L’Euro, un constant moteur de changement pour le soccer international

Le coup d’envoi de l’Euro 2020 sera donné le 11 juin avec 24 équipes s’affrontant un peu partout à travers le continent, de Glasgow à Saint-Pétersbourg en passant par Munich.
Photo: Olga Maltseva Agence France-Presse

Le coup d’envoi de l’Euro 2020 sera donné le 11 juin avec 24 équipes s’affrontant un peu partout à travers le continent, de Glasgow à Saint-Pétersbourg en passant par Munich.

Dans une ère de réflexion radicale sur la manière et le lieu où le soccer international doit se jouer, l’Euro a contribué à faire du changement perpétuel, la norme.

Le coup d’envoi de l’Euro 2020 sera donné le 11 juin avec 24 équipes s’affrontant un peu partout à travers le continent, de Glasgow à Saint-Pétersbourg en passant par Munich.

Il s’agit d’une idée non moins saugrenue aujourd’hui que lorsqu’elle a été avancée il y a neuf ans par l’ancien président de l’Union des associations européennes de football (UEFA), Michel Platini.

Ce tournoi succède à celui de 2016, qui accueillait pour la première fois 24 équipes, plutôt que 16. La formule de 16 équipes était considérée par plusieurs comme étant la plus équilibrée et la plus compétitive.

Si l’on avait alors ouvert la porte à plus de formations, l’UEFA avait tout de même conservé les groupes de quatre équipes. Ce format constitue la base des tournois internationaux de soccer masculin depuis la Coupe du monde de 1958.

Toutefois, ces fameux quatuors sont appelés à disparaître après la prochaine Coupe du monde de la FIFA en 2022 au Qatar. En vue du tournoi de 2026, en Amérique du Nord, la FIFA veut adopter un format de 16 groupes de trois équipes. À la suite de deux parties préliminaires, les 32 meilleures formations accéderaient à un tableau éliminatoire.

De son côté, malgré le changement perpétuel, l’Euro 2024 misera sur un tournoi plutôt traditionnel, à faible risque, et assez familier pour les joueurs et les partisans.

L’Allemagne sera le seul pays hôte en organisant des matchs dans dix stades, dont neuf déjà utilisés lors de la Coupe du monde 2006. Ce tournoi avait été particulièrement apprécié des partisans qui pouvaient facilement se rendre aux stades par train plutôt que par avion.

Mais à quoi pourrait ressembler l’Euro 2028 lorsque l’UEFA aura toute la liberté d’expérimenter à nouveau ?

Son président, Aleksander Ceferin, a déjà annoncé que la formule de plusieurs pays hôtes sera unique à 2020. Une décision qu’il avait hérité de Platini, son prédécesseur.

Dans un communiqué, l’UEFA a indiqué que les détails concernant l’appel de candidatures pour l’organisation de l’Euro 2028 seraient publiés plus tard cette année. Le choix du pays hôte est habituellement arrêté par le comité de direction six ans avant la tenue du tournoi.

De nombreux États pourraient démontrer de l’intérêt. Parmi les pays capables d’organiser l’événement sans investissements majeurs, on trouve la Russie, le Royaume-Uni ou l’Espagne.

De leur côté, l’Italie et la Turquie pourraient voir l’Euro 2028 comme une opportunité d’investir dans leurs stades.

Un choix lucratif

La transformation de l’Euro pour passer de 16 à 24 équipes était liée à une promesse formulée par Michel Platini dans sa campagne en vue d’accéder à la présidence de l’UEFA.

Cette décision entraînait du même coup l’ajout de 20 parties et d’une ronde éliminatoire supplémentaire, ce qui a fait bondir les revenus de l’Euro 2016 de 40 %, pour atteindre 1,93 milliard d’euros (2,85 milliards $ CAN). L’UEFA a investi cet argent dans les fédérations sportives de ses pays membres.

Si le Qatar s’apprête à démontrer qu’il est possible d’organiser un tournoi à 32 équipes avec seulement huit stades, il n’est pas question pour l’Euro d’atteindre un tel nombre de participants.

En accueillant 32 équipes sur 55 pays membres, la formule viendrait diluer la valeur de l’étape des groupes. Ce qui aurait aussi un impact sur la valeur des droits de diffusion et sur l’intérêt des partisans alors que cette portion du tournoi manque déjà souvent de véritable enjeu.

Avec sa formule à 24 équipes, l’Euro 2020 a tout de même trouvé le moyen de créer un « groupe de la mort » de haut calibre, alors que l’un des six groupes rassemble le Portugal, champion en titre, ainsi que les deux plus récents champions de la Coupe du monde, la France et l’Allemagne.

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