L’avenir de Bergevin et de Ducharme avec le Canadien n’est pas réglé

«La journée que j’ai fait le changement avec “Dom”, mon intention était de le garder ici, à Montréal, à long terme. [...] C’est certain qu’il [Ducharme] a fait de l’excellent boulot pour nous amener en finale, mais déjà là, nous, à l’interne, on croyait en Dominique Ducharme» (sur la photo), a mentionné Bergevin.
Photo: Minas Panagiotakis Getty Images via Agence France-Presse «La journée que j’ai fait le changement avec “Dom”, mon intention était de le garder ici, à Montréal, à long terme. [...] C’est certain qu’il [Ducharme] a fait de l’excellent boulot pour nous amener en finale, mais déjà là, nous, à l’interne, on croyait en Dominique Ducharme» (sur la photo), a mentionné Bergevin.

Si on comptait sur le bilan de fin de saison du Canadien de Montréal pour connaître les plans d’avenir du directeur général Marc Bergevin et de l’entraîneur-chef par intérim Dominique Ducharme avec l’équipe, eh bien il faut repasser.

Bergevin, qui vient de compléter sa neuvième saison à la tête du Canadien, doit encore écouler une saison à son entente actuelle. Rappelons qu’avant la série finale contre le Lightning de Tampa Bay, le principal intéressé avait déclaré que « c’est un peu le rêve ultime pour moi [de gagner la coupe Stanley]… et je pourrai prendre ma retraite après ».

Il n’a rien fait vendredi pour rassurer les partisans lorsqu’on lui a demandé de nouveau s’il avait l’intention de poursuivre son aventure à Montréal, après être passé à trois victoires d’une première conquête de la Coupe Stanley avec le Bleu-blanc-rouge depuis 1993.

« Il reste une année à mon contrat, et j’ai l’intention de l’honorer », a-t-il dit sans hésitation en visioconférence.

Bergevin n’a toutefois pu éviter les questions relatives à l’autre dossier majeur qu’il devra régler avant le repêchage d’expansion de la LNH le 21 juillet, le repêchage de la LNH les 23 et 24 juillet et l’ouverture du marché autonome le 28 juillet : celui du titre intérimaire de Ducharme.

Une fois de plus, Bergevin s’est limité à dire qu’il n’y a « rien de fait. On n’a pas eu beaucoup de temps depuis deux jours… mais c’est un des premiers dossiers qu’il faut régler ».

Bergevin a tout de même eu de très bons mots pour Ducharme — qui n’en aurait pas après qu’il eut permis au Canadien de participer à la série finale pour la première fois en 28 ans ?

« La journée que j’ai fait le changement avec “Dom”, mon intention était de le garder ici, à Montréal, à long terme. Mais c’était important de lui mettre ce “tag”-là, comme l’ont fait les Stars de Dallas l’an dernier avec Rick Bowness. C’est certain qu’il [Ducharme] a fait de l’excellent boulot pour nous amener en finale, mais déjà là, nous, à l’interne, on croyait en Dominique Ducharme », a-t-il mentionné.

De son côté, Ducharme a préféré laisser la parole à Bergevin dans ce dossier. Il a simplement dit qu’il espère que « ça va se régler bientôt ».

D’autre part, Ducharme est brièvement revenu sur son parcours depuis qu’il a remplacé Claude Julien derrière le banc du CH le 25 février, même s’il n’a disposé que de 48 heures pour laisser retomber la poussière à la suite de l’élimination de son équipe en finale de la Coupe Stanley.

« Ç’a été une aventure complètement folle, c’est certain. Nous avons traversé tant d’obstacles au cours des derniers mois. Ç’a été exigeant, mais en même temps nous voulions relever ces défis. Si tu n’aimes pas ça, alors peut-être que tu ne fais pas le bon métier. Ç’a fait du bien de discuter avec les joueurs aujourd’hui, de faire le bilan de la saison et de se tourner vers la saison prochaine », a-t-il expliqué.

Ducharme, aimé de ses joueurs

Une chose est certaine, c’est que ses joueurs, eux, l’ont énormément apprécié cette saison.

Le vétéran Corey Perry, qui en a vu passer des entraîneurs au fil de sa longue carrière dans la LNH, n’a pas laissé de doute sur les qualités d’entraîneur-chef de Ducharme

« C’est un entraîneur-chef. Il est concis, détaillé et structuré. Il a toutes les qualités qu’on recherche chez un entraîneur. Je ne saurai dire assez de bien à son sujet », a confié le hockeyeur âgé de 36 ans.

Ce fut le même son de cloche du côté du défenseur Jeff Petry, qui a rappelé que l’entraîneur québécois avait pris les commandes du club dans des circonstances très difficiles.

« Il est arrivé en plein milieu de la saison — vous savez, c’est difficile de prendre les rênes sans trop changer les choses brusquement. Il a bien géré notre calendrier de fou, il est parvenu à implanter les systèmes de jeu qu’il considérait nécessaires pour notre équipe, et je crois qu’il a su exploiter le maximum de chacun des gars dans ce vestiaire en abordant chacun d’entre nous de la bonne façon, et en les ralliant tous à la cause. Nous avons alors joué de manière plus intense, et plus constante, donc il a fait du bon boulot avec notre groupe », a résumé Petry.

Bref, la balle est maintenant dans le camp de Bergevin.

Quant à ceux qui doutent que le Tricolore soit encore le club de Bergevin, le défenseur Ben Chiarot l’a rappelé rapidement avant de quitter pour l’été.

« Il a bâti cette équipe. C’est son équipe. Il mérite tout le crédit pour avoir réuni ce groupe, non seulement en y insérant des joueurs talentueux, mais aussi en s’assurant de compter sur les bons joueurs — des vainqueurs, des gars qui ont gagné la coupe Stanley, qui ont de l’expérience, du caractère. Je crois d’ailleurs que c’est le caractère qui nous a permis de connaître un tel parcours en séries éliminatoires. Il était en lice pour le titre de directeur général de l’année. Il a fait un boulot formidable, et il mérite tout le crédit qui lui revient », a évoqué Chiarot.

Par ailleurs, l’attaquant Tomas Tatar, laissé de côté pendant l’ensemble des séries éliminatoires, devait rencontrer les membres des médias lors du bilan. Il a cependant choisi de s’abstenir, ce qui en dit long sur son avenir avec l’équipe.

Bergevin a aussi brièvement discuté de l’avenir de l’attaquant Jonathan Drouin en indiquant « que les dernières nouvelles, c’est qu’il allait très bien ».

À voir en vidéo