Djokovic bientôt le meilleur joueur de tous les temps?

Novak Djokovic a remonté deux manches en finale de Roland-Garros dimanche, une première depuis 2004.
Photo: Christophe Archambault Agence France-Presse Novak Djokovic a remonté deux manches en finale de Roland-Garros dimanche, une première depuis 2004.

Novak Djokovic a passé dimanche l’obstacle le plus difficile de sa saison : en remportant Roland-Garros, il est désormais en mesure de réaliser le Grand Chelem et de devenir le G. O. A. T (Greatest of All Time ou meilleur joueur de tous les temps) indiscutable.

Novak Djokovic a remporté ses deuxièmes Internationaux de France et son 19e titre du Grand Chelem, dimanche, aux dépens du Grec de 22 ans Stefanos Tsitsipas 6-7 (6 / 8), 2-6, 6-3, 6-2, 6-4. Il a lancé un message fort aux jeunes qui veulent sa place comme aux anciens : qu’on l’aime ou pas, à 34 ans, c’est actuellement lui le plus fort.

Depuis la fin de la saison dernière, Djokovic a égalé le record de Pete Sampras d’années terminées à la place de no 1 mondial (6). Et depuis mars, il est devenu le joueur ayant passé le plus de semaines à cette place (il débutera sa 324e lundi). Il avait alors annoncé que cet objectif étant atteint, il allait désormais se consacrer entièrement au record de 20 titres du Grand Chelem codétenu par ses deux grands rivaux. Il en a remporté 19 depuis son premier en 2008 (Australie). Sur la même période, Nadal en a décroché 17 et Federer 8.

19
C’est le nombre de tournois du Grand Chelem qu’a remportés Djokovic, soit un de moins que Federer et Nadal pour le moment.

Sacré pour la neuvième fois en février aux Internationaux d’Australie, son Majeur préféré du point de vue des résultats (Federer a 8 sacres à Wimbledon, Nadal 13 à Roland-Garros), le no 1 mondial a décroché dimanche son deuxième Roland-Garros, après celui de 2016.

« Novak a démontré quel grand champion il était et j’espère qu’un jour j’aurai réussi la moitié de ce qu’il a réussi », a commenté Stefanos Tsitsipas, qui a mené deux manches à zéro dimanche en finale à Paris avant de s’incliner.

Vainqueur du dernier Wimbledon (en 2019) en battant Federer en finale après un match épique à la fin duquel il a sauvé deux balles de match avant de s’imposer, Djokovic en a déjà gagné cinq et a toutes les qualités pour en gagner encore. Idem aux Internationaux des États-Unis, où il a été sacré trois fois et où les deux dernières éditions, dont il était favori, lui ont échappé sur abandon en 2019 et disqualification en 2020.

Voie royale

Donc théoriquement, Djokovic est sur la voie royale pour établir cette année un nouveau record de titres majeurs, il pourrait en avoir 21 au soir du US Open, soit un de mieux que Federer et Nadal. Et surtout, il pourrait devenir le premier joueur depuis Rod Laver en 1969 à réussir le mythique Grand Chelem, soit décrocher les quatre Majeurs la même année. Le sien pourrait même être un Golden Slam s’il remporte l’or aux Jeux olympiques, ce qu’aucun joueur n’a fait.

« Je me suis mis dans une bonne position pour viser le Golden Slam. Mais j’étais dans cette même position en 2016, et ça s’est terminé par une défaite au troisième tour à Wimbledon », a commenté Djokovic.

En tout cas, « je n’ai aucun problème à dire que j’irai chercher le titre à Wimbledon. Bien sûr que j’y vais pour ça ! » a-t-il lancé.

Ses entraîneurs Marian Vajda et Goran Ivanisevic y pensent aussi, mais sous une autre perspective : « Avec Goran, on s’est dit que, s’il réussissait le Grand Chelem cette année, nous prendrions notre retraite de coachs ! » a déclaré Vajda en riant.

Mais en redevenant sérieux, il a confirmé que l’objectif de Djokovic était « de gagner les Jeux olympiques puis de réaliser le Grand Chelem ».

Pour l’ancien no 1 mondial Mats Wilander, consultant pour la chaîne Eurosport, il n’y a pas de doute, « on doit commencer à parler du G.O.A.T. ».

« Le meilleur des trois »

« Je n’avais jamais vu un plus beau match de tennis sur terre battue, avait commenté le Suédois, triple vainqueur de Roland-Garros, à l’issue de la demi-finale Djokovic-Nadal. C’était du tennis sur terre porté à un niveau bien supérieur au mien parce que c’était si rapide et Novak mettait tellement de rythme dans ses coups. Les déplacements, le toucher au filet, l’aspect athlétique, tout était incroyable. »

« J’ai joué presque neuf heures au cours de ces dernières 48 heures contre deux grands champions. C’était vraiment dur physiquement et mentalement, mais j’ai fait confiance à mes capacités et je savais que j’en étais capable », a déclaré Djokovic dimanche après sa victoire finale en 4 h 11. Il est devenu également le seul joueur à avoir battu Nadal deux fois sur la terre battue parisienne.

Déjà, Djokovic était le seul joueur de l’ère Open (depuis 1968) à avoir détenu les quatre titres majeurs à cheval sur deux années (2015-2016). Il est désormais le seul de l’ère Open à avoir remporté deux fois au moins chacun de ces tournois (Federer n’a qu’un Roland-Garros et Nadal n’a qu’un Open d’Australie).

Une autre statistique plaide en sa faveur : à ce jour, il a un bilan victoires-défaites positif face à Federer (27 victoires pour 23 défaites) et à Nadal (30 pour 28).

« Djokovic, c’est le meilleur des trois. Je l’ai toujours dit. Si les trois sont au sommet de leur art, c’est lui qui gagne. L’histoire nous a raconté ça. Pour moi, c’est le plus fort », a estimé dans L’Équipe Patrick Mouratoglou, l’entraîneur de Tsitsipas.

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