Une finale inédite chez les dames à Roland-Garros

Tamara Zidansek (à gauche), 85e au monde, est la première Slovène à avoir atteint un quart de finale d’un Grand chelem.
Photo: Martin Bureau et Anne-Christine Poujalat AFP (photomontage Le Devoir) Tamara Zidansek (à gauche), 85e au monde, est la première Slovène à avoir atteint un quart de finale d’un Grand chelem.

Anastasia Pavlyuchenkova a dû traverser de longues périodes où elle a perdu le plaisir de jouer. Manquant de constance et de confiance, elle a même songé à se retirer.

Sa persévérance a rapporté : la Russe de 29 ans a atteint sa première finale en Grand chelem en battant Tamara Zidansek 7-5 et 6-3, à Roland-Garros.

Pavlyuchenkova, 31e tête de série, en est à sa 52e participation à un tournoi majeur, dont 14 à Paris.

Elle avait une fiche de 0-6 en quart de finale d’un tournoi majeur. Puis, en demi-finale, elle s’est montrée beaucoup plus constante que Zidansek.

Avant l’âge de 20 ans, Pavlyuchenkova avait déjà percé le top-20, sans toutefois obtenir sa chance en match ultime d’un Grand Chelem.

« J’ai tellement voulu ça qu’en ce moment je ne ressens rien », a-t-elle dit au public, en français.

Elle a tout de même ajouté qu’elle allait savourer cette finale, qu’elle a si longtemps attendue.

« J’ai fait une longue route… je suis passée près quelques fois, sans que ça arrive. »

Son adversaire samedi sera Barbora Krejcikova, une Tchèque classée 33e à la WTA.

Elle en sera elle aussi à sa première finale en tournoi majeur.

Victorieuse à ses 11 derniers matchs, Krejcikova a défait la 17e tête de série, Maria Sakkari, au compte de 7-5, 4-6 et 9-7.

Titrée deux fois en double lors d’événements de prestige, Krejcikova dispute seulement un cinquième tournoi du Grand chelem en simple.

Une volée lui a permis d’écarter une balle de match, et l’affrontement s’est poursuivi durant 40 minutes.

Quand elle-même a obtenu une balle de match, elle a semblé triompher sur un coup imprécis de Sakkari. L’arbitre Pierre Bacchi a toutefois jugé la balle en jeu, même si une reprise à la télé montrait clairement qu’elle était hors ligne.

Il n’y a pas de révision par vidéo à Roland-Garros, où les balles laissent normalement une marque visible dans la terre battue.

La Tchèque a gardé son sang-froid et a pu célébrer à sa cinquième balle de match, grâce à un revers.

« Ça me semble incroyable, mais c’est vrai », a dit Krejcikova, à propos de son avancée au tableau.

Ce n’était que la deuxième fois dans l’ère professionnelle que les quatre joueuses du carré d’as en étaient à leur première participation en demi-finale d’un Grand Chelem depuis 1978, en Australie.

Zidansek, 85e au monde, est la première Slovène à avoir atteint un quart de finale d’un Grand chelem.

Jeudi, Pavlyuchenkova a été opportuniste et Zidansek a échappé la première manche en envoyant son service dans le filet.

Incisive, Pavlyuchenkova a pris les devants 4-1 à la deuxième manche.

De la nervosité a fait surface alors qu’elle a commis deux doubles fautes, permettant à son adversaire de s’approcher à 4-3. Elle s’est ressaisie à temps pour briser à son tour Zidansek et mériter le gain au service.

Dans ses commentaires d’après-match, Pavlyuchenkova a admis que l’aspect psychologique du tennis est ce qu’il y a de plus difficile dans ce sport.

Pavlyuchenkova compte 12 titres en carrière sur le circuit de la WTA.

Elle sera de retour dans le top-20 mondial pour la première fois depuis 2018.

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