Le nombre de spectateurs aux Jeux de Tokyo sera encore plus limité

Les organisateurs ont fixé une limite de 50% de la capacité — jusqu’à un maximum de 10 000 spectateurs — pour chaque site olympique.
Photo: Charly Triballeau Archives Agence France-Presse Les organisateurs ont fixé une limite de 50% de la capacité — jusqu’à un maximum de 10 000 spectateurs — pour chaque site olympique.

Un nombre limité de spectateurs locaux sera autorisé à assister aux Jeux olympiques de Tokyo, ont annoncé les organisateurs, lundi, alors qu’ils tentaient de sauver une partie de l’esprit des Jeux où même les encouragements ont été interdits.

Les organisateurs ont fixé une limite de 50 % de la capacité — jusqu’à un maximum de 10 000 spectateurs — pour chaque site olympique, et les responsables ont déclaré que si les cas de coronavirus augmentaient à nouveau, les règles pourraient être modifiées et les spectateurs pourraient toujours être interdits.

La présence de spectateurs étrangers a été écartée il y a plusieurs mois, et maintenant certains partisans locaux qui ont des billets ne pourront pas les utiliser.

La décision intervient alors que l’opposition des Japonais à la tenue des Jeux en juillet reste élevée, bien qu’elle puisse s’atténuer, et que les nouvelles infections à Tokyo ont commencé à diminuer.

Pourtant, les responsables de la santé craignent que dans un pays où la grande majorité des gens n’ont pas encore été vaccinés, les foules aux Jeux olympiques puissent faire augmenter les cas. Le principal conseiller médical du pays, le Dr Shigeru Omi, a recommandé la semaine dernière que le moyen le plus sûr d’organiser les Jeux olympiques serait sans spectateur. Autoriser les spectateurs présente un risque non seulement sur les sites, mais entraînera également une plus grande circulation dans les trains de banlieue, dans les restaurants et dans les autres espaces publics.

Il est déjà devenu évident que ces Jeux olympiques ne ressembleront à aucun autre, mais les organisateurs ont déclaré qu’ils étaient déterminés à les tenir, et des milliards de dollars de droits de diffusion et de vente de billets sont en jeu. Pourtant, une grande partie de l’atmosphère de fête dans la ville hôte et la mise en valeur de la culture du pays hôte ne seront pas au rendez-vous cette année.

Flexibilité

Seiko Hashimoto, présidente du comité d’organisation des Jeux olympiques de Tokyo, a qualifié la décision de « dernière étape pour les Jeux olympiques », qui se mettront en branle le 23 juillet.

Mais comme pour tout ce qui concerne ces JO — les premiers de l’ère moderne à être reportés, bien que des précédents aient été annulés pendant les deux guerres mondiales —, la décision a soulevé de nombreuses questions.

Bien qu’un maximum de 10 000 spectateurs soit autorisé sur un site donné, les parties prenantes — y compris les commanditaires et les responsables des fédérations sportives — ne seront pas prises en compte dans ce total, selon le directeur des opérations du comité d’organisation, Toshiro Muto. Les médias japonais, par exemple, ont rapporté que jusqu’à 20 000 personnes pourraient assister à la cérémonie d’ouverture, en plus des athlètes, bien que M. Muto ait déclaré qu’il pensait que ce serait moins que cela.

La décision concernant les spectateurs locaux a été annoncée après des discussions en ligne des cinq parties impliquées, soit les organisateurs locaux, le Comité international olympique, le Comité international paralympique, le gouvernement japonais et le gouvernement de la métropole de Tokyo. Une décision sur les Jeux paralympiques doit être annoncée le 16 juillet.

Mme Hashimoto, quant à elle, a laissé la porte ouverte à des Jeux olympiques sans spectateur si les conditions s’aggravaient autour de la pandémie. « Nous devons être très flexibles. S’il y a un changement brusque dans la situation, nous organiserons à nouveau des réunions à cinq pour prendre d’autres décisions, a soutenu la présidente du comité d’organisation. S’il y a une annonce de l’état d’urgence pendant les Jeux, toutes les options comme les jeux sans spectateur seront examinées. »

Les responsables disent que les spectateurs locaux seront soumis à des règles strictes. Ils ne seront pas autorisés à applaudir, doivent porter des masques et on leur dit de rentrer directement chez eux après. « Nous aimerions que les gens rentrent directement chez eux depuis le lieu sans s’arrêter nulle part », a mentionné M. Muto.

Il a ajouté que 3,64 millions de billets étaient déjà entre les mains de résidents japonais. Il a indiqué que c’était environ 900 000 de plus que les sièges susceptibles d’être disponibles. Cela signifiera une loterie pour voir qui peut y assister.

Les organisateurs de Tokyo s’attendaient à environ 800 millions de dollars américains de revenus provenant de la vente de billets, mais le directeur des opérations du comité d’organisation a déclaré que le chiffre réel ne dépasserait pas la moitié. Tout manque à gagner devra être pris en charge par une entité gouvernementale japonaise.

L’Université d’Oxford a estimé qu’il s’agit des Jeux olympiques les plus chers jamais enregistrés. Le coût officiel est de 15,4 milliards de dollars, mais plusieurs vérifications gouvernementales suggèrent qu’il pourrait être le double. Tout sauf 6,7 milliards est de l’argent public.

État d’urgence levé

La décision intervient juste au moment où Tokyo est sortie de l’état d’urgence et que la courbe des nouveaux cas s’aplatit. La moyenne sur sept jours pour les nouvelles infections dans la ville est d’environ 400 cas quotidiens.

La capitale et d’autres zones sont désormais sous statut de « quasi-urgence » jusqu’au 11 juillet. Les nouvelles règles permettront aux restaurants de servir de l’alcool pendant des heures limitées, le principal résultat des restrictions réduites.

Dans l’ensemble, plus de 14 000 décès ont été attribués à la COVID-19 au Japon, qui a mieux géré la pandémie que de nombreux pays, mais pas aussi bien que certains autres en Asie. Sa campagne de vaccination reste en retrait par rapport à de nombreuses campagnes occidentales, avec environ 6,5 % des Japonais complètement vaccinés et 16,5 % avec au moins un vaccin.

Le premier ministre Yoshihide Suga, qui a préféré autoriser les spectateurs, a déclaré avant l’annonce officielle qu’il les interdirait si les conditions changeaient. Le gouverneur de Tokyo, Yuriko Koike, a fait écho à cela. « Si un état d’urgence est nécessaire, je serai flexible et ouvert à aucun spectateur afin que les Jeux donnent la priorité absolue à la sécurité des personnes », a dit M. Suga. Il a dit qu’il prenait « au sérieux » les recommandations du Dr Omi, mais ne les avait pas suivies.

Selon les sondages récents, le soutien semble augmenter pour la tenue des Jeux olympiques, bien qu’une majorité semble toujours favorable au report ou à l’annulation des Jeux, selon la formulation de la question.



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