Le CIO va acheter des vaccins à la Chine

Les Jeux olympiques de Tokyo, déjà reportés d’un an en raison de la pandémie, doivent avoir lieu cet été.
Photo: Eugene Hoshiko Associated Press Les Jeux olympiques de Tokyo, déjà reportés d’un an en raison de la pandémie, doivent avoir lieu cet été.

La Chine fournira des vaccins contre la COVID-19 au Comité international olympique (CIO) pour protéger les participants aux Jeux de Tokyo et de Pékin, respectivement prévus pour cet été et à l’hiver 2022.

Les autorités olympiques chinoises ont offert de « mettre à disposition des doses additionnelles de vaccins pour les participants » aux deux JO, a annoncé jeudi le président du CIO, Thomas Bach. L’instance olympique payera pour ces injections, qui concerneront « non seulement les équipes olympiques, mais également paralympiques », a-t-il précisé.

Fait à noter toutefois : le Comité « encourage » la vaccination des athlètes, sans la rendre obligatoire ni réclamer une priorité pour ces personnes en pleine santé. Et pour répondre aux questions éthiques soulevées par cette initiative, le CIO s’est engagé, « pour chaque dose additionnelle » attribuée aux délégations olympiques, à « en acheter deux autres à destination de la population du même pays ».

Aucun calendrier n’a cependant été fourni par M. Bach, pas plus qu’un ordre de grandeur sur le nombre de doses ou sur les modalités de leur attribution. Celle-ci pourra se faire par le biais « des partenaires internationaux » ou « dans des pays où des partenariats existent déjà avec le gouvernement chinois », a fait savoir le dirigeant.

Surprise au Japon

Reconduit mercredi pour quatre ans à la tête du CIO, Thomas Bach a qualifié cette transaction avec la Chine de « jalon dans la sécurisation des Jeux de Tokyo ». « C’est notre manifestation de solidarité avec le peuple japonais, pour lequel nous avons tant de respect », a insisté l’Allemand de 67 ans, en poste depuis 2013.

Or, cette annonce a été une surprise pour les organisateurs japonais. « Avions-nous été informés à l’avance ? Non, pas du tout. C’est un sujet qui regarde le CIO », a commenté face à la presse Toshiro Muto, directeur général de Tokyo 2020.

Ces JO, déjà reportés d’un an en raison de la pandémie, doivent avoir lieu cet été, du 23 juillet au 8 août. Jeudi, Thomas Bach s’est de nouveau montré optimiste sur la tenue de la prochaine grand-messe olympique.

C’est notre manifestation de solidarité avec le peuple japonais, pour lequel nous avons tant de respect

 

Selon lui, « un nombre significatif d’équipes olympiques ont déjà été vaccinées, conformément à leurs directives nationales », citant en exemple la Russie, Israël, le Danemark et la Hongrie. Sans compter qu’un autre nombre « significatif » de délégations « ont reçu un engagement de leurs gouvernements », a-t-il noté, laissant espérer une couverture vaccinale importante parmi les 11 000 sportifs attendus cet été au Japon.

Thomas Bach insiste depuis plusieurs mois sur le nombre de compétitions internationales organisées depuis l’été dernier sans avoir entraîné de vague de contaminations, avant même que les vaccins n’apportent une protection supplémentaire.

Quel public ?

Environ « 270 compétitions internationales », impliquant « plus de 30 000 sportifs », ont pu se dérouler en suivant des protocoles stricts, à l’image des mesures draconiennes prévues à Tokyo et mêlant tests fréquents, séjour écourté et distanciation physique.

Une large majorité de la population japonaise reste néanmoins hostile à l’accueil des Jeux cet été, alors que la propagation de variants plus contagieux du coronavirus interdit pour l’heure tout relâchement des précautions sanitaires.

Les médias japonais tiennent d’ailleurs pour acquis que les spectateurs étrangers ne seront pas autorisés aux JO, même si les autorités du pays n’officialiseront leur décision que fin mars.

Plus largement, le flou demeure sur la présence de public, alors que la jauge admise pour chaque lieu de compétition devait initialement être définie d’ici la fin avril. Mais mercredi soir, Thomas Bach a jugé préférable de trancher « le plus tard possible » à ce sujet, pour pouvoir intégrer « les développements qui peuvent advenir en mai ou en juin ».

Des Jeux à huis clos ne sont plus un tabou depuis quelques mois, d’autant que les revenus de la grand-messe olympique tiennent essentiellement à leur retransmission dans le monde entier, bien plus qu’à l’affluence dans les stades.

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