Une saison qui s’amorce dans l’incertitude

Malgré l’incertitude qui persiste, le pilote québécois Lance Stroll a admis qu’il commençait à s’habituer à cette nouvelle vie.
Photo: Dan Istitene FIA/AFP Malgré l’incertitude qui persiste, le pilote québécois Lance Stroll a admis qu’il commençait à s’habituer à cette nouvelle vie.

Trois mois et demi après la fin d’une saison écourtée par la pandémie de coronavirus, la Formule 1 est sur le point d’en entamer une autre dans des conditions assez similaires à la précédente.

Les règlements seront très semblables à ceux de la saison dernière et les conditions sanitaires n’ont guère évolué depuis la fin de la campagne au Grand Prix d’Abu Dhabi, le 13 décembre 2020 — sauf pour une campagne de vaccination mondiale qui s’est récemment mise en branle.

Malgré l’incertitude qui persiste, le pilote québécois Lance Stroll a admis qu’il commençait à s’habituer à cette nouvelle vie.

« Au départ, ç’a été un défi de s’adapter à cette nouvelle réalité, comme porter le masque et respecter tous les protocoles pour demeurer en sécurité. Je suis certain que tous les athlètes qui ont dû s’adapter à ça ont été confrontés aux mêmes défis. Mais c’est partout pareil, que ce soit pour nous ou pour les travailleurs qui doivent assurer la sécurité de leur famille. C’est le monde dans lequel on vit, et c’est de plus en plus normal. On s’y habitue, c’est devenu une routine », a-t-il expliqué en visioconférence, jeudi.

« Pour moi, c’est business as usual avec la COVID-19, c’est notre nouvelle réalité. Il faut être prudent et prendre les bonnes décisions. Sinon, ça ressemble à l’an dernier [dans les paddocks], on gère les mêmes difficultés que l’an passé », a-t-il ajouté.

Stroll n’a pas voulu trop s’avancer sur la suite de cette saison qui doit compter 23 courses, surtout après qu’on lui a fait remarquer que le cirque de la F1 se dirigera vers l’Europe après la course au Bahreïn. La deuxième épreuve doit d’ailleurs se dérouler en Italie le 18 avril, un pays dont certaines régions sont récemment retournées en confinement dans l’espoir de juguler la troisième vague du coronavirus.

« Je ne sais pas ce qui va se produire avec les prochaines courses. Il va falloir attendre de voir ce qui va se passer dans le monde », a-t-il simplement dit.

Un peu plus vieux, un peu plus rusé

Entre-temps, le pilote de Mont-Tremblant doit se concentrer sur ce week-end à Bahreïn. Ce sera la première course après des essais hivernaux très courts présentés au même endroit, plus tôt ce mois-ci.

« Nous avons encore beaucoup à apprendre, mais jusqu’ici la voiture ressemble beaucoup à celle de l’an dernier parce que les règlements sont très semblables à ceux de 2020 », a confié Stroll.

Sauf ceux concernant les séances d’essais libres du vendredi matin, qui seront écourtées de 90 à 60 minutes. Mais Stroll ne s’en fait pas trop avec ça.

« Tout le monde est dans le même bateau. Je pense qu’on sera tout de même en mesure de compléter le programme. Je me souviens des séances de 90 minutes ; on était parfois en retard et on laissait passer du temps dans les garages. Mais nous avons toujours été limités, notamment avec trois trains de pneus [pour ces séances], donc ça ne sera pas trop différent », a-t-il dit.

Malgré tous les imprévus qui pourraient survenir ce week-end, le pilote âgé de 22 ans croit que son expérience acquise depuis son entrée en F1, il y a quatre ans, lui servira à maximiser ses résultats cette saison chez Aston Martin Racing.

« Je suis un peu plus vieux, et un peu plus rusé qu’à l’époque où je suis arrivé dans les paddocks, à 17 ou 18 ans », a-t-il résumé, en riant.

À la recherche de son premier point en F1

L’autre pilote canadien sur la grille, Nicholas Latifi, rêve toujours d’inscrire un premier point de classement au cours de sa carrière en F1. Pour y parvenir, il s’est d’ailleurs présenté à Bahreïn avec un objectif clair à atteindre chez Williams.

« Je veux me concentrer sur les qualifications. J’ai connu des ennuis à ce niveau l’an dernier, surtout si je me compare avec mon coéquipier [George Russell]. Certes, nous n’avons pas la meilleure voiture du plateau, donc c’est plus difficile d’en extraire le plein potentiel, mais c’est tout de même cet aspect que je dois améliorer », a commenté le Torontois par communiqué.

Son expérience acquise pendant sa saison recrue l’an dernier pourrait cependant l’aider, a affirmé Latifi.

« Parfois, nous étions très rapides en essais libres l’an dernier, mais ça ne s’est pas poursuivi pendant les qualifications. Nous n’étions pas capables de chauffer les pneus dans la bonne fenêtre, ou laissions passer des conditions de piste qui nous auraient été favorables. Mais avec un an de plus derrière la cravate, nous devrions être confrontés à moins d’incertitudes et d’intangibles », a-t-il expliqué.

De plus, Latifi a ajouté que la très courte période d’essais hivernaux à Bahreïn l’avait limité dans l’apprentissage de sa nouvelle monoplace pour 2021. Ce qui pourrait devoir le faire patienter encore quelque temps avant qu’il puisse enfin inscrire son premier point.

« Malheureusement, ma journée au volant [lors des essais hivernaux] s’est déroulée alors qu’il ventait beaucoup. Des bourrasques ont même atteint 50 km/h. Nous sommes conscients que les performances de la voiture sont très affectées par les vents latéraux, ce qui a fait ressortir les principales faiblesses sur lesquelles nous devons travailler. […] Je crois donc que nous connaîtrons une saison ponctuée de hauts et de bas », a résumé le Canadien.

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