Reportage de la BBC - Acheter les JO 2012 est possible... mais coûteux

Londres — Acheter les Jeux olympiques 2012 est possible, selon un reportage de la BBC devant être diffusé aujourd'hui et affirmant que des soi-disants «agents» promettent, moyennant finances, les voix de dizaines de membres du Comité international olympique (CIO) pour les villes candidates.

Certains journaux britanniques ayant révélé des bribes de ce reportage depuis une semaine, l'ensemble de la presse, dont l'AFP, a pu obtenir hier une transcription écrite de cette émission, diffusée ce soir dans le cadre de l'émission Panorama, à la télévision de la BBC .

Le reportage montre comment une équipe de reporteurs de la BBC, opérant avec une caméra cachée, a réussi à entrer en contact avec une série d'agents affirmant avoir des liens étroits avec le mouvement olympique et se déclarant capables, à eux tous, d'«acheter» le vote de 54 des 124 membres du CIO.

Les journalistes de Panorama, un programme d'investigation de BBC1, s'étaient présentés comme appartenant à une organisation, baptisée New London Ventures, supposée représenter les intérêts d'hommes affaires britanniques désireux de voir les JO-2012 organisés à Londres, une des cinq villes candidates, avec Paris, Madrid, New York et Moscou.

Goran Takac, un agent basé à Belgrade, leur a ainsi promis jusqu'à 20 votes en faveur de Londres, en échange de versements de plusieurs millions d'euros.

«Tout est une question d'argent, point final, a déclaré cet homme aux journalistes de la BBC. De l'argent en liquide, bien sûr.»

Un autre homme, Gabor Komyathy, basé à Budapest, a promis de son côté 20 voix, moyennant 200 000 euros (340 000 S CAN) chacune.

Un troisième agent a enfin avancé 14 voix, lui aussi moyennant paiement.

Les journalistes de Panorama, qui se sont toujours clairement présentés comme indépendants de la candidature officielle de la ville de Londres, ont également rencontré un membre du CIO, Ivan Slavkov, président du Comité olympique bulgare.

Celui-ci a reconnu que des votes pouvaient être achetés. Interrogé sur la façon dont ses collègues du CIO pourraient «comprendre l'intérêt» d'une certaine candidature, M. Slavkov a expliqué que cela dépendait des personnes.

«Certains sont des hommes d'affaires et sont intéressés. Oui, ils veulent des faveurs», a-t-il expliqué, soulignant que d'autres membres du CIO, à l'inverse, «croient d'abord au sport».

Hier à Sofia, M. Slavkov a nié avoir accepté un pot-de-vin pour soutenir la candidature de Londres lors d'une conférence de presse. «Je n'ai promis à personne de soutenir la candidature de Londres», a-t-il dit tout en ne niant pas avoir rencontré des journalistes de la BBC.