La pandémie pose des défis financiers et logistiques pour l'EURO 2020

Le risque d’infections au coronavirus augmente avec le nombre de déplacements des 24 équipes, et ajoute à la charge de travail des joueurs après une saison très chargée en raison de la pandémie.
Photo: Joe Klamar Agence France-Presse Le risque d’infections au coronavirus augmente avec le nombre de déplacements des 24 équipes, et ajoute à la charge de travail des joueurs après une saison très chargée en raison de la pandémie.

Un tournoi destiné à être la célébration du football européen reflétera au contraire bon nombre des incertitudes qui ont assailli le sport pendant la pandémie de coronavirus.

Le simple fait de tenir le Championnat d’Europe un an plus tard que prévu — avec des équipes se déplaçant à travers l’Europe pour jouer des matchs — sera un triomphe sur un continent qui tente de venir à bout des nouveaux variants du coronavirus.

Le président de l’UEFA, Aleksander Ceferin, a hérité d’un plan complexe de Michel Platini sur lequel il a longtemps émis des réserves, avant même que la pandémie de coronavirus n’ajoute aux complexités logistiques.

« C’est une situation assez difficile, un format difficile en soi, et avec la COVID, c’est encore plus difficile, a reconnu Ceferin à l’Associated Press. Ce n’est donc pas facile, mais maintenant ça a l’air bien et je ne peux pas imaginer que cette crise sera pire. »

Le risque d’infections au coronavirus augmente avec le nombre de déplacements des 24 équipes, et ajoute à la charge de travail des joueurs après une saison très chargée en raison de la pandémie.

« En fait, cela rend les choses plus difficiles, car vous avez plus de déplacements, moins de récupération, etc., a déclaré Jonas Baer-Hoffmann, le secrétaire général du syndicat mondial des joueurs FIFPRO. Nous avons vu que les voyages sont un facteur de risque substantiel, peu importe les protocoles COVID mis en place par les sports professionnels. »

Au moins, le nombre d’associations membres de l’UEFA organisant des matchs a été réduit de 13 à 11 après le retrait de la Belgique avant la pandémie et Dublin a perdu ses matchs plus récemment parce que l’Irlande n’est pas en mesure de garantir la présence de spectateurs.

Le tournoi qui débute le 11 juin devrait aussi être la première occasion pour le retour généralisé des spectateurs dans les stades à travers l’Europe depuis mars 2020, à condition que de nouvelles restrictions ne soient pas imposées. Mais tous les supporters ne pourront pas se rendre aux matchs, ce qui aura un impact sur l’atmosphère et les sources de revenus de l’UEFA.

L’Ukraine, par exemple, jouera ses matchs de groupe à Amsterdam et à Bucarest avec des supporters de ces pays présents.

« C’est une très triste nouvelle, mais c’est la réalité, a mentionné le gardien ukrainien Andriy Pyatov. Nous devrions être plus forts qu’avant et jouer pour nos partisans. Ils ont éliminé notre “12e homme” aux Pays-Bas. Nous devons leur montrer à quel point nous sommes forts. »

Les conditions de voyage pourraient toutefois changer en milieu de tournoi.

Jouer le tournoi reporté est essentiel pour la trésorerie de l’UEFA, avec environ deux milliards d’euros (2,95 milliards $ CAN) de revenus en jeu après avoir déjà encouru des coûts de 300 millions d’euros (443 millions $ CAN) en raison du retard. Le conseil d’administration a également débloqué plus de 235 millions d’euros (347 millions $ CAN) pour aider ses 55 associations membres à faire face à la pandémie.

Dans un plan logistique qui a posé tant de défis, choisir Londres pour l’apogée semble fortuit, car la Grande-Bretagne a livré le déploiement de vaccins le plus rapide d’Europe. Il y a toujours un espoir qu’au moment où les demi-finales et la finale seront jouées au stade de Wembley, les 90 000 sièges pourront être occupés, aidant un sport où des milliards ont été perdus dans la foulée de la pandémie.

« L’ensemble de l’écosystème du football, aux niveaux professionnel, amateur et jeunesse, a été fortement perturbé par la pandémie », a écrit Ceferin dans un récent rapport de l’UEFA évaluant l’état des finances du football européen.

« Cela nécessite des efforts concertés et une réponse coordonnée tout au long de la pyramide du football. La solidarité, et non l’intérêt personnel, doit prévaloir et l’emportera. »

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