Caster Semenya s’adressera à la Cour européenne des droits de l’homme

Les règlements de World Athletics obligent Caster Semenya à prendre des médicaments qui abaissent son taux de testostérone pour qu’elle puisse prendre part aux épreuves féminines allant de 400 m à un mile.
Photo: Phill Magakoe Agence France-Presse Les règlements de World Athletics obligent Caster Semenya à prendre des médicaments qui abaissent son taux de testostérone pour qu’elle puisse prendre part aux épreuves féminines allant de 400 m à un mile.

Caster Semenya s’adressera à la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) pour contester les mesures « discriminatoires » qui l’empêchent de participer à certaines épreuves en raison du taux naturellement élevé de testostérone présent dans son corps, ont annoncé ses avocats jeudi.

La double championne olympique du 800 m a déjà perdu sa cause à deux reprises contre les règlements de World Athletics, qui l’obligent à prendre des médicaments qui abaissent son taux de testostérone pour qu’elle puisse prendre part aux épreuves féminines allant de 400 m à un mile.

Les avocats de la Sud-Africaine allèguent qu’« on bafoue ses droits » et souhaitent donc que la CEDH analyse les règlements.

Semenya présente les chromosomes XY qui sont habituellement associés aux hommes, et un taux de testostérone qui est bien plus élevé que celui présent dans le corps d’une femme, a mentionné World Athletics. L’organisation prétend que ces particularités lui procurent un avantage sur les autres athlètes féminines.

Semenya, qui est âgée de 30 ans, a été identifiée comme étant de sexe féminin à la naissance, et elle s’est toujours identifiée ainsi. Elle ajoute que le taux de testostérone présent dans son corps est un don de la génétique.

Les règlements adoptés par World Athletics ont été sévèrement critiqués, en raison des options de « traitement » offertes aux athlètes pour participer à des compétitions. Elles doivent choisir entre trois options pour abaisser leur niveau de testostérone : utiliser la pilule anticonceptionnelle, se soumettre à une hormonothérapie ou encore être opérée.

« Les règlements exigent que ces femmes subissent des examens physiques humiliants et invasifs, suivis de procédures médicales néfastes et expérimentales, si elles souhaitent participer à des épreuves féminines sur la scène internationale allant de 400 m à un mile, soit les distances exactes dans lesquelles Mme Semenya excelle », ont déclaré les avocats de la Sud-Africaine.

Puisqu’elle a refusé de se soumettre à l’une des options suggérées pour abaisser son taux de testostérone, Semenya ne peut participer aux épreuves sur 800 m depuis 2019, alors qu’elle faisait partie des têtes d’affiche sur la distance étalée sur deux tours de piste. Elle ne peut courir sur sa distance de prédilection — elle y a gagné deux titres olympiques et trois autres titres mondiaux — sur la scène internationale.

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