Encore un peu d'avenir chez les Expos

Frank Robinson
Photo: Frank Robinson

Houston— Les Expos n'ont peut-être plus d'avenir à Montréal et qui sait, si le baseball majeur ne leur trouve pas un domicile permanent au cours des prochains mois, ils passeront peut-être sous le couperet de la dissolution comme l'avait planifié le commissaire Bud Selig.

Mais cela ne signifie pas que l'organisation ne compte pas pour autant quelques joueurs d'avenir, des espoirs, des jeunes joueurs qui ont du potentiel.

Et finalement, c'est peut-être un coup de maître que le directeur général Omar Minaya a réalisé, le 5 janvier dernier, quand il a échangé le releveur gaucher Scott Stewart aux Indians de Cleveland.

Stewart n'est plus dans les ligues majeures et les deux jeunes joueurs qu'il a obtenus en retour sont vite devenus les deux meilleurs éléments de toute l'organisation des Expos.

On parle ici du joueur d'arrêt-court Maicer Izturis, un Vénézuélien de 23 ans, et du voltigeur Ryan Church, tous deux des Trappers d'Edmonton. Ils viennent tous deux d'être honorés par la revue Baseball America qui a décidé qu'Izturis était le meilleur espoir défensif de la Ligue de la Côte du Pacifique alors que Church était le meilleur espoir offensif de la ligue de calibre AAA.

Izturis n'est pas vilain frappeur non plus et présente une moyenne de .356. Quant à Church, un gaucher qui frappe à un rythme de .345, il a claqué 15 circuits et produit 66 points.

Frank Robinson n'aimerait rien de mieux que de voir ces deux jeunes joueurs à l'oeuvre en septembre quand on pourra gonfler les effectifs à 40 joueurs.

Il aimerait d'abord pouvoir mieux les évaluer et aussi leur donner la chance de s'acclimater aux grandes ligues, privilège que Selig et compagnie ont refusé à Terrmel Sledge, par exemple, l'an dernier pour des considérations purement monétaires.

«Qui a dit que nous avions la pire organisation de tout le baseball? a demandé Robinson. Nous avons de véritables espoirs à bien des positions. Ce serait certainement bien pour ces deux jeunes s'ils pouvaient être ici avec nous.»

Mais il ne faudrait peut-être pas que Robinson se mette à trop rêver. Si un jeune joueur gradue en septembre, il faut lui verser le salaire minimum. Au pro rata d'un sixième de la saison, on parle d'une somme de 50 000 $ pour chaque joueur. Et dans le cas de Izturis, il y a un problème technique qui s'ajoute aux difficultés. Son nom n'apparaît pas sur la formation des 40 joueurs. Pour le faire graduer, il faudrait que son nom soit ajouté à cette liste et qu'un autre disparaisse.

«Je ne sais pas si ces deux joueurs sont véritablement l'avenir de l'équipe, a dit Robinson, mais ils font certes partie des plans. Ce serait très bon pour leur développement de les voir ici.»

«Nous ne voulions pas rappeler ni l'un ni l'autre en cours de saison parce que nous voulions qu'ils connaissent le plus de succès possible dans la classe AAA sans se soucier de rien d'autre.»

Il est sans doute souhaitable pour ces deux jeunes de venir se frotter aux joueurs des ligues majeures en fin de saison. Cela aurait sans doute fait le plus grand bien à Sledge. «Sledge n'aurait sans doute pas connu une période aussi difficile en début de saison (1 en 35) s'il avait pu faire ses débuts en septembre dernier.»

«Mais je lève mon chapeau au jeune homme. Il n'a jamais cessé de travailler et il s'en est sorti. À cause des circonstances, il a été obligé de jouer à tous les jours et tout était nouveau pour lui.»

Ce serait normal, logique et sensé de voir Izturis et Church à Montréal en septembre. Mais tant et aussi longtemps que Bud Selig est celui qui a le dernier mot, on peut croire que ce n'est pas encore dans le sac.