Toutant prépare ses Mondiaux en confinement

Sébastien Toutant aux X Games d'Aspen, au Colorado, en janvier 2019
Photo: Christian Murdock La Gazette via Associated Press Sébastien Toutant aux X Games d'Aspen, au Colorado, en janvier 2019

À deux semaines du coup d’envoi des Championnats du monde de surf des neiges, Sébastien Toutant ronge son frein chez lui et espère que la compétition aura bel et bien lieu. Car la pandémie de COVID-19 a mis à mal le calendrier et la préparation du planchiste ces derniers mois.

À peine de retour des États-Unis où il a pris part aux X Games plus tôt ce mois-ci, « Seb Toots » est confiné en quarantaine dans son appartement. Il reconnaît que la situation est loin d’être idéale à un an des Jeux olympiques de Pékin, où il aura la mission de défendre son titre olympique au grand saut.

« C’est plate parce que ce sont deux semaines que je ne peux pas utiliser pour m’entraîner, a reconnu l’athlète de 28 ans, dont l’horaire a souvent été revu et corrigé avec le report ou l’annulation de compétitions ces derniers mois. Quand tu reviens à la maison, tu perds à chaque fois deux semaines.

« La réalité, c’est que je n’ai pas pu m’entraîner autant que je l’aurais voulu. Les Mondiaux s’en viennent, et j’espère être en mesure d’offrir la meilleure performance possible, poursuit celui qui prendra part aux épreuves de grand saut et de slopestyle. Tant mieux si c’est assez pour gagner. Chaque compétition à laquelle je participe, j’essaie de la gagner. C’est ma mentalité. »

Pour ces Mondiaux, déplacés de Chine à Aspen, au Colorado et reportés au 8 au 16 mars, Toutant espère qu’ils se dérouleront sans anicroche, de même que la Coupe du monde qui suivra au même endroit.

« Les Mondiaux et la Coupe du monde après font partie du processus qui va nous permettre d’accumuler des points pour assurer notre place aux Olympiques. Toutes les compétitions d’ici le mois de février l’an prochain sont importantes. »

Avec les annulations de compétitions, les critères de sélection olympique ont été révisés. Désormais, les quatre planchistes les mieux classés au pays obtiendront leur billet pour Pékin. Le Repentignois a déjà un plan bien précis pour en faire partie.

« La préparation est très importante dans mon sport. Ça fait longtemps que je fais cette discipline, et il n’y a pas de secret : plus tu t’entraînes, mieux tu es prêt à offrir une bonne performance. Cette année, je n’ai pas la même préparation que par le passé. Cet été, je n’ai pas l’intention de voyager beaucoup afin de m’entraîner le plus possible à la maison. Nous avons la chance d’avoir le centre d’entraînement Maximise à Sainte-Agathe-des-Monts, et je vais m’y entraîner beaucoup pour m’assurer d’être le mieux préparé pour la saison prochaine. »

Redonner à son sport

Toutant n’est jamais à court de projets ni d’idées. Et s’il y a un élément positif à l’incertitude causée par le coronavirus, c’est qu’il a eu plus de temps pour s’y consacrer.

Il a notamment conçu avec le soutien de son commanditaire Red Bull un module de rails pour le parc à neige de la station Tremblant. Son installation est prévue le mois prochain, et il sera ouvert au public.

« Je l’ai dessiné personnellement pour que les gens d’ici aient la possibilité de pratiquer quelque chose de nouveau. C’est ma façon de “redonner” à l’industrie du Québec. »

Il a également développé un jeu numérique basé sur ses parcours à obstacles, les « trickshots de Seb Toots ».

« Avec le confinement, j’ai compris que ce n’est pas facile d’être enfermé chez soi. J’ai commencé à concevoir des entraînements à la maison et à me filmer. Je l’ai partagé avec mes « fans » sur les réseaux sociaux, et ces vidéos sont devenues virales. J’ai donc décidé de créer un parcours, que nous avons filmé à Toronto cette année. Il s’agit d’un jeu numérique, et c’est moi qui fais le parcours, mais l’utilisateur peut y participer en tentant de compléter le parcours pour accumuler le plus de points possible. »

Le gagnant du concours à travers ce jeu aura l’occasion de passer une journée VIP avec « Seb Toots »… en personne.