Claude Julien et Kirk Muller sont congédiés par le Canadien

<p>L’entraîneur-chef Claude Julien a été congédié par le Canadien de Montréal.</p>
Photo: Sean Kilpatrick Archives La Presse canadienne

L’entraîneur-chef Claude Julien a été congédié par le Canadien de Montréal.

Soudainement inquiet d’être en train de saboter la saison dont il rêvait, le Canadien de Montréal a montré la porte à son entraîneur-chef Claude Julien, mercredi, et confié son destin à son adjoint, Dominique Ducharme.

Les deux dernières défaites en prolongation contre les Sénateurs d’Ottawa, l’une des plus mauvaises équipes de la Ligue nationale de hockey, ont été les derniers clous dans le cercueil de Julien qui a été congédié en même temps que l’entraîneur associé Kirk Muller. Le directeur général, Marc Bergevin, avait encore espoir, la semaine dernière, que l’équipe profiterait de six jours de pause pour se regrouper et retrouver l’allant qu’elle avait en début de saison, mais à la place, elle a poursuivi son passage à vide marqué par six revers en huit matchs.

Le fait que le Canadien se soit fixé de grandes ambitions en début de saison et que les 10 premiers matchs (7 victoires, 3 défaites) semblaient lui donner raison a certainement pesé dans la balance, a expliqué en conférence de presse Marc Bergevin. Tout comme le fait que la saison ne compte cette année que 56 matchs et que l’on ne peut pas se permettre de longues séries de défaites sans risquer de dégringoler au classement comme l’an dernier. « On veut ramener les joueurs au niveau qu’ils ont déjà eu. »

Pourtant, le directeur général n’a rien de précis à reprocher à son entraîneur-chef qu’il avait lui-même choisi de ramener à Montréal pour remplacer Michel Therrien. « C’est quelque chose qui arrive dans tous les sports. À un moment donné, les joueurs ont besoin d’entendre une nouvelle voix. » À ces derniers, Marc Bergevin dit : « La barre est haute. J’ai confiance en eux, mais tous les joueurs […] ont besoin d’en donner plus encore. »

Nouvelle voix

C’est à Dominique Ducharme que reviendra la responsabilité de leur montrer le chemin. Adjoint de Julien depuis trois ans, il agira à titre d’entraîneur-chef intérimaire au moins jusqu’à la fin de la saison, a promis Marc Bergevin, et aura pour principal bras droit Alex Burrows, jusque là entraîneur adjoint chez le Rocket de Laval, le club-école du Canadien. Luke Richardson et Stéphane Waite, respectivement entraîneur des défenseurs et des gardiens, conserveront leurs responsabilités au sein du groupe d’entraîneurs.

Vainqueur de la coupe Memorial et deux fois médaillé au Championnat mondial à titre d’entraîneur-chef d’équipe de hockey junior, Dominique Ducharme ne se disait pas trop intimidé par ses nouvelles responsabilités. « J’ai confiance en moi. J’ai confiance dans les gars. On est prêt à commencer », a déclaré en conférence de presse le nouvel entraîneur-chef de 47 ans.

Marc Bergevin a notamment vanté ses talents de communicateur, une opinion que partage Steve Hartley, qui a été l’adjoint de Ducharme cinq ans dans les rangs juniors. « Tu fais une erreur, il te le dit. Tu fais un bon coup, il te le dit aussi, a-t-il expliqué à La Presse canadienne. Quand il te dit quelque chose, c’est réfléchi, précis. C’est pourquoi les joueurs apprécient de jouer pour lui. »

L’un de ses défis sera d’aider les jeunes joueurs de centre du Canadien de trouver leurs assises, pense l’analyste sportif et ancien entraîneur, Dany Dubé. « Ils ont du talent, mais trois d’entre eux [Suzuki, Kotkaniemi et Evans] comptent moins d’années d’expérience dans la Ligue nationale de hockey ensemble que le quatrième [Danault]. Le Canadien va avoir besoin que des vétérans, comme Carey Price et [Shea] Weber, relèvent leur niveau de jeu à la défense. »

Un peu vite

La décision de Marc Bergevin laisse l’analyste quelque peu perplexe. « Je ne dirai pas qu’on a paniqué, mais on est allé un peu rapidement en affaire. » Cela tient, bien sûr, au niveau élevé d’attente que l’organisation a placée dans cette saison, mais peut-être à tort. Après tout, le Canadien n’est entré, l’an dernier, dans les séries d’après-saison que parce qu’on y a accepté 24 équipes plutôt que 16. Il est vrai que, depuis, l’équipe s’est enrichie de nouveaux talents, mais tous ces joueurs ont encore du mal à coordonner leurs efforts sur la glace.

Il semble que Claude Julien n’était plus l’homme de la situation en dépit de ses deux passages chez le Canadien (2003-2006 et 2017-2021) et ses années passées derrière le banc des Devils du New Jersey et des Bruins de Boston, remportant même la Coupe Stanley avec ces derniers en 2011. « Dans ce métier-là, tu ne peux pas durer si tu ne peux pas compter sur une solide relation de confiance, observe Dany Dubé. Et dans ce cas, je ne parle pas de la confiance des joueurs, mais de celle du directeur général. »

En poste depuis 2012, Marc Bergevin en est à son troisième entraîneur-chef et se doute bien que plusieurs regards se tourneront vers lui si les choses n’évoluent pas comme espéré. « C’est une décision que je n’ai pas prise à la légère et que j’assume », a-t-il répété mercredi. « Je n’ai aucun problème à mettre ma tête sur la bûche. »

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