COVID-19, blessures, défaites: la préparation chaotique de la sélection américaine

L'entraîneur Gregg Popovich s'entretient avec ses joueurs lors du match remporté 108 à 80 contre l'Argentine.
Photo: Ned Dishman Agence France-Presse L'entraîneur Gregg Popovich s'entretient avec ses joueurs lors du match remporté 108 à 80 contre l'Argentine.

Les États-Unis seront les grands favoris aux Jeux de Tokyo, mais à neuf jours d’entamer le tournoi contre la France, les déboires s’accumulent entre forfaits de Bradley Beal et Kevin Love, spectre d’une épidémie de COVID-19 et défaites trahissant une laborieuse mise en route.

Ces dernières 48 heures ont été difficiles pour « Team USA » et son entraîneur Gregg Popovich, qui n’a pas vraiment eu le temps de se satisfaire de la bonne réaction (108-80) de son équipe contre l’Argentine, après deux revers initiaux contre le Nigeria (90-87) et l’Australie (91-83) en matchs amicaux joués à Las Vegas.

Car aussitôt après, son meneur arrière titulaire Bradley Beal, deuxième meilleur scoreur de la saison normale en NBA avec les Wizards de Washington et à ce titre un des leaders d’attaque d’un groupe qui n’en manque certes pas, a dû déclarer forfait pour les JO après son placement en protocole COVID.

Et pour ajouter à l’inquiétude et au casse-tête, l’ailier à vocation défensive des Pistons de Détroit, Jerami Grant a également été placé « par précaution » en protocole COVID, certes sans que cela remette pour l’heure en cause sa participation aux JO.

Bien que la Fédération américaine n’ait pas précisé si Beal a contracté le virus ou s’il est cas contact, cette nouvelle a eu tôt fait de faire planer une grande menace sur l’ensemble de la sélection américaine, une épidémie pouvant potentiellement s’être déclarée en ses rangs.

Popovich et Beal non masqués

Car Beal a joué les trois rencontres amicales. Et il a participé à la conférence de presse d’après-match contre l’Argentine — durant lequel il s’est distingué (17 points) —, non masqué aux côtés de Popovich, 72 ans, qui ne l’était pas plus…

« Je pleure pour lui. Comme nous tous. Depuis qu’il est tout petit, les Jeux olympiques sont un rêve pour lui. Il jouait très bien, il s’amusait, il a joué un rôle important dans notre cohésion. Donc pour lui et sa famille proche, c’est dévastateur. Nous nous sentons vraiment mal », s’est d’ailleurs ému « coach Pop ».

Signe que la préoccupation est grande, conformément aux « protocoles sanitaires et de sécurité », le quatrième match préparatoire, prévu vendredi contre l’Australie, a été annulé. En revanche, la Fédération américaine a maintenu le dernier programmé dimanche contre l’Espagne, à la veille du départ pour Tokyo.

Un ultime test qui se jouera sans Kevin Love. Car un coup de massue n’arrivant pas seul, l’intérieur des Cavaliers de Cleveland a annoncé son forfait pour les Jeux, s’estimant insuffisamment remis d’une blessure au mollet droit.

« Je suis incroyablement déçu de ne pas aller à Tokyo avec “Team USA”, mais on a besoin d’être au sommet de sa forme pour disputer les Jeux olympiques et je n’y suis pas, tout simplement », a-t-il expliqué.

Rotation limitée

Sa présence parmi les douze joueurs sélectionnés avait surpris, au terme d’une de ses plus mauvaises saisons, avec 25 matchs joués seulement. Mais Popovich avait estimé que l’ailier-pivot représentait « le joueur parfait pour contrer des gars comme Rudy Gobert ».

Le voilà donc privé de ce type de joueur, la sélection américaine manquant déjà cruellement de taille à l’intérieur, et d’une de ses armes offensives majeures pour ce qui est de Beal.

Engagé dans une course contre la montre pour trouver deux remplaçants, il a, selon ESPN et The Athletic, convoqué le pivot JaVale McGee (Nuggets de Denver) et l’ailier Keldon Johnson (Spurs de San Antonio), deux joueurs qui n’ont pas la stature des deux suppléés.

Ce dernier faisait partie des joueurs qui servaient de partenaire d’entraînement à « Team USA » et est directement opérationnel, contrairement au premier, jusqu’ici en vacances et qui rejoindra le groupe samedi.

McGee va donc devoir raccrocher les wagons, tout comme Devin Booker (Suns de Phoenix), Jrue Holiday et Khris Middleton (Bucks de Milwaukee) actuellement engagés dans une finale NBA indécise, à deux victoires partout et qui se finira au plus tôt le 20 juillet ou au plus tard le 22 (7e match éventuel), soit trois jours avant l’entrée en lice des États-Unis contre la France.

À neuf jours d’affronter les Bleus, pour une revanche de la déconvenue subie en quart de finale de la Coupe du monde 2019, la sélection américaine pourrait donc bien devoir faire avec une rotation limitée à huit ou neuf joueurs. En espérant que les avaries cessent.

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