Philibert-Thiboutot a vécu un voyage positif en Europe, malgré les restrictions

Charles Philibert-Thiboutot
Photo: Fred Chartrand La Presse canadienne Charles Philibert-Thiboutot

Après être rentré d’Europe et s’être soumis à la quarantaine obligatoire dans un hôtel de Montréal, Charles Philibert-Thiboutot terminera sa quarantaine de 14 jours à Edmonton. Ce n’est pas ce qu’anticipait le coureur de demi-fond — le gouvernement fédéral a resserré les restrictions de voyage pour lutter contre la pandémie de coronavirus tout juste après son départ vers l’Europe. Mais c’est un bien petit prix à payer pour atteindre ses rêves olympiques.

L’athlète de Québec, âgé de 30 ans, s’est dit reconnaissant du « timing » des événements. Il profite habituellement de quelques jours de repos en mars entre les saisons d’athlétisme en salle et à l’extérieur.

« C’est faisable », a confié Philibert-Thiboutot, qui a dû verser 1100 $ pour trois nuits à l’hôtel, mais qui a reçu le résultat de son test de dépistage de la COVID-19 après seulement 12 heures.

« Mais je dirais que ce sera probablement la dernière fois que je pourrai me permettre une pause de 14 jours », a-t-il ajouté.

Comme bien des athlètes canadiens, Philibert-Thiboutot souhaite atteindre les standards olympiques, tout en manœuvrant à travers les nombreuses restrictions sanitaires provoquées par la pandémie.

Le principal intéressé n’a toujours pas atteint ces standards (3 minutes et 35 secondes sur 1500 m) en vue des Jeux olympiques de Tokyo l’été prochain, essentiellement parce qu’il a raté la saison 2019 à cause d’une blessure et que la saison 2020 d’athlétisme a été annulée par la pandémie.

Son meilleur temps est de 3:34,23, établi en 2015. Avant son récent passage en Europe, il ne figurait pas au classement mondial, ce qui l’oblige à suivre une autre voie pour se qualifier en vue des JO de Tokyo.

Celui qui a participé aux demi-finales du 1500 m aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro en 2016 a habité et s’est entraîné à l’INSEP — l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance situé en banlieue de Paris — et le dernier mois est ce qui s’approche le plus d’une saison normale d’athlétisme depuis 2018 pour lui.

« Je dois repartir de zéro », a-t-il résumé.

Philibert-Thiboutot a établi un nouveau record québécois sur 3000 m à sa première course en Europe, à Karlsruhe, en Allemagne. Il a ensuite signé un record personnel de 3:40,21 sur 1500 m à Dortmund, en Allemagne. Puis, à sa dernière course vendredi à Toulon, en France, il a tenu le coup pendant 3500 m avant de craquer et d’atteindre le fil d’arrivée du 5000 m.

« Les résultats en Europe sont en deçà de mes standards, et j’avais des attentes un peu plus élevées honnêtement, mais au moins j’ai pu donner le ton, a-t-il évoqué. C’était bien de pouvoir reprendre mes activités régulières ; c’était quelque chose que je devais accomplir, selon moi, avant de poursuivre ma saison. Il y a donc du positif à tirer de ce séjour, et du négatif également. Mais de manière générale, je crois que c’est un bon départ. »

La prochaine étape consiste à voyager davantage. En septembre, sa femme Béatrice et lui ont rempli leur voiture et déménagé à Edmonton, où elle fait sa résidence en médecine. La température glaciale en Alberta l’empêche évidemment de s’entraîner à l’extérieur, et les pistes en salle sont interdites à cause de la pandémie de coronavirus.

« Tout est fermé. Ils ne permettent même pas aux athlètes [de l’équipe nationale] de s’entraîner, ce qui en fait fort probablement la pire province où être pendant la pandémie, pour être franc », a-t-il évoqué.

Philibert-Thiboutot s’entraînait donc à Vancouver, et c’est ce qu’il recommencera à faire sous peu. Il se dirigera ensuite vers l’Europe en mai, et à cause de la quarantaine obligatoire de 14 jours au Canada, il ne rentrera probablement pas au pays avant la conclusion des Jeux de Tokyo.

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