Djokovic domine Shapovalov et défendra son titre à Wimbledon

«J’ai eu des chances à chaque manche. Évidemment, il est no 1 au monde. Il est là pour une raison et il a beaucoup d’expérience. J’ai beaucoup dicté le ton pendant le match et je pense qu’il en était conscient», a déclaré Denis Shapovalov.
Photo: Associated Press «J’ai eu des chances à chaque manche. Évidemment, il est no 1 au monde. Il est là pour une raison et il a beaucoup d’expérience. J’ai beaucoup dicté le ton pendant le match et je pense qu’il en était conscient», a déclaré Denis Shapovalov.

Novak Djokovic disputera une septième finale à Wimbledon. Le Serbe, première tête de série, a dominé le Canadien Denis Shapovalov lors des points clés et l’a emporté 7-6 (3), 7-5, 7-5.

Le double tenant du titre affrontera Matteo Berrettini, no 7, en finale dimanche.

Shapovalov a souvent mis de la pression sur Djokovic, mais il a cédé lors des moments cruciaux. Il a été incapable de servir pour la première manche à 5-3 et il a ensuite commis une double faute sur une balle de manche pour son rival au bris d’égalité.

Djokovic a sauvé les cinq balles de bris contre lui à la deuxième manche avant qu’une autre double faute de Shapovalov lui offre une avance de 6-5.

Le joueur serbe a de nouveau réussi le bris à 6-5 à la troisième manche et il a servi pour le match sans céder un seul point à son adversaire.

« J’ai eu des chances à chaque manche, a expliqué le Canadien. Évidemment, il est no 1 au monde. Il est là pour une raison et il a beaucoup d’expérience. J’ai beaucoup dicté le ton pendant le match et je pense qu’il en était conscient. »

Déchiré par cette défaite « crève-cœur », Shapovalov a toutefois ajouté qu’il avait encore plus soif pour un autre titre.

« C’est presque bien d’y avoir un peu goûté parce que ça me donne encore plus envie de gagner lors du prochain tournoi majeur et à l’avenir, a-t-il indiqué. Je sais exactement ce dont je suis capable et ce que je dois améliorer pour battre Novak la prochaine fois. »

Un 20e sacre du Grand Chelem ?

On sait que Novak Djokovic peut perdre des matchs à Wimbledon ou en Grand Chelem. Cela pourrait offrir une lueur d’espoir à ses adversaires.

Il démontre toutefois, match après match, qu’il est difficile de remettre en question sa suprématie par les temps qui courent.

Il a étiré à 20 sa série de victoires consécutives à Wimbledon, qui date de 2018. Chaque manche a été chaudement disputée et a semblé à la portée de Shapovalov, jusqu’à ce que « le Joker » prouve le contraire.

« Je ne pense pas que le pointage en dit assez à propos de notre performance et du match, a affirmé Djokovic en entrevue d’après-match. Nous allons beaucoup voir [Shapovalov] à l’avenir, j’en suis certain. »

S’il peut battre Berrettini en finale, un autre adversaire peu expérimenté à ce stade de la compétition, Djokovic récolterait un troisième titre consécutif à Wimbledon et un sixième en carrière.

Il égalerait surtout le record de Rafael Nadal et de Roger Federer de 20 sacres du Grand Chelem.

De plus, remporter la finale contre Berrettini le rapprocherait à une victoire — aux Internationaux des États-Unis — d’accomplir un Grand Chelem, c’est-à-dire remporter les quatre tournois majeurs dans une même saison.

Une chose à la fois. Cette finale à un tournoi majeur sera la trentième en carrière de Djokovic et la première de Berrettini. On rappelle qu’il s’agissait vendredi d’une 41e demi-finale en Grand Chelem pour lui et d’une première pour Shapovalov.

L’Italie en liesse

Plus tôt, Berrettini, encouragé aux cris de « Vai ! » (Allez !), « Forza ! » (Allons-y !) et même « Andiamo, amore mio ! » (Allons-y, mon amour !) sur le court central, est finalement devenu le premier finaliste italien dans un tournoi du Grand Chelem en 45 ans.

Grâce notamment à 22 as et 60 coups gagnants, il a vaincu le no 14, Hubert Hurkacz, 6-3, 6-0, 6-7 (3), 6-4 à Wimbledon.

Berrettini a offert un dimanche de rêve à Londres pour l’Italie. Après cette finale de Wimbledon, l’Italie affrontera l’Angleterre en finale de l’Euro, au Wembley Stadium.

Berrettini, 25 ans, avait perdu sa seule demi-finale précédente lors d’un tournoi majeur, soit aux Internationaux des États-Unis en 2019.

Il est invaincu depuis 11 matchs sur gazon, comptant à son actif un titre au Queen’s Club le mois dernier, lorsqu’il est devenu le premier homme depuis Boris Becker en 1985 à remporter le trophée de cet évènement à ses débuts. Becker avait triomphé à Wimbledon cette année-là.

Berrettini en force

Le résultat de vendredi a semblé se dessiner assez vite en la défaveur de Hurkacz, qui n’avait certes jamais franchi le troisième tour en Grand Chelem, mais a tout de même vaincu cette année à Wimbledon l’octuple champion Roger Federer et le no 2 Daniil Medvedev.

À la fin, Berrettini a totalisé 24 coups gagnants sur son seul coup droit, et seulement 18 fautes directes. Les totaux de Hurkacz ? Moins de la moitié des coups gagnants — seulement quatre en coup droit — et 26 fautes directes.

Hurkacz, si calme contre Federer deux jours plus tôt, offrait l’image d’un joueur angoissé, se penchant en avant ou roulant des yeux après certains coups ratés.

Hurkacz possède un service redoutable, mais s’il n’a jamais semblé capable de gérer celui de son rival, Berrettini a fait les bonnes lectures et il a réussi à les bloquer pour amorcer les échanges.

Cela a bien fonctionné et a pavé la voie à six bris de Berrettini, qui a sauvé les deux balles de bris contre lui.

Hurkacz a réussi à se ressaisir un peu en retournant aux vestiaires après la deuxième manche, et Berrettini a quitté le terrain après la troisième. Lorsque le jeu a repris, Berrettini a réussi le bris pour commencer la quatrième manche, et il était très vite de retour sur la bonne voie. Hurkacz a sauvé la balle de match initiale de Berrettini, à 5-3, avec un service vainqueur à 214 km/h.

Berrettini et ses partisans n’ont dû attendre que cinq minutes pour une deuxième occasion de fermer les livres, ce qu’il a fait.

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