Julien BriseBois redonne à son alma mater

Diplômé de la Faculté de droit de l’UdeM, Julien BriseBois offre une contribution personnelle de 75 000 $ qui sera versée spécifiquement à l’équipe de hockey féminin des Carabins.
Photo: Dirk Shadd Tampa Bay Times via Associated Press Diplômé de la Faculté de droit de l’UdeM, Julien BriseBois offre une contribution personnelle de 75 000 $ qui sera versée spécifiquement à l’équipe de hockey féminin des Carabins.

Le jour où le hockey universitaire féminin sera financé à la hauteur de son équivalent masculin n’est pas encore venu. Mais le vice-président et directeur général du Lightning de Tampa Bay, Julien BriseBois, a offert un coup de pouce à ce chapitre, lundi, en s’associant au programme de sport d’excellence des Carabins de l’Université de Montréal (UdeM).

Le diplômé de la Faculté de droit de l’UdeM en a profité pour offrir une contribution personnelle de 75 000 $ qui sera versée spécifiquement à l’équipe de hockey féminin des Carabins. Celle-ci viendra soutenir le développement professionnel du personnel d’entraîneurs et l’encadrement des étudiantes-athlètes des Bleus.

« C’était tout naturel pour moi de m’associer aux Carabins. C’est un réflexe de redonner à mon alma mater. En tant que diplômé, on a une responsabilité de faire rayonner l’université qui nous a donné les moyens de nos ambitions », a mentionné BriseBois, qui a contribué à la conquête de la Coupe Stanley du Lightning la saison dernière.

Le Québécois, âgé de 44 ans, a du même coup fait son entrée au sein du club des Gouverneurs des Carabins, un regroupement de personnalités, dont un bon nombre provenant du milieu des affaires, appuyant le développement du programme sportif de l’UdeM.

BriseBois espère ainsi qu’il en influencera d’autres à appuyer financièrement le programme sportif de l’université montréalaise — une culture qui reste à bâtir chez les francophones, a admis Manon Simard, directrice générale du CEPSUM et des Carabins.

Pour sa part, Danièle Sauvageau, directrice générale de l’équipe de hockey féminin des Carabins et pionnière du développement du hockey féminin au Québec, a indiqué que cette somme sera très utile à son organisation.

« C’est beaucoup. C’est la différence entre avoir un entraîneur-chef à temps plein ou à temps partiel, c’est la différence entre avoir un entraîneur adjoint ou pas. Au quotidien, ça nous permettra d’avoir des ressources supplémentaires qui assisteront les athlètes-étudiantes au quotidien. Ça fera une grande différence », a-t-elle indiqué, soulignant qu’aucun employé du programme de hockey féminin des Carabins n’est à temps plein pour le moment.

Mais peu importe la quantité de dons remis au programme de hockey féminin des Carabins, il manque cruellement de débouchés pour les joueuses une fois leur stage universitaire complété. BriseBois croit en ce sens que la LNH aura son rôle à jouer pour accélérer le développement du hockey féminin, un peu comme le fait la NBA avec la WNBA, par exemple.

« Je pense qu’elle (la LNH) aura certainement un rôle à jouer, et qu’elle doit jouer un rôle. Mais elle n’est pas la seule. Il faudra également des commanditaires, des entreprises qui sont prêtes à s’associer à ces athlètes-là, à ces équipes-là et à cette ligue-là pour générer le type de revenus nécessaires pour ce genre d’opération. Il faut que les meilleures joueuses au monde puissent gagner leur vie en pratiquant leur sport… C’est très rare, dans la vie, quand tu es le meilleur au monde dans quelque chose, que tu ne réussisses pas à vivre de ça », a évoqué BriseBois.

« Alors j’ai confiance que le jour va venir où cette ligue-là sera une réalité. Et la LNH aura un rôle à jouer dans la concrétisation de ce projet », a ajouté celui qui a aussi remporté la coupe Calder à deux reprises, en 2007 et 2012, alors qu’il dirigeait respectivement les clubs-écoles du Canadien de Montréal et du Lightning.

Un programme marqué par le succès

BriseBois n’est pas le premier acteur impliqué dans la LNH à offrir un don au programme sportif des Carabins. La fondation Molson, par l’entremise du propriétaire du Canadien de Montréal Geoff Molson, lui avait notamment versé 2 millions $ pour le soutenir en 2015.

« Ce montant-là a été excessivement important, et fut l’un des pôles de démarrage de cette démarche. [Tous nos donateurs] sont des gens qui croient beaucoup à cette philosophie, de poursuivre et de construire quelque chose, pour pouvoir mettre la roue en marche », a rappelé Mme Simard.

Le programme de hockey féminin des Carabins, qui est présentement dirigé par l’entraîneuse Isabelle Leclaire, a pris part aux championnats canadiens U SPORTS à neuf reprises en 11 ans d’existence, récoltant au passage six médailles, dont deux en or, en 2013 et 2016.

Les joueuses des Carabins ont aussi fait partie de la finale du RSEQ 10 fois en 11 saisons, et elles cumulent jusqu’ici une fiche de 193 victoires, 78 défaites et 23 revers en prolongation ou fusillade.

Les Carabins constituent le plus important programme de sport universitaire francophone en Amérique, avec plus de 520 étudiants-athlètes répartis dans 23 équipes.

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