Les Alouettes font le plein de Québécois 

Des joueurs des Alouettes manifestent leur joie après un touché, lors d’une partie en novembre 2019.
Justin Tang La Presse canadienne Des joueurs des Alouettes manifestent leur joie après un touché, lors d’une partie en novembre 2019.

Des cinq joueurs repêchés mardi par les Alouettes de Montréal, quatre viennent du Québec. Le directeur général, Danny Maciocia, en a ajouté deux autres mercredi. Pour lui, c’est une question de fierté.

« À talent égal, je vais préférer un joueur venant du Québec à un d’une autre province, a indiqué Maciocia en visioconférence. Ce n’est même pas une question de marketing. Je crois que, comme le directeur général qui vient de cette province, un jeune de la province de Québec sera fier de porter cet uniforme. »

« Quand je me lève le matin, c’est plus qu’un travail pour moi. J’espère que, pour les jeunes Québécois que nous avons repêchés, ce sera plus qu’un job », a-t-il ajouté. À ses yeux, cette fierté manquait à l’organisation.

« Ça ne donne rien de critiquer ce qui s’est fait au cours des dernières années, mais quand je dirigeais [les Carabins] à l’Université de Montréal, je voyais des dépisteurs d’Ottawa, de Toronto, de l’ouest du pays. Les appels que je recevais au bureau provenaient de dépisteurs d’ailleurs [que chez les Alouettes]. Je trouvais qu’il n’y avait pas assez d’attention portée aux joueurs locaux. C’était un sentiment partagé par les autres équipes [du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ)]  », a fait valoir Maciocia.

« Quand tu regardes les résultats sur le terrain et le nombre de joueurs capables de gagner leur vie au prochain niveau, le nombre qui vient du RSEQ, la question que tout le monde se pose c’est : pourquoi on ne peut pas garder ces effectifs chez nous ? Quand j’ai pris le poste, un de mes objectifs était de gagner avec de bons joueurs de football qui ont joué au Québec. Même du côté des entraîneurs : on regarde Mickey Donovan, André Bolduc, Luc Brodeur-Jourdain, ils ont tous fait partie du RSEQ. Pourquoi on a besoin d’engager des entraîneurs de l’Ouest ou au sud de la frontière quand on a des entraîneurs capables de “coacher” à ce niveau et d’avoir du succès ? »

À talent égal, je vais préférer un joueur venant du Québec à un d’une autre province

 

Ainsi, les Alouettes ont sélectionné mardi le joueur de ligne offensive Pier-Olivier Lestage avec leur premier choix, survenu au deuxième tour. Le club de football montréalais a également repêché le joueur de ligne à l’attaque Patrick Davis, le botteur David Côté, ainsi que le secondeur Ethan Makonzo.

Mercredi, les Alouettes ont ajouté le secondeur Kean Harelimana ainsi que le receveur Mathieu Robitaille, alors que les neuf équipes du circuit Ambrosie pouvaient ajouter deux joueurs qui ne seront pas comptabilisés dans la formation pour le camp d’entraînement.

Seul le joueur de ligne à l’attaque Chris Fournier, d’Orléans en Ontario, choisi au troisième tour du repêchage, ne vient pas de la Belle Province.

Lestage, projet à long terme

Comme il l’avait fait en repêchant Marc-Antoine Dequoy avec sa première sélection en 2020, Danny Maciocia a couru sa chance en arrêtant son choix sur Pier-Olivier Lestage avec la 10e sélection au total.

L’ex-porte-couleurs des Carabins a signé un contrat avec les Seahawks de Seattle à la suite du repêchage de la NFL, le week-end dernier. Il s’envolera pour l’État de Washington le 12 mai et tentera de se tailler une place au sein de la formation du club de la NFL.

Maciocia ne s’attend d’ailleurs pas à le voir dans l’uniforme des Alouettes pour un certain temps. « Je crois que P.-O. sera à Seattle cette saison, dans le pire des scénarios au sein de leur formation d’entraînement, a noté le directeur général. Le connaissant, je suis certain qu’il va tout faire pour percer la formation cette saison. Il sera au moins au camp en 2022 aussi, et c’est là que ce sera réellement important pour lui de tout faire afin de demeurer avec cette organisation. Je pense qu’au minimum, on ne pourra pas compter sur lui avant deux ans. Mais il mérite qu’on prenne ce risque. »

Un peu comme il l’avait fait avec le bloqueur Carter O’Donnell au troisième tour du repêchage de 2020. O’Donnell s’aligne maintenant avec les Colts d’Indianapolis, mais Maciocia n’est pas près de perdre patience avec lui. « Imaginez si, dans quelques années, nous avions Lestage et O’Donnell au sein de notre ligne à l’attaque », a-t-il laissé miroiter.

Son coup de dés avec Dequoy a payé des dividendes plus rapidement : après avoir été libéré par les Packers de Green Bay, l’an dernier, le demi-défensif a signé un contrat de trois ans avec les Alouettes en janvier dernier.

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