Avec un K.-O. expéditif, David Lemieux lance un message clair

David Lemieux est deuxième aspirant au World Boxing Council ; quatrième à la World Boxing Association ; et troisième à la World Boxing Organization.
Photo: La Presse canadienne/Virginie Assaly Eye of the Tiger Management David Lemieux est deuxième aspirant au World Boxing Council ; quatrième à la World Boxing Association ; et troisième à la World Boxing Organization.

David Lemieux a déclaré cette semaine qu’il souhaitait envoyer un message à la division des super-moyens. De passer le K.-O. à David Zegarra au deuxième round de leur combat prévu pour 10 au Holiday Inn de Cuernavaca devrait attirer l’attention.

« J’étais un peu surexcité en voulant lancer ce message, a admis Lemieux, qui a été vertement sermonné par son entraîneur, Marc Ramsay, entre les deux rounds. Je voulais donner un bon "show" pour les partisans, pour les spectateurs. C’est certain que cette excitation peut te jouer des tours. J’aurais aimé mieux faire, mais c’est tout de même un bon combat.

« J’ai voulu passer le K.-O. trop rapidement, ajoutera-t-il plus tard. Je voulais peut-être en donner trop aux partisans. Parfois, ça fait que je néglige un peu ma défense et ma structure. […] Ça fait que Marc me crie après ! »

Lemieux (43-4, 36 K.-O.) a envoyé Zegarra (34-5, 21 K.-O.) une première fois au tapis dès le premier round sur un puissant crochet de gauche. Le Péruvien s’est relevé, mais n’a pas mieux fait par la suite. Le Lavallois a sonné Zegarra une deuxième fois avant la fin de l’assaut, mais l’arbitre a jugé qu’il avait glissé. Soit.

Au deuxième, Lemieux a repris là où il avait laissé. Un nouveau crochet de gauche a envoyé le Péruvien au tapis une nouvelle fois. Il ne s’en remettra jamais totalement.

Zegarra s’est bien relevé, mais il n’était plus dans le coup. Les jambes flageolantes, il a esquivé quelques coups en puissance de Lemieux, mais l’arbitre s’est interposé avant que Zegarra ne retourne sur le canevas.

Lemieux, deuxième aspirant au World Boxing Council (WBC) ; quatrième à la World Boxing Association (WBA) ; et troisième à la World Boxing Organization (WBO), se devait de connaître cette sortie sans équivoque à son troisième combat à 168 livres, après une victoire en demi-teintes contre Maksym Bursak et une autre sans gloire contre Francy Ntetu, clairement pas du même calibre.

L’ex-champion du monde de l’International Boxing Federation (IBF) des poids moyens a réussi son pari. Reste à voir ce qui l’attend à sa prochaine sortie.

En demi-finale, l’association entre Simon Kean (20-1, 19 K.-O.) et son nouvel entraîneur, Vincent Auclair, s’est amorcée sur les chapeaux de roues.

À son premier combat en 15 mois, Kean a été impressionnant face à l’Américain Donald Haynesworth (16-6-1, 14 K.-O.), remportant aisément les quatre premiers rounds à l’aide d’un jab incisif et de bonnes mains arrière.

« On a suivi le plan de match, a analysé Kean. J’étais moins hargneux qu’à l’habitude, plus concentré, et la défensive était au point. Il restera à varier mon offensive. […] C’est moins spectaculaire, mais à travailler comme ça, je pourrai gagner de grands combats. »

Le combat s’est par contre terminé en queue de poisson, quand Haynesworth a décidé de ne pas revenir au centre du ring lorsqu’a retenti la cloche du cinquième assaut. Généreux, l’arbitre lui a même donné un compte de huit — du jamais vu ! —, mais Haynesworth n’a pas bougé d’un iota.

On a plus tard appris qu’Haynesworth ne voyait plus ou voyait mal de son œil gauche, sûrement le résultat d’un crochet de la droite de Kean, qui a montré une précision qu’on ne lui connaissait pas dans ce combat.

Ce qu’il faut retenir cependant, c’est la synergie entre Kean et Auclair. Le premier a très bien réagi aux conseils du second. Ça promet pour la suite des choses.

Bazinyan expéditif

Erik Bazinyan (26-0, 20 K.-O.) a poursuivi sa lancée chez les super-moyens en inscrivant un 20e K.-O. en carrière face à l’Américain Scott Sigmon (35-15-1, 18 K.-O.), défendant du même coup avec succès son titre de la North American Boxing Association (NABA), en plus de mettre la main sur la ceinture vacante de la North American Boxing Federation (NABF).

Sigmon n’a jamais été dans le coup. Dès le premier round, Bazinyan a installé son jab avec autorité, ce qui lui a permis de placer plusieurs mains arrière en puissance.

Ce sont d’ailleurs deux crochets de droite consécutifs qui ont été responsables de la première chute au tapis de Sigmon au premier assaut. Le Québécois d’origine arménienne, sixième aspirant au titre de la WBO, a continué à s’acharner au round suivant.

Il a de nouveau travaillé son adversaire avec le jab, avant de placer quelques coups en puissance vers le milieu du round. Une solide droite au menton a envoyé tituber Sigmon, qui a défié toutes les lois existantes de la physique pour demeurer sur ses pieds, mais l’arbitre a stoppé les hostilités avant que le vétéran de 34 ans ne se fasse blesser sérieusement.

En lever de rideau, la super-coq Martine Vallières-Bisson (3-0, 1 K.-O.) a inscrit son premier K.-O. en carrière en ne faisant qu’une bouchée de la Mexicaine Maricruz Gomez Soto (0-3-2).

L’arbitre a demandé à ce que Gomez Soto voie le médecin dès le premier round, alors que les coups de Vallières-Bisson l’avaient coupée au-dessus de l’œil gauche et qu’elle saignait abondamment du nez. Le médecin n’a pas mis de temps à indiquer à l’officiel qu’il valait mieux stopper le combat, ce qu’il a fait.

Officiellement, Vallières-Bisson l’emporte par K.-O. technique au premier round d’un combat prévu pour six.

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