Max Mosley, personnage incontournable mais controversé

Le Britannique a dominé la scène du sport automobile mondial pendant un quart de siècle, accomplissant trois mandats à la tête de la puissante Fédération internationale automobile.
Photo: Carl Court Agence France-Presse Le Britannique a dominé la scène du sport automobile mondial pendant un quart de siècle, accomplissant trois mandats à la tête de la puissante Fédération internationale automobile.

Max Mosley, ancien président de la Fédération internationale automobile (FIA) de 1993 à 2009 et figure controversée du sport mondial, est mort à l’âge de 81 ans, a annoncé lundi l’ancien patron de la Formule 1 Bernie Ecclestone.

Le Britannique a dominé la scène du sport automobile mondial pendant un quart de siècle, accomplissant trois mandats à la tête de la puissante FIA. Il était atteint d’un cancer.

« Nous étions comme des frères. Il pouvait être une personne difficile à comprendre, mais nous nous comprenions », a expliqué à l’AFP Ecclestone, saluant ce qu’il avait apporté au sport automobile.

« Profondément attristé par le décès de Max Mosley, une figure majeure de la F1 et du sport automobile. En tant que président de la FIA pendant 16 ans, il a fortement contribué à renforcer la sécurité sur piste et sur route », a déclaré pour sa part le Français Jean Todt, successeur de Mosley à la tête de la FIA.

Plusieurs épisodes sulfureux ont jalonné l’existence de cet avocat, né à Londres le 13 avril 1940, à quelques semaines de la bataille d’Angleterre.

Max Mosley était le fils d’Oswald Mosley, fondateur dans les années 1930 du parti British Union of Fascists, remarié en Allemagne en présence d’Adolf Hitler et de Joseph Goebbels, interné en 1940 au premier rang des sympathisants de l’Allemagne nazie du Royaume-Uni.

Après des études de physique puis de droit à Oxford, Max Mosley était devenu avocat spécialiste des questions de brevets et de marques.

« Orgie nazie »

Il avait très tôt développé un goût pour la course automobile, qui l’avait mené en Formule 2 au sein des écuries Brabham et Lotus, jusqu’à sa retraite comme pilote en 1969.

Il avait ensuite été cofondateur et dirigeant de l’écurie March (1969-1977) avant d’occuper diverses fonctions au sommet du sport automobile mondial, dont trois mandats comme président de la FIA.

Il vécut notamment, à ce poste, la mort en course du Brésilien Ayrton Senna, lors du Grand Prix de Saint-Marin en 1994, qui entraîna une refonte des politiques de sécurité autour des circuits.

Max Mosley a cédé les commandes de la FIA à Jean Todt en 2009, après avoir été au centre du scandale dit de « l’orgie nazie », après la diffusion de photos et vidéo d’une séance de sado-masochisme où il apparaissait en compagnie de cinq jeunes prostituées s’exprimant en allemand. Certaines étaient en tenue rayée de prisonnier, d’autres en uniforme, notamment celui de la Luftwaffe.

En juillet 2008, il avait obtenu plus de 76 000 euros (112 000 dollars canadiens) de dommages et intérêts de l’hebdomadaire dominical News of the World, à l’origine de cette révélation.

La justice britannique avait estimé que la scène d’ébats sado-masochistes, diffusées par le journal sur son site, ne présentait pas de caractère « nazi » et que l’enregistrement de la vidéo n’était pas justifié par le droit du public à l’information.

Le monde de la F1 est en deuil : les organisateurs du Championnat du monde de l’épreuve reine automobile se disent « attristés d’apprendre que l’ancien président de la FIA n’est plus », évoquant « une grande figure de la transformation de la Formule 1 ».

« Nous sommes attristés d’apprendre le décès de l’ancien président de la FIA, Max Mosley. Nous présentons nos condoléances à sa famille et à ses amis en ces moments difficiles », écrit sur Twitter l’écurie Williams.

« Nos pensées vont à la famille de Max et ses amis », déclare pour sa part l’équipe Haas toujours sur Twitter.

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