Sean Burke ne veut pas réinventer Carey Price

Nommé directeur des gardiens au Canadien de Montréal le 2 mars dernier, Burke espère que sa philosophie aidera Carey Price et Jake Allen à connaître du succès avec constance d’ici la fin de la saison.
Photo: Claus Andersen Getty Images / AFP Nommé directeur des gardiens au Canadien de Montréal le 2 mars dernier, Burke espère que sa philosophie aidera Carey Price et Jake Allen à connaître du succès avec constance d’ici la fin de la saison.

Sean Burke croit qu’il n’y a pas un seul but accordé dans un match de hockey sur lequel le gardien n’avait aucune chance de faire l’arrêt.

Nommé directeur des gardiens au Canadien de Montréal le 2 mars dernier, Burke espère que sa philosophie aidera Carey Price et Jake Allen à connaître du succès avec constance d’ici la fin de la saison.

« L’objectif de chaque joueur est d’être constant, a dit Burke en visioconférence, vendredi. Ça demande des petits ajustements, mais la base est là. [Price] a beaucoup d’expérience. Je ne suis pas ici pour réinventer la roue ou lui enseigner des choses auxquelles il pourrait n’avoir jamais pensé. »

Questionné sur les ajustements possibles qu’il pourrait apporter au style de Price, Burke a vite réfuté la théorie selon laquelle il demande à ses gardiens de jouer un peu plus près de la ligne des buts.

« Je ne suis pas quelqu’un qui va se présenter quelque part en imposant des choses, a affirmé celui qui a disputé 820 matchs dans la LNH avec huit équipes différentes. J’ai joué pendant longtemps et je comprends que les choses sont parfois complexes. Le hockey évolue. Il faut simplifier les choses.

« De dire que je veux que tous les gardiens jouent plus près de la ligne des buts, c’est faux. Je veux que le gardien ait l’occasion de faire chaque arrêt. Je ne crois pas qu’il y a un but marqué sur lequel un gardien n’avait pas de chance de faire l’arrêt. Il peut y avoir plusieurs explications pour un but, mais je ne crois pas qu’on peut dire qu’un gardien n’avait aucune chance de faire l’arrêt. »

« Je veux que Jake et Carey jouent à la profondeur à laquelle ils sont à l’aise pour croire qu’ils peuvent faire l’arrêt. Ça peut être en étant plus avancé ou reculé. Ils sont des vétérans. Ils peuvent définir ce que ça veut dire comme ils le souhaitent. »

Lorsque le directeur général Marc Bergevin a expliqué sa décision de congédier l’entraîneur des gardiens Stéphane Waite pour le remplacer par Burke, il a noté le manque de constance dans le jeu de Price au cours des dernières saisons.

Price a connu un début de campagne respectable, accordant 16 buts à ses 6 premières sorties. Au cours de cette séquence, il a concédé 2 buts ou moins à 4 reprises. Il a ensuite accordé 21 buts à ses 6 sorties suivantes, avant de rebondir avec une séquence de 4 rencontres au cours desquelles il a accordé seulement 1 but par match. Price a concédé 13 buts à ses quatre dernières sorties avant que la saison du Canadien soit mise sur pause, lundi, en raison d’un cas positif à un variant de la COVID-19.

« Carey n’a pas besoin de réinventer son jeu, a dit Burke. Il a connu du succès et il a encore plusieurs bonnes années devant lui. Mon rôle est de l’aider à bâtir sur sa fondation.

« J’aime qu’un gardien ait un plan quand il se présente sur la patinoire, a-t-il ajouté. Ça ne veut pas dire que ça va fonctionner chaque soir parce qu’il peut se produire beaucoup de choses, mais ça vous permet de ressentir un peu plus de contrôle sur votre situation. Vous avez donc une base, un plan de match, et vous tentez de l’exécuter. »

Burke a mentionné ne pas avoir de plan précis en tête concernant l’utilisation de Price et Allen d’ici la fin de la saison. Il a affirmé qu’il allait laisser l’entraîneur-chef par intérim Dominique Ducharme prendre la décision et qu’il se concentrait sur sa tâche, qui est de s’assurer que les deux gardiens sont prêts pour chaque rencontre.

Un rôle à définir

Le fait que Burke ait été nommé directeur des gardiens de but et non entraîneur des gardiens lors de sa promotion le 2 mars dernier en a fait sourciller quelques-uns. Le Canadien emboîtait ainsi le pas de quelques organisations du circuit, qui ont commencé à développer des départements pour s’occuper spécifiquement des gardiens.

Bergevin était demeuré vague concernant les plans à ce niveau lorsqu’il avait commenté la nouvelle. Burke, qui était dans l’organisation du Tricolore depuis 2016 comme recruteur professionnel et consultant pour les gardiens, a laissé entendre que son intention est de mettre en place une certaine structure spécifique à la gestion des gardiens chez le Canadien. Il a toutefois noté ne pas être rendu à cette étape dans sa réflexion.

« Ma priorité présentement est avec les gars sur la glace, a-t-il dit. Si l’on regarde plus loin devant, il y a plusieurs choses que nous pouvons mettre en place autour du repêchage, du recrutement et du développement des gardiens. Les gardiens ont un impact énorme au sein d’une organisation et nous allons évaluer chaque option pour voir si nous pouvons en tirer un avantage. »

« Il y a plusieurs facettes comme le développement physique, la psychologie, la science du sport. Ce sont toutes des choses qui peuvent nous donner un avantage, a-t-il ajouté. Comme département, nous voulons que l’organisation ait une idée précise de ce qu’un gardien aura l’air quand il arrivera dans la LNH. »

Peut-on s’attendre à des embauches ? Burke continuera-t-il à côtoyer Price et Allen sur la patinoire au quotidien au-delà de la saison en cours ? Il faudra attendre encore un peu pour avoir des réponses à ces questions.

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