Les pilotes de Champ Car n'ont pas froid aux yeux

Vancouver — L'épreuve est longue, se font-ils dire à chacune des rencontres réservées aux pilotes. N'essayez pas de gagner la course dès le premier virage.

Mais la plupart des pilotes de la série Champ Car n'ont pas écouté ces recommandations, si l'on en juge par les accrochages survenus avant même que l'on ait complété un tour des épreuves de Toronto, il y a deux semaines, et de Cleveland, le mois dernier.

La série est trop compétitive, surtout chez les meneurs au classement général, pour pousser les pilotes à opter pour la patience.

«Lors de chacune des réunions des pilotes, nous discutons avec vigueur pendant une heure et demie, a raconté le Québécois Patrick Carpentier (Forsythe), troisième au classement général.

«Ensuite, nous devenons exaspérés, nous quittons la salle et nous nous préparons à courir le lendemain!»

Dispute

Paul Tracy, le coéquipier de Carpentier chez Forsythe, est le genre de pilote à ne pas craindre les risques.

Le champion en titre de la série Champ Car s'est d'ailleurs chamaillé avec Alexandre Tagliani, à Cleveland, une épreuve qu'il n'a pas été en mesure de compléter après un accrochage avec le pilote québécois, dès le premier tour.

À Toronto, lors d'une course marquée par de nombreux accrochages, dont deux impliquant Tracy, le pilote torontois s'est classé cinquième.

Ne pensez pas qu'il va opter pour la prudence.

«Compte tenu du fait que je ne mène pas au classement, je dirais que je vais attaquer davantage, a souligné Tracy. Je dirais que nous avons été plus conservateurs l'an dernier.»

Le circuit urbain de Vancouver, d'une distance de 2,86 km, comporte des risques semblables à ceux que l'on retrouve sur les pistes de Toronto et de Long Beach.

Mais Tracy, qui a triomphé à Vancouver, l'an dernier, et qui compte des victoires à Toronto et à Long Beach, excelle sur ce genre de pistes.

«J'ai toujours connu beaucoup de succès à Vancouver, a fait remarquer Tracy, et j'espère connaître un excellent résultat ce week-end.» Le litige entre Tracy et Tagliani semble s'être estompé, du moins en public. Tracy n'a pas voulu s'attarder sur la question, hier. «Je ne lui ai pas parlé, a répondu Tracy. Je suis ici pour courir.»

Tagliani, qui pilote pour l'équipe RocketSports, est encore abasourdi par le fait que Tracy ait qualifié d'agressive sa manoeuvre à Cleveland, alors que le Torontois est lui-même reconnu pour ne pas détester les contacts.