La confusion créée par les règles canadiennes a entraîné le report du gala d’EOTTM

L'EOTTM espère présenter le gala dont David Lemieux sera la tête d’affiche le 8 ou le 15 mai, à Québec ou Shawinigan.
Photo: Al Bello Getty Images via Agence France-Presse L'EOTTM espère présenter le gala dont David Lemieux sera la tête d’affiche le 8 ou le 15 mai, à Québec ou Shawinigan.

Ce ne sont pas les nouvelles mesures sanitaires imposées à la région de Québec qui ont obligé Eye of the Tiger Management à reporter son gala du 17 avril, au Centre Vidéotron, mais bien la confusion au sujet des règles canadiennes sur l’arrivée d’athlètes internationaux.

« Patrimoine Canada a prévu des exemptions pour les athlètes internationaux souhaitant venir participer à une compétition au pays, mais il n’a rien prévu pour les athlètes professionnels », a expliqué Camille Estephan, le président d’EOTTM, à La Presse canadienne jeudi.

Si les règles sont claires en ce qui a trait à l’arrivée d’athlètes internationaux amateurs au pays, il y aurait une « zone grise » au sujet des athlètes professionnels.

« Il y a matière à interprétation, de toute évidence, souligne Estephan. La preuve, c’est que certaines compagnies aériennes n’interprètent pas les règles actuellement en vigueur de la même façon que d’autres. Patrimoine Canada s’est excusé. »

Ainsi, après avoir obtenu des autorités sanitaires et gouvernementales les permissions nécessaires pour que des athlètes étrangers puissent venir disputer des combats au Québec — les galas présentés depuis le début de la pandémie ne faisaient place qu’à des boxeurs canadiens ou qui habitent au Canada —, ces boxeurs ont été refoulés avant même de se rendre au pays, même s’ils avaient obtenu au préalable les visas et permis de travail.

C’est ce qui est arrivé à l’adversaire de David Lemieux (42-4-0, 35 K. -O.), l’Espagnol Ronny Landaeta (17-3-0, 11 K. O.), ainsi qu’à un protégé d’EOTTM, Artem Oganesyan.

Landaeta a pu prendre un vol de chez lui vers le Canada, mais la compagnie aérienne devant assurer le trajet entre son escale allemande et Montréal a plutôt compris qu’il n’aurait pas le droit d’entrer au pays. En conséquence, elle ne lui a pas permis de monter dans l’avion.

Idem pour Oganesyan (12-0, 10 K.-O.), qui a pu quitter sa Russie natale, mais qui a été refoulé une fois rendu à Paris.

Le promoteur a maintenant mis à contribution ses avocats.

« J’ai deux avocats qui négocient avec la Santé publique et les services frontaliers afin que les boxeurs que nous tenterons de faire venir au Québec se trouvent en possession d’un document qui pourrait clarifier tout doute pouvant subsister, a-t-il dit. On ne veut plus que nos boxeurs invités se fassent barrer la route au comptoir d’embarquement. »

Estephan espère maintenant présenter ce gala le 8 ou le 15 mai, des dates qu’il a réservées auprès de la Régie des alcools, des courses et des jeux, à Québec ou Shawinigan.

Lemieux serait toujours la tête d’affiche de ce gala. On tente par contre de lui trouver un adversaire américain : Landaeta ne désirant pas reprendre un camp d’entraînement et risquer de se voir de nouveau refoulé en route pour le Canada.

Simon Kean (19-1, 18 K. -O.) y affronterait toujours l’Américain Donald Haynesworth (16-5-1, 14 K. -O.), son adversaire prévu le 17 avril.

Oganesyan, le détenteur du titre jeunesse des super-mi-moyens de la World Boxing Organization (WBO), se battra quant à lui à Moscou, le 21 mai, contre un adversaire à être identifié dans les prochains jours.

Si jamais Estephan est incapable de faire venir des Américains au Québec pour ce gala, il n’aura d’autre choix que d’envoyer ses boxeurs aux États-Unis.

Irréprochable

Depuis un an, Estephan et son groupe sont en constantes discussions avec les autorités publiques afin que la boxe puisse reprendre ses activités avec un semblant de normalité. Le groupe montréalais a été le premier à présenter un gala au pays en pleine pandémie, l’automne dernier, d’abord à Shawinigan, puis à Rimouski.

Ces soirées sont le fruit de plusieurs mois de négociations serrées avec les autorités gouvernementales et sanitaires, afin de pouvoir relancer la boxe professionnelle. EOTTM a passé haut la main ces examens, si bien que Groupe Yvon Michel a pu emboîter le pas et présenter un premier gala, le mois dernier, à l’hôtel Plaza de Québec.

Dans tous les cas, les deux organisations n’ont rien eu à se reprocher : aucune éclosion n’a été causée par ces rassemblements sportifs.

GYM espère maintenant organiser un gala d’envergure à Montréal le 18 juin, au cours duquel Oscar Rivas et Marie-Ève Dicaire disputeraient des combats de championnat du monde.