Des Jeux olympiques sans spectateurs restent une option à Tokyo

La décision d’autoriser les spectateurs va à l’encontre de nombreux experts médicaux qui ont déclaré que les Jeux olympiques les plus sécuritaires seraient sans spectateurs en raison du coronavirus.
Photo: Philip Fong Archives Agence France-Presse La décision d’autoriser les spectateurs va à l’encontre de nombreux experts médicaux qui ont déclaré que les Jeux olympiques les plus sécuritaires seraient sans spectateurs en raison du coronavirus.

Des « Jeux sans spectateurs » restent une option pour les Jeux olympiques de Tokyo, qui s’ouvrent officiellement dans seulement quatre semaines, a déclaré la présidente du comité organisateur.

Ce commentaire de Seiko Hashimoto intervient seulement quatre jours après qu’elle a annoncé, lundi, que jusqu’à 10 000 spectateurs locaux seraient autorisés sur les sites — avec un nombre ne dépassant pas 50 % de la capacité des sites, peu importent les événements intérieurs ou extérieurs.

Les organisateurs ont reporté la décision concernant les spectateurs locaux de plusieurs mois, et les spectateurs de l’étranger ont été interdits il y a des mois. La décision d’autoriser les spectateurs va à l’encontre de nombreux experts médicaux qui ont déclaré que les Jeux olympiques les plus sécuritaires seraient sans spectateurs en raison du coronavirus.

« Ce que je pense, c’est que ne pas accueillir de spectateur devrait rester une option pour nous alors que nous examinons les choses, a soutenu Hashimoto lors d’une conférence de presse. La situation change régulièrement, c’est pourquoi nous devons rester flexibles et rapides pour répondre à tout changement. Un événement sans spectateurs est l’une de nos options. »

Les organisateurs ont semblé faire légèrement marche arrière au sujet des spectateurs après qu’un comité COVID-19 du gouvernement métropolitain de Tokyo a rapporté jeudi qu’« il y a un signe de résurgence » des infections à Tokyo.

Le comité a déclaré que les infections avaient augmenté de 11 % au cours de la semaine dernière — sur la base de la moyenne sur sept jours — avec davantage de cas du variant Delta détectés. Les organisateurs disent qu’ils examineront à nouveau la question des spectateurs après la fin du « quasi-état d’urgence » actuel le 11 juillet.

Un cas au sein de l’équipe ougandaise

La ministre olympique Tamayo Marukawa a lancé un autre coup de semonce, vendredi, lorsqu’elle a confirmé qu’un membre de l’équipe ougandaise qui avait été testé positif pour le coronavirus à son entrée au Japon la semaine dernière était infecté par le variant Delta. Plus tard dans la journée, un deuxième Ougandais a également reçu un test positif au variant Delta, a déclaré le gouverneur d’Osaka Hirofumi Yoshimura.

Malgré des tests approfondis avant et après l’entrée, des cas comme ceux-ci semblent certains de se produire avec 11 000 athlètes olympiques et 4400 athlètes paralympiques entrant à Tokyo, ainsi que des dizaines de milliers de membres du personnel, d’entraîneurs, de juges et de responsables du CIO et des fédérations sportives supplémentaires.

Le premier membre ougandais, qui serait un entraîneur, a reçu un test positif samedi dernier à l’aéroport de Narita, près de Tokyo, et a été mis en quarantaine. Mais les autorités japonaises ont autorisé le reste de l’équipe de neuf personnes à parcourir plus de 500 kilomètres dans un autobus affrété jusqu’à leur base d’entraînement à Izumisano, dans la préfecture occidentale d’Osaka.

« Ils portaient tous des certificats montrant les résultats de leurs tests négatifs, a affirmé le maire d’Izumisano, Hiroyasu Chiyomatsu. Nous n’avons jamais imaginé qu’ils pourraient être infectés. »

Les membres de l’équipe étaient en quarantaine dans un hôtel là-bas.

« Le comité organisateur souhaite en savoir plus sur cet exemple [ougandais], a mentionné Hashimoto. Nous porterons une attention particulière à tirer le maximum d’informations de cette expérience », avec des opérations affinées en conséquence.

Les mots de l’empereur

Le chef de l’Agence de la maison impériale a révélé, jeudi, que l’empereur Naruhito était « extrêmement inquiet » des risques pour la santé présentés par les Jeux olympiques. Il s’agit d’un geste rare pour la figure protocolaire qui reste à l’écart de la politique.

Il n’avait aucune obligation de parler des Jeux olympiques, et le fait qu’il l’a fait est plus important que ce qu’il a dit.

Hashimoto a été interrogé au moins trois fois sur les commentaires de l’empereur, mais n’a pas mentionné son nom et a donné des réponses vagues.

« Nous devons éliminer l’anxiété et les inquiétudes de tous les Japonais, a-t-elle déclaré. Nous devons vraiment garantir un fonctionnement sûr et sécurisé des jeux. Nous devrons donc faire plus d’efforts pour le faire. »

Le Japon a signalé environ 780 000 cas de coronavirus et a attribué environ 14 500 décès à la COVID-19. Environ 9 % des Japonais ont été complètement vaccinés alors que le gouvernement intensifie sa campagne de vaccination.



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