Le grand retour du tennis à Wimbledon

Le coronavirus plane toujours sur l’événement.
Photo: Glyn Kirk Agence France-Presse Le coronavirus plane toujours sur l’événement.

On a eu droit au retour du tennis à Wimbledon, lundi, après l’annulation de l’édition de 2020 en raison de la pandémie, et tout avait des airs familiers à l’All England Club, puisque la pluie a perturbé l’horaire de la journée et que Novak Djokovic a gagné.

Tout comme les retards au début de la compétition sur les terrains extérieurs — il a fallu environ quatre heures et demie pour commencer à jouer sur les courts extérieurs ; plus d’une douzaine de matchs ont été entièrement reportés — Djokovic a démarré lentement sa quête d’un 20e titre du Grand Chelem, qui lui permettrait d’égaler le record, et un sixième à Wimbledon.

Le champion en titre a perdu la première manche contre Jack Draper, un Anglais de 19 ans qui est classé 253e au monde, avant de finalement offrir son meilleur tennis sous le toit du court central et de gagner 4-6, 6-1, 6 -2, 6-2 avec l’aide de 25 as.

Djokovic est à mi-chemin d’un Grand Chelem lors d’une année civile, après des titres aux Internationaux d’Australie en février et à Roland Garros il y a deux semaines. Le joueur qui l’a obligé à combler un déficit de deux manches à zéro en finale à Roland-Garros, Stefanos Tsitsipas, troisième tête de série, a rapidement été éliminé du tournoi anglais, s’inclinant face à l’Américain Frances Tiafoe, 57e au classement, 6-4, 6-4, 6-3 en un peu plus de deux heures sur le court no 1.

Tiafoe avait une fiche de 0-11 contre des adversaires classés parmi le Top 5.

« Ce gars est spécial. Il va faire beaucoup de belles choses. Gagner une tonne de tournois du Grand Chelem », a mentionné Tiafoe à propos de Tsitsipas, puis a esquissé un large sourire et a ajouté : « Mais pas aujourd’hui. »

Dans le premier match du tableau féminin complété, Aryna Sabalenka — qui est deuxième tête de série après les forfaits de la championne en titre Simona Halep et de la quadruple championne en Grand Chelem Naomi Osaka — s’est qualifiée en vertu d’une victoire de 6-1, 6-4 sur la qualifiée Monica Niculescu. Parmi les autres vainqueurs du jour, on note la championne 2017 Garbiñe Muguruza, Madison Keys, no 23, et Ekaterina Alexandrova, no 32.

L’arbitre du tournoi a commencé à annoncer des reports vers 15 h, y compris des matchs impliquant le Canadien Denis Shapovalov, 10e tête de série, la quintuple championne à Wimbledon Venus Williams, la demi-finaliste de Roland-Garros Maria Sakkari et Alex de Minaur.

À tout le moins, il y a eu du tennis joué sur le site qui accueille le plus ancien tournoi du Grand Chelem.

« C’est formidable de voir tout le monde et d’être de retour sur le court de tennis probablement le plus spécial et le plus sacré du monde », a confié le favori Djokovic.

« Aux côtés de nombreux autres joueurs, j’étais très triste l’année dernière que Wimbledon ait été annulé, a-t-il ajouté, faisant référence à la première fois que le tournoi anglais n’a pas été disputé depuis la Seconde Guerre mondiale. Ce furent des moments très difficiles pour tout le monde, mais je suis vraiment content que le sport soit de retour. J’espère que vous l’avez apprécié et que vous l’apprécierez au cours des deux prochaines semaines. »

Retour presque normal

Le coronavirus plane toujours sur l’événement. Les spectateurs sont autorisés à 50 % de la capacité du site à l’All England Club. Elle montera à 100 % pour les finales en simple, les 10 et 11 juillet.

Malgré les signes d’un presque retour à la normale, un rappel que le coronavirus demeure toujours une source de préoccupation est venu à la veille du tournoi du Grand Chelem. La Britannique Johanna Konta, demi-finaliste à Wimbledon en 2017, a dû se retirer dimanche soir lorsqu’un membre de son équipe a reçu un test positif à la COVID-19.

Konta était en contact étroit avec la personne et doit s’isoler pendant dix jours.

Tous les joueurs et les membres de leur équipe séjournent dans un hôtel désigné à Londres dans ce que l’All England Club appelle un « environnement à risque minimisé. »

Ovations

Avant que Djokovic et Draper n’ouvrent les débats dans le stade principal — un honneur réservé au champion masculin de l’année précédente —, on a annoncé dans les haut-parleurs la présence « d’invités spéciaux dans la loge royale », dont une personne impliquée dans le développement de vaccins et des travailleurs médicaux de première ligne. Ils ont été accueillis par une ovation, la première de la journée.

Une autre est survenue lorsque Draper a remporté la première manche, sûrement à la surprise de tout le pays, de Djokovic et du jeune joueur lui-même.

Il aurait été si facile — et même compréhensible — pour Draper d’être intimidé par le moment et l’adversaire, le cadre et les enjeux dès le départ. Après tout, il faisait ses débuts au tableau principal d’un Grand Chelem.

Djokovic a glissé deux fois pour se retrouver sur le dos au premier set, perdant pied sur l’herbe glissante derrière la ligne de fond. Il s’agissait de son premier match en compétition en simple sur cette surface depuis qu’il a battu Roger Federer lors de la finale 2019 après avoir accusé deux balles de championnat.

« Pour être honnête, je ne me souviens pas être tombé autant de fois sur le terrain, a reconnu Djokovic en riant. Eh bien, c’était assez glissant, je ne sais pas si c’est parce que le toit est fermé ou qu’il a beaucoup plu ces derniers jours. »

Draper a réussi le bris pour prendre l’avance 2-1, aidé par une double faute de Djokovic, un coup droit manqué et une volée ratée, et il a tenu bon pour enlever la manche.

Djokovic a totalisé sept balles de bris dans la manche initiale : une la première fois que Draper a servi, deux la fois suivante et quatre la quatrième fois, un jeu pendant lequel le gaucher s’est rescapé avec l’aide de deux as d’affilée à 200 km/h et 187 km/h.

Un service gagnant à 200 km/h a offert la manche à Draper, et il a agité sa raquette, puis a brandi son poing droit. La foule a réagi bruyamment.

Et deux heures plus tard, tout était fini. Djokovic a considérablement amélioré son jeu, passant de seulement 6 points gagnants et 9 fautes directes à la première manche à un total combiné de 41 coups gagnants et 15 fautes directes par la suite.

Gain de Pospisil

Le Canadien Vasek Pospisil a atteint le deuxième tour à Wimbledon. Pospisil, de Vancouver, a battu l’Espagnol Roberto Carballes Baena 6-3, 6-3, 6-3 lors du premier tour de l’étape anglaise du Grand Chelem, lundi. Pospisil, classé 65e au monde, a inscrit sa première victoire à Wimbledon depuis les quarts de finale en 2015. Le Canadien a obtenu 17 as et gagné 82 % des points disputés sur son premier service, contre le numéro 100 mondial. Pospisil affrontera ensuite Frances Tiafoe, 57e à l’ATP. L’Américain a surpris Stefanos Tsitsipas, tête de série numéro trois.



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