Nadal renversé par Djokovic en demi-finales à Roland-Garros au bout de 4h de combat

Le Serbe Novak Djokovic a renversé l'Espagnol Rafael Nadal en quatre sets 3-6, 6-3, 7-6 (7 / 4) 6-2 au bout d’un combat d’anthologie de plus de 4 h vendredi.
Photo: Anne-Christine Poujoulat Agence France-Presse Le Serbe Novak Djokovic a renversé l'Espagnol Rafael Nadal en quatre sets 3-6, 6-3, 7-6 (7 / 4) 6-2 au bout d’un combat d’anthologie de plus de 4 h vendredi.

Tremblement de terre à Roland-Garros : Rafael Nadal, 13 fois sacré sur la terre battue parisienne et en quête d’un 21e trophée record en Grand Chelem, a été déboulonné par Novak Djokovic en demi-finales au bout d’un combat d’anthologie de plus de quatre heures vendredi.

Djokovic a fini par s’imposer en quatre manches 3-6, 6-3, 7-6 (7/4), 6-2 et par infliger à Nadal sa troisième défaite à Roland-Garros en 108 matchs ! Sa première depuis six ans (sans compter son forfait en 2016).

« Affronter Nadal sur terre battue, sur ce court où il a connu tellement de succès, c’est le plus grand défi qui peut exister , résumait le numéro 1 mondial après sa qualification pour le dernier carré.

Au bout de quatre heures d’un face-à-face d’une invraisemblable intensité sur le court Philippe-Chatrier, le premier joueur mondial a réussi l’impensable.

Comment résumer un tel combat ?

Peut-être faut-il commencer par cette troisième manche irrespirable, qui s’est étirée le temps d’un match de foot — 97 minutes précisément — et a constitué le tournant du match.

Dans cette manche, à plusieurs reprises, Djokovic a pris l’avantage, mais chaque fois, Nadal est revenu. D’un premier bris pour mener 3-2, l’Espagnol a égalisé à 3-3, d’un nouveau bris qui a permis au Serbe, à 5-4, de servir pour la manche et de s’en rapprocher à deux points, il a recollé à 5-5. À ce moment-là, on joue depuis environ trois heures, le couvre-feu se rapproche à grands pas, et les deux joueurs ne sont pas décidés à se départager.

« On partira pas ! »

« On partira pas, on partira pas ! » scandent les 5000 spectateurs installés en tribunes, bientôt exaucés quand le haut-parleur annonce une dérogation accordée par les autorités, accueillies par une acclamation assourdissante et des « Merci Macron ! ».

Juste avant, on a atteint des sommets de tension quand, dans cette fin de troisième manche, « Nole » a obtenu deux nouvelles balles de bris pour mener 6-5, en vain, avant de se retrouver face à une balle de manche, et d’arracher finalement un jeu décisif qui a tout changé.

Nadal l’a entamé par une double faute, mais a tenu bon jusqu’à 3-3. Deux points plus tard, un coup droit court croisé gagnant au bout d’un bras de fer dans la diagonale, et une volée trop longue du Majorquin au bout d’une défense dont Djokovic a le secret, le premier joueur mondial a creusé un écart décisif.

En vrac, tout au long de la partie se sont bousculés va-et-vient surhumains et défenses inimaginables. On pense notamment à ce lob de défense de « Djoko », venu d’ailleurs et venu s’évanouir sur la ligne de fond, en plein moment décisif. Ou encore à ce smash en enroulant le bras de Nadal tôt dans la partie.

Peu après 19 h, au début du match, les deux premiers jeux, longs de 17 minutes, avaient bien laissé imaginé ce que pouvait réserver ce duo infernal.

Revanche

Mais tout s’était brusquement accéléré. Si bien qu’après une trentaine de minutes, Djokovic était mené 5-0 et on avait une sensation de déjà-vu : impossible alors de ne pas repenser au 6-0 infligé par Nadal en ouverture de la finale l’automne dernier.

Cette fois, le Serbe, accompagné par les « Idemo ! Idemo ! Idemo » sonores d’un petit groupe de fidèles partisans, a sauvé un premier jeu, et c’est à partir de là qu’il est entré dans le combat. En revenant à 5-3 et en ne cédant la première manche qu’à la septième occasion de Nadal d’abord. Puis en menant la danse dans la deuxième, bien que rien n’ait été simple non plus.

Une fois qu’il a viré en tête deux manches à un en revanche, Djokovic a eu la main ferme. À la brève échappée 2 jeux à 0 de Nadal, « Nole » a répondu par un cinglant 6-0. Comme une revanche sur la leçon reçue en 2020.

« C’est le plus grand match que j’ai joué ici à Paris, aussi pour l’ambiance. C’était fantastique , apprécie le Serbe.

« Je sais que les années passent et que mes chances de gagner ici ne sont pas éternelles, mais c’est comme ça, encaisse » Rafa « . Je ne suis pas du genre à faire des grandes célébrations quand je gagne, ni des grands drames quand je perds. »

Djokovic, lui, peut savourer sa première victoire contre Nadal sur terre battue depuis cinq ans. Comme le fait d’être désormais le seul joueur à l’avoir battu à deux reprises à Roland-Garros, après 2015.

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