Déception pour les partisans du Canadien

Le Canadien de Montréal peine à tailler sa place face au Lightning de Tampa Bay, qui mène cette série 2 à 0. Les partisans du Tricolore, cependant, gardent la tête haute.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le Canadien de Montréal peine à tailler sa place face au Lightning de Tampa Bay, qui mène cette série 2 à 0. Les partisans du Tricolore, cependant, gardent la tête haute.

Des milliers de partisans du Canadien ont convergé au centre-ville de Montréal vendredi soir pour encourager le Tricolore, qui se retrouve au bord du gouffre au terme d’une troisième défaite consécutive contre le Lightning de Tampa Bay.

Pendant la soirée, quelques buts du Tricolore ont ravivé l’espoir des milliers de partisans rassemblés notamment devant les écrans géants de la place des Festivals, qui avait une capacité totale de 4335 personnes. Les cris de déception se sont toutefois fait entendre à plusieurs reprises pendant la soirée, qui s’est terminée vers 23 h avec une victoire de 6 à 3 pour le Lightning de Tampa Bay, qui mène ainsi cette série 3 à 0.

« C’est décevant, c’est certain. Mais c’est quand même bien d’être ici », a laissé tomber Landon Lacroix, quelques minutes avant la fin du match. Le jeune homme a pris l’avion à partir de la Colombie-Britannique pour venir assister à la finale de la Coupe Stanley à Montréal.

« C’est un peu mort », a soupiré Charles, qui ne croit pas que le Canadien a encore des chances de gagner la Coupe Stanley, contrairement à son père, Gregory. « Moi, j’y crois toujours », a lancé ce dernier.

Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Certains partisans du Tricolore se sont rassemblés sur la place des Festivals où des écrans géants ont été installés pour diffuser le match.

Le Canadien de Montréal a d’abord perdu le premier match de cette série 5 à 1 contre l’équipe de la Floride lundi, puis 3 à 1 mercredi soir, avant de subir une nouvelle défaite ce vendredi. S’il emporte une quatrième manche d’affilée contre le Canadien, le Lightning de Tampa Bay pourrait repartir avec la Coupe Stanley dès lundi soir au Centre Bell.

« Les chances sont contre nous, mais on garde espoir », a aussi évoqué François, qui rappelle que la victoire de la Coupe Stanley par le Canadien en 1993 était inattendue à l’époque.

« On va l’avoir », a également lancé, confiant, Camiel Gauthier. Le partisan du Canadien a réalisé 10 heures de route avec sa femme et ses enfants pour venir assister à ce match du Canadien au centre-ville de Montréal.

De Pessamit à Montréal

En face du Centre Bell, la foule était bien moins compacte vers 20 h 30 qu’elle ne l’était lors du dernier match des demi-finales du Canadien de Montréal, la semaine dernière. Des centaines de personnes ont scandé périodiquement « Go Habs Go ! », sous une imposante présence policière, qui souhaitait prévenir tout débordement sur le site. Des feux d’artifice ont d’ailleurs commencé à éclater peu après 20 h 30, forçant la police à intervenir brièvement, sans plus.

« Je suis une grande admiratrice des Canadiens de Montréal. Je les adore depuis que je suis toute petite », lance Anastasia Bacon. Cette dernière s’est déplacée d’aussi loin que de la communauté innue de Pessamit, sur la Côte-Nord, pour venir encourager le Canadien de Montréal en compagnie de son amie Andrée Paul. Les deux femmes vénèrent en particulier le gardien de but Carey Price, qui est originaire de la Première nation d’Ulkatcho, en Colombie-Britannique.

 
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Quelques buts du Tricolore ont ravivé l’espoir des milliers de partisans présents sur la place des Festivals.

« On veut dire à Price qu’on est derrière lui pour sauver le Canadien comme on essaie de sauver notre nation », souligne Mme Paul, au moment où les communautés autochtones sont ébranlées par les découvertes de tombes anonymes près de plusieurs anciens pensionnats du pays.

« Une grande publicité » pour le centre-ville

Le Service de police de la Ville de Montréal, pour sa part, confirme avoir augmenté sa présence policière devant le Centre Bell, mais aussi à différents endroits au centre-ville. Sur un tronçon piéton de la rue Sainte-Catherine, du mobilier urbain a par ailleurs été fixé au sol pour éviter qu’il ne serve à commettre du grabuge en fin de soirée, a expliqué au Devoir vendredi soir le directeur général de la société de développement commercial (SDC) Montréal centre-ville, Glenn Castanheira.

« Ça nous préoccupe toujours [les débordements], que ce soit maintenant ou lors de toutes célébrations que l’on voit au centre-ville. Donc oui, c’est une préoccupation, mais on est quand même confiant que ça va bien se passer », a-t-il déclaré. En fin de soirée, le SPVM ne faisait toutefois état d’aucun débordement en marge de ce match du Canadien.

Pour plusieurs commerces du centre-ville, la présence du Canadien de Montréal dans la série finale de la Coupe Stanley représente d’autre part une occasion d’affaires unique. C’est notamment le cas des boutiques d’articles de sport, devant lesquelles on pouvait voir de longues files d’attente quelques heures avant le match.

« Ça fait une grande publicité pour le centre-ville », s’est réjoui M. Castanheira.

Dans le milieu des affaires, certains sont toutefois déçus de l’opposition de la Santé publique du Québec à une augmentation de la capacité d’accueil du Centre Bell. Dans les derniers jours, le Groupe CH a mené des discussions avec le ministère de la Santé du Québec afin d’obtenir l’autorisation de faire passer celle-ci de 3500 à 10 500 spectateurs. Ces derniers auraient toutefois eu l’obligation de présenter une preuve qu’ils ont reçu une deuxième dose d’un vaccin contre la COVID-19 depuis au moins sept jours.

Photo: Jacques Nadeau Le Devoir

« Ça allait bon train, mais il y a eu un changement du cap du gouvernement et ça ne s’est pas réalisé », résume au Devoir le vice-président aux affaires publiques du Groupe CH, Paul Wilson. La capacité du Centre Bell demeure donc de 3500 partisans pour l’instant. Une décision que déplore le président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc.

Selon lui, la mise en place d’une forme de « passeport vaccinal » pour accéder au Centre Bell aurait envoyé « un message aux personnes qui tardent à se faire vacciner que c’est une condition inévitable au retour à la normale » et à la reprise économique.

« Quand on voit l’avantage que nous donne le vaccin, les gens vont aller se faire vacciner en plus grand nombre », analyse également l’épidémiologiste Nimâ Machouf, qui voyait la proposition du Tricolore d’un bon œil.

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