La pandémie a une fois de plus raison du Grand Prix de F1 du Canada

L’Allemand Sebastian Vettel a remporté le Grand Prix du Canada en 2018, au volant d’une Ferrari.
Photo: Mark Thompson Getty Images Agence France-Presse L’Allemand Sebastian Vettel a remporté le Grand Prix du Canada en 2018, au volant d’une Ferrari.

Le silence remplacera le bourdonnement des voitures de Formule 1 sur l’île Notre-Dame, à Montréal, encore une fois cet été. Pour une deuxième année de suite, le Grand Prix du Canada a été annulé en raison de la pandémie de COVID-19.

« Considérant la situation épidémiologique et les préoccupations exprimées par les différentes [directions de] santé publique, de Montréal, du Québec et du fédéral, notre gouvernement a pris la décision qui s’imposait », a déclaré le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon en visioconférence mercredi.

Pas plus tard que la semaine dernière, le premier ministre François Legault avait déclaré en conférence de presse : « Je ne vois pas pourquoi on a besoin de ça [le Grand Prix] cette année. »

Les autorités de la Santé publique avaient la tâche de déterminer s’il était sage de tenir l’événement dans le contexte des restrictions sanitaires actuelles. Après s’être échangé la balle pendant plusieurs jours, voire des semaines, la Direction régionale de santé publique de Montréal s’était prononcée contre l’idée de présenter la course cet été.

Même s’il avait été présenté à huis clos, le Grand Prix aurait nécessité des mesures dérogatoires pour contourner les règles sanitaires en vigueur pour les voyageurs qui entrent au pays. Ainsi, des centaines de membres des équipes et de la F1 n’auraient pas eu le temps de se soumettre à la quarantaine obligatoire, puisque le championnat tient une course le week-end précédent à Bakou, en Azerbaïdjan.

Cette entente-là, avec Montréal, a encore beaucoup de sens. Et d’un point de vue économique, elle est beaucoup moins dispendieuse que la majorité des Grands Prix inscrits au championnat du monde

 

« Je comprends la nouvelle, et je l’accepte, mais vous comprendrez que j’ai encore des sentiments partagés, a commenté mercredi le promoteur du Grand Prix du Canada, François Dumontier. Je suis déçu de l’annulation pour mon équipe, pour les nombreux bénévoles et tous les intervenants qui en font le succès. » L’homme d’affaires n’a pas précisé les conséquences pour son entreprise, Octane Management.

Une entente prolongée

François Dumontier s’est cependant réjoui que ses partenaires et lui soient parvenus à remodeler l’entente avec la F1, qui était valide jusqu’en 2029. Ainsi, après d’intenses négociations, les courses de 2020 et 2021, qui ont été annulées à cause de la pandémie, seront reportées à la fin du pacte, soit à 2030 et 2031. Celles-ci coûteront respectivement 25 et 26 millions de dollars aux partenaires impliqués dans cette entente.

Même s’il s’agit d’une hausse considérable par rapport aux 19 millions qui devaient être versés à la F1 pour l’épreuve en 2021, Fitzgibbon a assuré que la nouvelle entente sera bénéfique pour le Québec. « Les retombées totales sont de l’ordre des 100 millions, et celles fiscales pour le gouvernement du Québec sont d’environ 10 millions aujourd’hui, donc c’est une transaction financière qui a du sens pour le Québec, pour créer de la richesse. »

« Cette entente-là, avec Montréal, a encore beaucoup de sens. Et d’un point de vue économique, elle est beaucoup moins dispendieuse que la majorité des Grands Prix inscrits au championnat du monde », a ajouté M. Dumontier.

M. Fitzgibbon a toutefois refusé de dévoiler les montants qui seront versés par chacun des partenaires au-delà de 2029, « parce que c’est un contrat qui n’est pas public ». François Dumontier a cependant indiqué qu’une ristourne sur la vente des billets, qui se situe normalement autour de 30 % et qui peut être haussée en fonction du nombre de billets vendus, sera maintenue pour 2030 et 2031. Ça signifie un retour d’environ 4 millions de dollars.

Par ailleurs, les gouvernements du Canada et du Québec ont annoncé qu’ils investiront jusqu’à 5,5 millions sur trois ans pour promouvoir la ville de Montréal auprès des amateurs de Formule 1.

Place à la Turquie

Le Grand Prix du Canada devait se dérouler le 13 juin prochain. Le Grand Prix de Turquie, présenté à Istanbul Park, le remplacera au calendrier.

« Bien que ce soit décevant de ne pouvoir se rendre au Canada cette saison, nous sommes fiers de confirmer que la Turquie présentera un Grand Prix en 2021, après la course magnifique de la saison dernière », a fait savoir le président et directeur des opérations de la F1, Stefano Domenicali, par voie de communiqué.

Cela étant, François Dumontier s’est fait rassurant quant à la pérennité de l’épreuve montréalaise, en précisant au passage qu’elle sera de retour aux mêmes dates l’an prochain. « C’est surtout M. Fitzgibbon qui a négocié avec la F1, mais je sais qu’elle [la F1] était très impliquée. Montréal est une épreuve très prestigieuse dans le championnat ; toutes les équipes aiment venir à Montréal. Ç’a donc été facile pour M. Domenicali d’accepter la prolongation de contrat [jusqu’en 2031]. Il a même dit que s’il pouvait ratifier un contrat de 50 ans, il le ferait. [La F1] sera ici pendant encore longtemps. »

Le premier Grand Prix à Montréal s’est déroulé le 8 octobre 1978 et a été remporté par Gilles Villeneuve. Il a été annulé en 1987 et 2009, et c’est la première fois depuis qu’il est présenté dans la métropole qu’il subit ce sort deux années de suite.

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