Des demi-finales dames inattendues à Roland-Garros

Maria Sakkari a eu raison de la tenante du titre, en quarts de finale.
Photo: Christophe Ena Associated Press Maria Sakkari a eu raison de la tenante du titre, en quarts de finale.

La tenante du titre Iga Swiatek, qui était sur une série de onze victoires et 22 sets remportés consécutivement à Roland-Garros, a été assommée mercredi en quarts de finale par la puissance de Maria Sakkari, laissant un dernier carré féminin bien inattendu.

Après avoir éliminé la dernière finaliste Sofia Kenin (5e mondiale) en 8es de finale, Sakkari (18e) a assommé la tenante du titre en quarts 6-4, 6-4 pour atteindre à 25 ans sa première demi-finale de Grand Chelem.

Swiatek (9e), qui avait survolé l’édition automnale 2020 sans perdre le moindre set, poursuivait jusque-là sur sa lancée. Elle n’avait toujours pas perdu la moindre manche pour arriver en quarts et le tableau s’étant délesté de ses autres têtes d’affiche, la Polonaise était plus que jamais favorite à sa propre succession.

Elle était la dernière joueuse du Top10 mondial encore en lice si bien qu’après son élimination, pour la première fois de l’ère Open (1968) il n’y a pas une seule des 10 premières têtes de série dans le dernier carré parisien.

Mais Sakkari avait un plan et, loin de céder à l’émotion, l’a appliqué à la lettre. Swiatek s’est bien fait poser un énorme bandage en haut de la cuisse droite, mais la gêne n’était pas évidente à percevoir.

« Je ne dirai pas quel était mon plan de jeu car je rejouerai contre elle et donc je ne veux pas divulguer mes secrets. Ce que je peux dire c’est qu’en entrant sur le court, je me suis dit que c’était un match très important mais qu’il fallait que j’en profite » , a expliqué la Grecque dont « le rêve devient réalité » mais qui en veut plus.

« La route est encore longue, mais nous avons fait un grand pas aujourd’hui » , a-t-elle déclaré.

Elle tentera jeudi de franchir un palier supplémentaire et d’atteindre la finale en affrontant Barbora Krejcikova (33e).

La Tchèque de 25 ans s’est elle aussi qualifiée pour sa première demie majeure en écartant la jeune Américaine Coco Gauff (25e) 7-6 (8 / 6), 6-3 sur sa sixième balle de match.

« Je ne réalise pas. Je suis arrivée ici après avoir gagné à Strasbourg, ce qui était très sympa, mais je n’avais jamais imaginé que je serais là aujourd’hui, sur ce court, surtout en simple » , a-t-elle reconnu.

Lauréate de Roland-Garros 2018 en double avec sa compatriote Katerina Siniakova, elle avait atteint samedi pour la deuxième année consécutive les 8es de finale en simple, ce qui restait à ce jour son meilleur résultat en Grand Chelem.

La demi-finale du bas du tableau, qui s’est dessinée lundi, est tout aussi surprenante puisqu’elle opposera également deux nouvelles venues à ce niveau en Majeur, Anna Pavlyuchenkova (32e) à Tamara Zidansek (85e).

Le tournoi a profité mercredi d’un assouplissement des règles sanitaires : la jauge du public a été nettement augmentée (jusqu’à 13 000 personnes en journée) et le couvre-feu ayant été repoussé de 21h00 à 23h00, le dernier match en nocturne de cette édition peut se jouer devant 5 000 spectateurs.

Cela faisait deux ans que l’on n’avait plus entendu un arbitre demander le silence sur le court Philippe-Chatrier. Celui qui officiait pour le quart Sakkari-Swiatek a été obligé de le faire alors que le public poussait la Polonaise en difficulté.

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