Jeux olympiques: le comité Québec 2030 présente son projet, encore très embryonnaire

Vancouver semble partir favorite comme destination canadienne pour l’obtention des JO de 2030.
Photo: Fabrice Coffrini Agence France-Presse Vancouver semble partir favorite comme destination canadienne pour l’obtention des JO de 2030.

Le comité Québec 2030 a dévoilé son projet — encore très embryonnaire — en vue du dépôt d’une éventuelle candidature conjointe avec une autre ville canadienne pour l’obtention des Jeux olympiques d’hiver, jeudi.

C’est ce qu’a indiqué l’homme d’affaires qui a créé le comité Québec 2030, Mark Charest, lors d’une visioconférence tenue dans la Vieille-Capitale.

« Nous avons eu des échanges avec d’autres villes canadiennes, sans les nommer, pour démontrer clairement l’intérêt de Québec. Nous voulons respecter une des clauses de la réforme [du CIO], soit de tenir des JO conjointement avec une autre ville du Canada », a d’abord évoqué Charest.

C’est donc dire qu’une candidature conjointe avec une autre ville de la côte Est américaine semble être écartée. Des rumeurs avaient déjà circulé par le passé au sujet d’une candidature conjointe avec Lake Placid, dans l’État de New York, qui a accueilli les JO d’hiver de 1932 et 1980.

Si jamais aucune de ces villes — Vancouver et Calgary seraient des destinations intéressantes — ne manifeste d’intérêt pour le projet du comité Québec 2030, alors Charest a indiqué que « Québec pourrait construire les infrastructures manquantes en tentant de respecter évidemment les volets développement durable et vert du projet, sauf qu’on ne souhaite pas se rendre jusque-là ».

Parmi les installations manquantes à Québec pour la tenue de JO se trouvent celles pour le bobsleigh, le skeleton, la luge, le saut à skis et la descente de ski alpin. Celles-ci sont d’ailleurs disponibles à Vancouver et Calgary.

Charest a profité de l’occasion pour indiquer que le coût approximatif des JO à Québec en 2030 avoisinerait, au total, les 5 milliards $. Cet estimé, qui comprend les coûts des infrastructures, les fonds d’exploitation et ceux de sécurité, ont été évalués à partir des candidatures de Vancouver en 2010 et de Calgary pour 2026.

Il a aussi chiffré à environ 1 milliard de dollars les retombées qu’un tel événement pourrait avoir sur l’économie locale.

Labeaume, un irritant

Cependant, bien des obstacles se trouvent sur la route du comité Québec 2030 avant qu’il puisse crier victoire.

L’un des principaux irritants au dépôt de cette candidature est sans contredit le refus persistant du maire de Québec Régis Labeaume d’offrir son appui au projet. La situation pourrait toutefois être appelée à changer bientôt, puisque des élections municipales auront lieu au Québec en novembre.

« Évidemment, nous sommes tous au courant de la position du maire sur la candidature de Québec. Ce qu’il faut savoir, c’est que comme citoyen, on a informé le maire de nos démarches depuis 2019. Nous avons fait des démarches et effectué des analyses qui, selon nous, s’avèrent favorables au dépôt d’une candidature pour les JO de 2030 », a mentionné Charest.

La vice-première ministre du Québec, Geneviève Guilbault, a également indiqué en conférence de presse jeudi qu’un appui du gouvernement à la candidature de Québec 2030 n’était pas dans les cartons.

« Nous n’avons toujours pas demandé l’appui du gouvernement du Québec, s’est défendu Charest. Nous l’avons seulement informé de notre démarche. L’objectif, c’est seulement de lui dire qu’on existe, qu’on a l’appui de la communauté d’affaires — Charest l’estime à environ 1000 membres corporatifs — et qu’on a un projet porteur pour l’avenir du Québec. »

Vancouver part favorite

Vancouver semble toutefois partir favorite comme destination canadienne pour l’obtention des JO de 2030.

John Furlong, le président et directeur exécutif du comité organisateur des JO de Vancouver en 2010, a d’ailleurs fait un discours devant la Chambre de commerce de Vancouver vendredi dernier au cours duquel il a révélé son intention de mettre en valeur des coins pittoresques de la Colombie-Britannique ainsi qu’un centre de villégiature, dans l’espoir d’obtenir la tenue des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2030. Une démarche que Charest ne considère pas comme une menace pour Québec 2030, pour l’instant.

« C’est le contraire. C’est le Canada qui doit se vendre au CIO, et je crois que ça ravive, dans le contexte de la pandémie de COVID-19, la flamme olympique. Il faut que le Canada ait l’intérêt d’aller chercher les JO de 2030, et évidemment Vancouver se positionne, tout comme nous, et ultimement les comités nationaux auront une décision à prendre », a résumé Charest.

Selon Charest, le comité Québec 2030 devra discuter avec le Comité olympique canadien de sa candidature et viser un dépôt officiel « au début de 2023 ». Entre-temps, le comité tentera de convaincre la population du bien-fondé de son projet.

L’octroi des JO d’hiver de 2030 aura lieu en Inde à l’été 2023. Québec a déjà essuyé des refus pour l’obtention des Jeux olympiques d’hiver de 2002 (Salt Lake City) et 2010 (Vancouver).

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