Pogacar, esprit léger et sourire d’affamé

Le vainqueur Tadej Pogacar de Slovénie célèbre son maillot jaune de leader du classement général sur le podium à la fin de la 21e et dernière étape de la 108e édition du Tour de France.
Photo: Anne-Christine Poujoulat Agence France-Presse Le vainqueur Tadej Pogacar de Slovénie célèbre son maillot jaune de leader du classement général sur le podium à la fin de la 21e et dernière étape de la 108e édition du Tour de France.

Il voit le cyclisme comme un jeu, distille indifféremment compliments et piques à ses adversaires et assure avoir « la conscience tranquille » sur le dopage : Tadej Pogacar s’est révélé par petites touches sur la route de son deuxième Tour de France. Voici quelques traits distinctifs de celui qui a remporté dimanche sa deuxième Grande Boucle d’affilée, en s’emparant du maillot jaune dès la 8e étape, bien plus tôt qu’en 2020 (20e étape).​



Attaquant hilare

 

« L’attaque, c’est la meilleure défense », estimait le Slovène de 22 ans le jour où il s’est emparé du maillot jaune (8e étape) en éparpillant ses rivaux dans la première étape alpestre. C’est la marque de fabrique du maillot jaune : quand l’occasion se présente, il part à l’abordage, même s’il possède déjà une avance confortable sur ses adversaires. Et s’il assure avoir peiné dans certains cols, notamment le Tourmalet, Pogacar le montre rarement sur son visage. « Quand je souffre, j’ai une expression faciale qui ressemble à un sourire », a expliqué, amusé, le triple vainqueur d’étape.

Faux lisse

Toujours poli en conférence de presse, Tadej Pogacar a couvert d’éloges certains vainqueurs d’étape et son dauphin au classement général, le surprenant Jonas Vingegaard (Jumbo). « Je n’ai pas pu le suivre, il a été super fort ! J’ai craqué », a-t-il ainsi reconnu après avoir été un instant lâché par le Danois le jour de la double ascension du Ventoux (11e étape).

Le Slovène sait aussi donner des coups de griffe, par exemple à l’équipe du Colombien Rigoberto Uran, un temps 2e. « EF Education a roulé à un moment, mais c’était en descente, c’était un peu bizarre », a-t-il ainsi dit mardi.

 
Photo: Daniel Cole Associated Press UAE Team Emirates et son leader Tadej Pogacar ont visité le Louvre à leur manière, dimanche, lors de la dernière étape du Tour de France, qui se boucle historiquement à Paris.

Joueur à la conscience tranquille

« J’ai la conscience tranquille en ce qui me concerne » : le désormais double vainqueur du Tour a plusieurs fois réfuté les soupçons de dopage nés de sa domination sans partage.

La perquisition opérée mercredi par la gendarmerie à l’hôtel de l’équipe Bahrain, lauréate de trois étapes ? « Quelque chose de très étrange, juste un contrôle de plus pour s’assurer que personne ne cache rien. »

Tadej Pogacar a par ailleurs mis en avant les nombreux tests antidopage dont il a fait l’objet pour attester de son innocence. « Dans le cyclisme, un gars est le plus fort un jour, le lendemain c’est un autre coureur. C’est un jeu pour moi, j’aime y jouer », a-t-il déclaré.

Leader reconnaissant

Souvent isolé dans le final des étapes les plus sélectives, Pogacar a défendu bec et ongles son équipe tout au long de la Grande Boucle. « Beaucoup de choses ont été dites contre UAE », a-t-il observé. Son analyse personnelle est sans ambiguïté : « Nous sommes la meilleure équipe sur ce Tour. »

Après avoir assommé ses rivaux dès la première étape alpestre, au lendemain d’une journée que ses équipiers avaient eu du mal à contrôler, Pogacar a savouré la « petite revanche » prise au nom d’UAE.

Dans les étapes pyrénéennes, le Slovène a particulièrement salué le Polonais Rafal Majka, ancien double vainqueur du maillot à pois, « dont il a beaucoup appris ».

Je vois en lui le nouveau “Cannibale”

Cannibale sentimental

Parfois comparé à Eddy Merckx pour sa mainmise sur la course, Tadej Pogacar a été félicité par le quintuple vainqueur du Tour vendredi lors de la 19e étape. Le Belge, considéré par certains comme le plus grand champion, a été impressionné. « Je vois en lui le nouveau “Cannibale” », a déclaré Merckx, qui avait reçu ce surnom en raison de son impitoyable désir de vaincre. « Il peut certainement remporter le Tour de France plus de cinq fois. »

Mais plus que cet invité prestigieux, c’est sa compagne, Urska Zigart, également cycliste professionnelle, qu’il a souvent choisi de distinguer au sein des foules de retour sur le bord des routes. « Quand je suis passé devant ma compagne et ma famille, c’était un moment de pur bonheur », a savouré la terreur slovène après l’ascension du col du Portet (17e étape).

Avant l’arrivée du Tour en Andorre, le maillot jaune a aussi rappelé que la principauté était chère à son cœur depuis qu’il y a conquis sa première victoire d’étape sur un grand Tour (Vuelta 2019). « Ma compagne était là, c’était très émouvant », a-t-il rappelé.

 

Avec La Presse canadienne 

Van Aert impressionne encore

Le Belge Wout van Aert a gagné, dimanche sur l’avenue des Champs-Élysées, la 21e et dernière étape longue de 108 km, au terme d’une arrivée de groupe. Cela a empêché Mark Cavendish d’effacer le record de 34 victoires d’étape au Tour de France, établi par le légendaire Belge Eddy Merckx et que le Britannique a égalé pendant l’édition de 2021. Van Aert, un cycliste de 26 ans polyvalent et qui possède des qualités exceptionnelles sur tous les types de parcours, est devenu le premier participant depuis 1979 à gagner un sprint, une étape en montagne et un contre-la-montre individuel lors de la même édition du Tour. Cavendish s’est consolé avec le maillot vert du meilleur sprinteur.

Au classement général, derrière Tadej Pogacar (UAE Team Emirates), le Danois Jonas Vingegaard (Jumbo-Visma) et l’Équatorien Richard Carapaz (neos Grenadiers) ont complété le podium, mais les deux ont fini à plus de cinq minutes du Slovène, qui a aussi récolé les maillots à pois de meilleur grimpeur et blanc de meilleur jeune. Le Québécois Hugo Houle a été le meilleur Canadien avec une 66e place, à 2 h 44 min 39 s du premier. Son compatriote Guillaume Boivin a terminé 105, à 3 h 33 min 42 s. L’Ottavien Michael Woods n’a pas terminé l’épreuve après avoir rendu les armes avant la 19 étape, afin de se concentrer sur la course sur route des Jeux olympiques de Tokyo à laquelle il participera en compagnie de Houle et de Boivin.

La Presse canadienne



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