Pogacar à 108 kilomètres d’une deuxième victoire du Tour de France

Avec trois étapes à son actif, un contre-la-montre (Laval) et deux arrivées au sommet dans les Pyrénées (col du Portet, Luz-Ardiden), Pogacar a étouffé l’opposition.
Photo: Anne-Christine Poujoulat Agence France-Presse Avec trois étapes à son actif, un contre-la-montre (Laval) et deux arrivées au sommet dans les Pyrénées (col du Portet, Luz-Ardiden), Pogacar a étouffé l’opposition.

Il reste 108 kilomètres au Slovène Tadej Pogacar avant de gagner une deuxième fois le Tour de France, dimanche, peu après 19 heures, sur les Champs-Élysées.

Pogacar s’est contenté de la huitième place, samedi, dans le contre-la-montre remporté par le Belge Wout van Aert, à travers les grands vignobles, de Libourne à Saint-Émilion.

Mais l’avance du Slovène de l’équipe des Émirats arabes unis (UAE), tenant du titre, est telle que l’incertitude est exclue avant la 21e et dernière étape, tracée entre Chatou, à l’ouest de Paris, et la capitale.

Pogacar compte plus de cinq minutes d’avance sur Jonas Vingegaard, un jeune Danois de 24 ans qui dispute son premier Tour, plus de sept minutes sur l’Équatorien Richard Carapaz, le seul représentant de l’équipe Ineos en haut du classement.

Hormis Pogacar qui avait renversé le Tour 2020 à la veille de l’arrivée, le podium est inédit pour Vingegaard, qui remplace son chef de file, le Slovène Primoz Roglic (abandon après une chute), et pour Carapaz.

Paradoxalement, Pogacar (22 ans) fait déjà figure d’habitué alors qu’il n’en est qu’à sa troisième saison chez les professionnels. À même de comparer la course en passe de se terminer et l’édition 2020.

Stress, rumeurs, soupçons

« L’an dernier, il y avait beaucoup moins de stress », a estimé le Slovène, qui porte le maillot jaune depuis la première journée alpestre, au Grand-Bornand (8e étape). « Cette année, il y a eu beaucoup plus de sollicitations. C’était plus difficile quand je n’étais pas sur le vélo. Mais franchement, sur le vélo, ça a été plus ou moins la même chose. »

Avec trois étapes à son actif, un contre-la-montre (Laval) et deux arrivées au sommet dans les Pyrénées (col du Portet, Luz-Ardiden), Pogacar a étouffé l’opposition. Il s’est montré indifférent aux critiques qui portent sur son entourage ayant eu maille à partir avec les autorités antidopage, tout comme il écarte les soupçons qui ont plombé l’ambiance sur le Tour dans les dernières journées.

La descente de gendarmes pour opérer mercredi soir une perquisition dans l’hôtel de l’équipe Bahrain, laquelle a fait main basse sur trois étapes et le classement par équipes, les rumeurs de dopage médical ou mécanique, ont agité le Tour. Bien plus que la situation sanitaire, malgré les mesures liées à la COVID-19 (pass sanitaire et port du masque obligatoires sur les Champs-Élysées), qui avait accaparé l’actualité l’année passée.

Cavendish favori

Le Tour a retrouvé ses bonnes et mauvaises habitudes, la suspicion qui accompagne toute performance exceptionnelle mais aussi son public et son audience TV, puisque le millésime 2021 figure en haut de la liste. Les résultats en recul des coureurs français, après la flamboyante entrée en matière de Julian Alaphilippe vainqueur de la première étape en Bretagne, ont à peine écorné ces retrouvailles avec la grande fête de juillet, déplacée l’an dernier à la fin de l’été.

Dimanche, l’intérêt se porte sur le sprint attendu en conclusion de cette 108e édition, la deuxième à l’actif de l’étonnant cyclisme slovène devenu une place forte de ce sport.

Pour Mark Cavendish, c’est l’occasion de gagner une cinquième fois dans ce Tour et de battre le record des 34 victoires d’étape qu’il détient à égalité avec la légende du cyclisme, le Belge Eddy Merckx.

Revenu des tréfonds cette année en retrouvant la formation Deceuninck, « Cav » part grand favori sur l’avenue parisienne, où l’arrivée a été déplacée de 300 mètres afin d’avoir une ligne droite finale plus longue (700 m).

La dernière victoire du coureur de l’île de Man à Paris date de 2012. Un an plus tôt, il avait aussi remporté son unique maillot vert (classement par points), une tenue qu’il va très probablement retrouver sur le podium dressé sur ce que les Français qualifient de « plus belle avenue du monde ».

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