurai d’autres. »

« Encore plusieurs occasions à venir »

La course de mercredi n’a pas été facile. Partie en tête, la Canadienne s’est graduellement fait rattraper jusqu’à ne plus être que quatrième au dernier virage. Un ultime effort dans les derniers 50 m lui a toutefois permis de redépasser la Chinoise Junxuan Yang juste à temps pour compléter le trio gagnant, à 1,2 s de l’Australienne Arianne Titmus — qui a décroché l’or et inscrit un nouveau record olympique avec un temps de 1 min 53,50 sec — et plus près encore de la nageuse hongkongaise Siobhan Bernadette Haughey (+ 0,78 s).

« Lorsque j’ai touché au mur, j’avais très mal », a dit Oleksiak après la course, où elle a amélioré son meilleur temps personnel. Mais « chaque seconde de douleur ressentie en a valu la peine ».

L’équipe féminine de natation canadienne en est à quatre podiums à Tokyo lorsqu’on ajoute la médaille d’or remportée par Maggie Mac Neil au 100 m papillon et la médaille d’argent de Kylie Masse au 100 m dos.

La Canadienne Sydney Pickrem a également bien fait mercredi en terminant au 6e rang de la finale du 200 m quatre nages individuel.

 

Pour bien suivre les JO de Tokyo

L’exploit de Penny Oleksiak « démontre qu’elle est une grande concurrente et qu’elle se lance et se donne à fond », a déclaré l’entraîneur et directeur de la haute performance à Natation Canada, John Atkinson. Et la récolte de médailles à Tokyo de l’équipe canadienne de natation pourrait bien ne pas être terminée, a-t-il prévenu à son tour. « Nous avons encore plusieurs occasions à venir. »

À elle seule, Oleksiak aura la chance de récidiver lors des prochaines courses du 100 m libre, du relais 4 x 200 m libre et des relais 4 x 100 m quatre nages féminin et mixte.

Un stade animé malgré tout

Lancées samedi, les courses de natation doivent se poursuivent jusqu’à dimanche pour venir à bout des 35 épreuves masculines et féminines prévues à l’horaire. Jusqu’à présent, le stade le plus animé de ces Jeux privés de spectateurs, le Centre aquatique de Tokyo grouillait de journalistes et de caméramans, mercredi, mais était surtout meublé par les encouragements énergiques des autres nageurs, entraîneurs et membres des équipes nationales venus appuyer leurs athlètes dans la piscine.

Les partisans de la Chine continentale et de Hong Kong s’étaient placés dans les estrades aussi loin qu’ils le pouvaient les uns des autres. Entre les deux se trouvaient des Américains munis de sifflets et de tubes gonflés qu’on frappe ensemble pour faire du bruit. Les Russes, de leur côté, étaient armés de trompettes et de tambours. Et les autres avaient un mal fou à respecter la règle sanitaire de ne pas crier.

Ne voulant pas être en reste, les organisateurs de la compétition mettaient de la musique partout où ils pouvaient, y compris durant les courses pendant lesquelles on peut entendre, en sourdine, une petite musique rythmée qui n’est pas sans rappeler celle qui est diffusée quand on fait du sport en famille dans des jeux vidéo.

Ce reportage a été financé grâce au soutien du Fonds de journalisme international Transat-Le Devoir.

 

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