En route pour Tokyo: les athlètes ne feront pas les frais des Jeux

Le chef du sport du Comité olympique
canadien (COC), Eric Myles
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Le chef du sport du Comité olympique canadien (COC), Eric Myles

La présence du Canada aux Jeux olympiques de Tokyo sera fortement réduite, mais pas celle de ses athlètes ni la valeur de leur expérience, assure le chef du sport du Comité olympique canadien (COC), Eric Myles.

Et dire que le plus grand sujet de préoccupation au Comité olympique canadien à propos des Jeux de Tokyo a longtemps été l’effet sur les athlètes de la chaleur écrasante des étés de la capitale japonaise ! C’était jusqu’au début de l’an dernier, avant que ne s’étende la COVID-19 sur la planète, que le Canada me déclare forfait, puis que les autorités olympiques reportent d’un an la tenue de la fête.

« Chez nous, des Jeux olympiques, ça se prépare de cinq à sept ans d’avance », a expliqué au Devoir le mois dernier le chef du sport du COC, Eric Myles, évoquant à la fois des questions sportives et logistiques. « On travaille, par exemple, déjà depuis un sacré bout de temps sur [les Jeux d’été de 2024 à] Paris et on a même commencé à faire des choses en prévision de Los Angeles, en 2028. Mais pour Tokyo, depuis l’an dernier, il a fallu s’adapter à une situation qui changeait tout le temps. »

Le contexte sanitaire n’aura pas d’impact sur le nombre d’athlètes canadiens qui feront la route vers la capitale japonaise, assure-t-il. Il devrait même être légèrement supérieur à celui des Jeux de Rio, avec environ 370 athlètes qualifiés (contre 314 en 2016) sur un total d’un peu plus de 11 000 participants en provenance d’environ 200 pays.

Il n’en sera toutefois pas de même pour l’équipe d’entraîneurs, de soigneurs, de coordonnateurs et de dignitaires qui les y accompagneront. L’ensemble de la délégation canadienne ne comptera qu’environ 840 membres, soit la moitié moins des quelque 1800 habituels. Ce nombre se révèle bien inférieur encore au total de 3000 à 4000 personnes qui aurait été atteint si la famille et les amis — comme tout le public étranger — n’avaient pas été déclarés persona non grata par les organisateurs des Jeux.

Du côté des médias, ce sera la même histoire. Diffuseur officiel, Radio-Canada a notamment décidé de fortement réduire sa présence au Japon, gardant à Montréal ses 4 chefs d’antenne et 64 descripteurs et analystes, ne s’en remettant qu’à 24 personnes pour le travail sur le terrain, auxquelles s’adjoindront 10 journalistes bilingues qui travailleront à la fois pour Radio-Canada et CBC. Ils côtoieront une quarantaine d’autres journalistes et photographes d’autres médias canadiens.

Grand merci aux Japonais

Parfaitement conscients des risques de contagion posés par la pandémie et de l’opposition d’une proportion importante des Japonais à la tenue des Jeux malgré tout, ses organisateurs ont prévu des règles sanitaires extrêmement strictes, rappelle Eric Myles. « Elles seront deux fois plus strictes que ce qu’on a vu dans n’importe quel autre grand événement sportif depuis un an, peut-être plus strictes encore. »

Ces Jeux n’ont pas été rentrés de force au fond de la gorge des Japonais par les autorités sportives internationales et les grands diffuseurs, assure le chef du sport au COC. « Au contraire, nous avons été très à l’écoute des autorités japonaises depuis le début. »

Déjà convaincu avant la crise que le génie des Japonais pour l’organisation allait faire de ces Jeux un succès, le Québécois n’a que de l’admiration et de la gratitude pour leur gestion de toute l’affaire ces derniers mois.

« La façon dont ils sont parvenus à tenir malgré tout les Jeux tout en respectant, essentiellement, les ententes et les coûts qui avaient été convenus avec leurs nombreux partenaires comme nous est tout simplement phénoménale. Je ne crois pas que beaucoup d’autres pays seraient parvenus à tenir les Jeux dans de telles conditions. Ça n’aurait pas été possible, par exemple, en 2016. »

Des Jeux « difficiles à prédire »

Oui, bien sûr, cela se fera notamment au prix de stades sans spectateurs dans plusieurs endroits et de l’obligation, pour les athlètes, d’arriver le plus tard possible au Japon et d’en être repartis dans les 48 heures suivant leur dernière compétition, mais Eric Myles ne croit pas que cela gâchera les performances des athlètes ni même leur expérience générale.

« Il faut comprendre qu’à n’importe quels Jeux, les athlètes rentrent très rapidement dans leur bulle ; ils sont très concentrés sur leurs propres compétitions. Oui, on les voit parfois aller embrasser leurs parents dans les estrades, mais ta famille, aux Jeux, tu ne peux jamais la voir tant que ça. »

Sur le plan sportif, « on aura encore droit à de grandes performances olympiques et à des batailles épiques », promet-il. Et comme il n’y a presque pas eu de compétitions internationales depuis plus d’un an, « ces Jeux seront les plus difficiles à prédire » depuis longtemps. « Ce qui va rendre les choses encore plus excitantes ».



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