Expos de Montréal - L'énigme Vidro

St-Louis — Quand Jose Vidro s'est pointé pour la première fois à un camp d'entraînement des Expos, c'était en 1996. Il était alors un tout jeune homme, un jeune joueur hispanophone comme il y a en tant d'autres.

Mais Felipe Alou avait alors avisé les journalistes de bien surveiller le jeune homme. «Ce gars-là n'a pas encore trouvé sa véritable position sur le terrain, avait dit Alou. Mais il possède un coup de bâton des ligues majeures. On lui trouvera une place et il sera dans les grandes ligues pour longtemps.»

Si Alou voyait Vidro à l'oeuvre quotidiennement cette saison, il ne le reconnaîtrait pas et il aurait exactement les mêmes réactions que Frank Robinson, pour qui Vidro demeure une énigme.

Avant le match d'hier, Vidro ne présentait qu'une moyenne de ,284 et il se retrouvait encore sur la pente descendante, lui qui présentait avant le début de la saison une moyenne globale de ,304 dans les ligues majeures.

Quand on demande à Vidro ce qui ne va pas, il nous assure que tout va bien. Même quand il a dû s'absenter pendant quelque temps à cause d'une blessure au genou droit, il nous assurait que ce n'était rien de grave. On aurait pu croire que les négociations en vue du renouvellement de son contrat l'inquiétaient, mais il a obtenu depuis quelques mois déjà un pacte qui assure son avenir et celui de ses enfants. Pourtant, il ne produit pas plus.

«Vidro est un homme très intime, fermé un peu sur lui-même et il est difficile de lui soutirer des informations, a dit Robinson. Il m'assure aussi que tout va bien. Mais je le connais bien. Je sais qu'il n'est pas le genre à faire semblant de travailler. Je sais qu'il est un véritable professionnel et c'est pourquoi je m'inquiétais dès le camp d'entraînement.»

«Il y a des gars qui n'en font pas plus qu'il ne le faut au camp. Ce n'est pas le genre de Vidro. Je me doutais bien que quelque chose n'allait pas.»

Vidro se retrouve seul de son camp parmi les «anciens» de l'équipe. Il a vu partir plusieurs bons copains avec qui il a grandi dans l'organisation. Cela l'affecte peut-être.

«Chose certaine, il ne frappe pas la balle avec l'aplomb qu'on lui connaît. Je ne pense pas qu'il tente de trop en faire, qu'il tente à outrance de frapper la longue balle. Mais je ne vois pas non plus les bons élans qu'on lui connaissait. Et je vois bien dans sa figure que cela l'affecte, qu'il a l'impression qu'il n'en fait pas suffisamment et qu'il croit avoir laissé tomber l'équipe.»

Certains croient que Vidro cache une blessure sérieuse. On le verra bien à la fin de la saison. C'est alors qu'il pourrait demander à subir une opération.