Montréal veut accueillir les Mondiaux de cyclisme sur route en 2026

En 2020, les Championnats du monde de cyclisme sur route s'étaient déroulés à Imola, en Italie.
Photo: Marco Bertorello Agence France-Presse En 2020, les Championnats du monde de cyclisme sur route s'étaient déroulés à Imola, en Italie.

Montréal, ville de vélo : un rêve pour certains, mais un peu moins pour d’autres. Qu’à cela ne tienne, puisqu’en septembre 2026, la métropole québécoise pourrait bien devenir la capitale mondiale du vélo pendant trois semaines.

Au terme de dix ans de réflexion et de deux années de préparation active, la Ville de Montréal et Événements GPCQM, promoteur des Grands Prix cyclistes de Québec et Montréal, ont annoncé jeudi avoir déposé la candidature de la ville pour accueillir les Championnats du monde de cyclisme sur route en 2026.

L’événement se tiendrait à la fin du mois de septembre, soit quelques jours seulement après les grands prix cyclistes, ce qui permettrait aux organisateurs d’organiser un mois de septembre « 100 % vélo » dans la province.

« Tous ces grands projets naissent d’une idée, d’une folie et d’une grande passion », rappelle le président d’Événements GPCQM, Sébastien Arsenault.

« Quand nous avons commencé à organiser les grands prix cyclistes, il y a plus de 10 ans, je me suis tout de suite dit que si nous pouvions nous bâtir une réputation solide grâce à quelques bonnes éditions, l’organisation des Championnats mondiaux pourrait devenir notre saint graal. »

Les Championnats mondiaux de cyclisme sur route de l’Union cycliste internationale (UCI) représentent un événement majeur dans la sphère sportive internationale. Plus de 1000 athlètes provenant de 75 pays convergeraient vers Montréal pour tenter d’y décrocher l’un des 11 titres disponibles, si sa candidature est retenue.

Les courses seraient diffusées à travers le monde et des visiteurs de partout viendraient à Montréal pour y assister en personne, ce qui fait dire à Arsenault que la métropole avait tout avantage à soumettre sa candidature.

« Il y a quelques années [2019], Montréal a été nommée meilleure ville cyclable d’Amérique, elle est toujours parmi les meilleures villes universitaires, et elle a une bonne réputation pour sa sécurité et sa culture. Donc, quand on regarde tout ce qu’elle a à offrir, je ne vois pas de meilleur endroit pour tenir ce genre d’événement. »

Plusieurs sites ont été proposés pour tenir les courses, dont l’avenue du Parc, le parc Jeanne-Mance, le Mont-Royal, le Parc olympique, le parc Jean-Drapeau et le Vieux-Port de Montréal, mais rien n’est coulé dans le béton à ce point-ci du processus.

La ville de Québec a aussi été considérée à certaines étapes du processus, mais en raison de divers facteurs qui n’ont pas été précisés, c’est la candidature de Montréal qui a été retenue pour déposer à l’UCI.

La ville hôte de l’édition 2026 sera dévoilée le 24 septembre prochain lors des prochains Championnats du monde, qui auront lieu du 19 au 26 septembre, en Belgique.

Un effet pour le vélo au Québec

Si l’organisation d’une compétition de calibre international à Montréal est une belle occasion de faire découvrir au public les meilleurs cyclistes du monde, elle permettrait aussi d’augmenter la visibilité du vélo au Québec.

Selon le directeur général de la Fédération québécoise des sports cyclistes (FQSC), Louis Barbeau, le Québec pourrait profiter des Championnats mondiaux pour populariser le vélo dans la province pendant beaucoup plus longtemps que les huit jours de compétitions.

« On peut certainement imaginer que des Québécois et des Canadiens vont voir des athlètes de chez nous lors des courses et qu’ils vont peut-être rêver d’un jour y participer », souligne Barbeau, qui est en poste depuis près de 35 ans à la FQSC.

Les différents acteurs impliqués pourraient donc profiter des cinq années entre l’annonce de la ville hôte et la présentation des courses pour faire mousser l’événement et promouvoir les bienfaits du vélo.

« Ce qu’on espère, c’est qu’au terme de ces championnats du monde, il y aura encore plus de gens qui voudront faire du vélo, que ce soit de manière compétitive ou récréative », ajoute le directeur général.

Des retombées économiques

Ce dont le président d’Événements GPCQM semblait le plus excité, en entrevue avec La Presse canadienne, ce sont les possibilités de retombées économiques. Selon lui, elles dépasseraient largement les coûts, qui n’ont cependant pas été dévoilés.

Un certain montant devra être payé à l’UCI pour les droits de présenter les championnats, explique Arsenault, mais la facture finale dépendra de l’ampleur que voudront bien donner à l’événement les différents partenaires financiers.

« Est-ce qu’on veut imbriquer la culture et les restaurateurs ? Quel genre de cérémonie d’ouverture on veut présenter ? Quel déploiement de sécurité on veut avoir ? […] Il y a beaucoup de variables qui pourraient changer d’ici 2026 si notre candidature est retenue, mais je peux vous dire que le retour sur investissement est inégalé », assure-t-il.

Les dépenses liées à l’organisation des Championnats du monde ne seraient cependant pas comparables à celles qui sont requises pour accueillir des matchs de la Coupe du Monde de la FIFA. Rappelons que Montréal a retiré sa candidature pour cet événement en raison des coûts trop élevés au début du mois.

« On n’est vraiment pas dans le même spectre », affirme Arsenault, qui a tout de même déploré le retrait de la candidature montréalaise dans ce dossier.

« Moi, je suis de ceux qui croient qu’une ville vit par ses événements culturels et sportifs. S’il y a une ville qui l’a bien compris, c’est Montréal. »

Les Championnats du monde de cyclisme représenteraient donc une belle occasion pour Montréal de tout de même avoir une vitrine sur le monde sportif en 2026, soit 50 ans après avoir accueilli la planète en 1976 pour les Jeux olympiques.

« Il n’y a pas de stade à construire, puisque nous utilisons les infrastructures déjà en place. Donc, tout ce dont on doit s’assurer, c’est que les routes soient en bon état. »

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