Laurence Vincent Lapointe obtient son billet pour Tokyo

Maintenant qu’elle est assurée d’y participer, Vincent Lapointe sait qu’elle a l’occasion de marquer l’histoire à Tokyo.
Photo: Aaron Lynett La Presse canadienne Maintenant qu’elle est assurée d’y participer, Vincent Lapointe sait qu’elle a l’occasion de marquer l’histoire à Tokyo.

Le parcours aura été parsemé d’embûches, le doute s’est parfois installé, mais Laurence Vincent Lapointe n’a jamais perdu espoir. Et sa résilience a été récompensée, car la Trifluvienne sera des Jeux de Tokyo où le canoë féminin fera ses débuts olympiques.

Après des mois d’incertitude, Canoë Kayak Canada (CKC) et le Comité olympique canadien ont confirmé, mercredi matin, que la multiple championne du monde avait obtenu un laissez-passer et faisait partie de l’équipe de 16 athlètes.

« Enfin ! Après deux années très, très difficiles et fortes en rebondissements, j’ai reçu l’annonce officielle aujourd’hui que j’allais aux Jeux. C’est drôle parce qu’à la fois ça me soulage énormément et, d’un autre côté, ça m’excite et ça me motive encore plus d’avoir la chance pour la première fois d’aller aux Jeux », s’est exclamé la céiste rayonnante en visioconférence depuis la région de Québec, où elle participe à un camp d’entraînement.

« C’est pour moi mon rêve de petite fille et maintenant, à 29 ans, ça va finalement se réaliser. Je ne peux pas vous dire à quel point ça me rend émotive. […] Ce n’est pas compliqué quand j’ai reçu ma veste, que je l’ai mise pour la première fois, j’en ai eu des frissons. Et j’en ai encore des frissons d’ailleurs. Je suis incroyablement heureuse d’avoir cette opportunité. »

La vie de Vincent Lapointe a basculé en juillet 2019, à quelques jours des Championnats du monde, quand elle a été suspendue provisoirement par la Fédération internationale de canoë après avoir échoué à un test antidopage.

Incapable d’assurer sa qualification olympique à ces Mondiaux en 2019, elle n’a pu réintégrer l’équipe nationale qu’en janvier 2020 après avoir été blanchie des soupçons de dopage. Puis la pandémie de COVID-19 a frappé, entraînant le report d’un an des Jeux de Tokyo et la mise sur pause des compétitions internationales.

Comme les qualifications continentales ont été annulées ces deux dernières années, Vincent Lapointe espérait s’assurer sa qualification aux essais olympiques et paralympiques en mars dernier à Burnaby, en Colombie-Britannique. Mais elle y a connu une nouvelle déconvenue. Elle s’est inclinée face à sa coéquipière Katie Vincent au C-1 200 m, et c’est elle qui a décroché le billet du Canada pour l’épreuve à Tokyo.

Elle a donc dû patienter des semaines avant de savoir si les démarches de CKC pour lui consentir une place de quota allaient porter fruit.

« Comme Laurence n’a pas eu l’occasion de se qualifier, le Comité olympique canadien (COC) a demandé une place de quota supplémentaire au Comité international olympique pour elle, a expliqué Me Adam Klevinas qui a piloté le dossier pour CKC. À date, le COC n’a pas eu de réponse. »

Mais peu importe, Vincent Lapointe pourra participer aux deux épreuves à Tokyo (C-1 et C-2) puisqu’il restait une place de quota chez les femmes — que CKC a décidé de lui attribuer.

« Laurence a été nommée après avoir démontré qu’elle était l’athlète la plus proche d’une médaille d’or selon une évaluation de performances avec deux autres athlètes » — Courtney Stott et Lissa Bissonnette qui ont actuellement le statut de remplaçante en K-4 —, a expliqué Klevinas.

Rendez-vous historique

Maintenant qu’elle est assurée d’y participer, Vincent Lapointe sait qu’elle a l’occasion de marquer l’histoire à Tokyo.

« C’est une chance incroyable, car comme je l’ai souvent mentionné au fil de ma carrière, les femmes n’ont pas eu l’opportunité d’aller aux Jeux jusqu’ici en canoë de vitesse. Et non seulement ça va se produire, malgré toutes les embûches, la COVID, ma suspension, et je vais être de la partie. C’est une chance incroyable de marquer l’histoire et j’ai vraiment, vraiment hâte. »

Malgré les circonstances incertaines, elle dit avoir continué à s’entraîner ces dernières semaines sans se soucier du reste.

« Ma façon de voir les choses, c’était de m’entraîner tous les jours pour être la plus rapide possible. Je me disais : ’si j’ai ma chance, je veux être prête’. C’est l’approche que j’ai prise », a-t-elle confié.

Vaincue deux fois d’affilée par Vincent en C-1 aux essais canadiens, ce qui ne s’est pas produit souvent en carrière, elle en a tiré une motivation supplémentaire.

« Ça m’a donné un coup de fouet positif. J’ai repris l’entraînement avec l’attitude de tout donner. Et je m’améliore chaque semaine. Mes temps sont bons, ma vitesse et ma technique aussi. Je m’en viens bien pour les Jeux », a-t-elle évoqué.

Parmi les autres membres de l’équipe, on note la présence de Mark de Jonge, un vétéran qui a décroché la médaille de bronze en K-1 200 m aux Jeux de Londres en 2012. Le Néo-Écossais s’est qualifié en K-4 avec ses coéquipiers Pierre-Luc Poulin, Nicholas Matveev et Simon McTavish.

La Québécoise Andréanne Langlois disputera pour sa part ses deuxièmes Jeux olympiques en kayak.

Les épreuves de vitesse en canoë-kayak se dérouleront du 2 au 7 août sur le Canal de la forêt de la Mer, à Tokyo.

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