Commotion cérébrale: John Tavares devra prendre le temps de guérir

John Tavares est resté étendu un long moment sur la glace pendant que les soigneurs et les médecins des deux équipes s’affairaient autour de lui.
Photo: Frank Gunn La Presse canadienne John Tavares est resté étendu un long moment sur la glace pendant que les soigneurs et les médecins des deux équipes s’affairaient autour de lui.

John Tavares a obtenu son congé de l’hôpital. Le capitaine des Maple Leafs de Toronto a été atteint à la tête par le genou de Corey Perry en plein milieu de la première période du match de jeudi opposant son équipe au Canadien. On avait d’abord craint le pire.

Quoi qu’il en soit, il devra prendre tout le temps nécessaire pour guérir : le cerveau des athlètes est tout aussi fragile que celui de n’importe qui d’autre, prévient le Dr Patrick Archambault, chercheur clinicien à l’axe de recherche en médecine d’urgence du Centre de recherche de l’Hôtel-Dieu de Lévis.

« Si on saute les étapes et qu’on veut retourner au jeu trop rapidement, il y a un danger de récidive de commotion cérébrale, il y a un risque d’autres blessures, et ça retarde le retour au jeu de façon plus durable », résume-t-il.

Quelques minutes après le début du match, jeudi soir, Tavares a été mis en échec par Ben Chiarot, du Canadien de Montréal, et est tombé directement devant Corey Perry, aussi du Canadien, qui arrivait à pleine vapeur en sens inverse. L’impact a été tout aussi violent qu’inévitable, et Perry a frappé Tavares en plein visage avec son genou.

Le joueur des Maple Leafs est resté étendu un long moment sur la glace pendant que les soigneurs et les médecins des deux équipes s’affairaient autour de lui. Il a éventuellement été évacué vers l’hôpital sur une civière.

Le club torontois a annoncé vendredi qu’il a obtenu son congé, qu’il se repose chez lui et qu’il sera absent pour une période indéterminée.

« Le plus dur, c’est qu’il y a eu une projection dans un sens par une première mise en échec, puis l’autre joueur qui était en train d’accélérer en même temps, a analysé le Dr Archambault. La combinaison accélération-décélération est le gros facteur de risque pour les commotions cérébrales. »

On pourrait avoir l’impression que de jeunes athlètes professionnels dans la force de l’âge se remettront de leurs blessures plus rapidement que la population générale. En janvier, par exemple, le quart-arrière des Chiefs de Kansas City, Patrick Mahomes, a dû quitter le match après avoir subi une violente commotion cérébrale face aux Browns de Cleveland. Ses coéquipiers ont dû l’aider à se tenir debout pour quitter le terrain tant il était ébranlé. Il était pourtant de retour à son poste une dizaine de jours plus tard, contre les Bills de Buffalo.

Ce n’est toutefois pas nécessairement le cas, a souligné le Dr Archambault. « C’est important de rappeler que le cerveau est tout aussi fragile chez les athlètes que chez la population en général et il est important de suivre les étapes de retour au jeu », a-t-il dit.

Heureusement, poursuit-il, la culture est en train de changer dans le sport, et surtout dans les sports où les contacts physiques sont inévitables, et on saisit de plus en plus l’importance et la gravité potentielle des commotions cérébrales, même s’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir.

La science est pourtant claire quant à l’importance de laisser au cerveau tout le temps dont il a besoin pour guérir.

« Malheureusement, pour les commotions cérébrales, il n’y a pas en ce moment de traitement miracle qui permet de guérir le cerveau, a-t-il dit en conclusion. Les commotions, de façon cumulative, amènent des séquelles à long terme. On ferait mieux de prévenir les commotions en changeant les règlements que de vouloir les guérir. »

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