Championnat du monde des super-légers - Gatti et Dorin veulent éviter la bagarre de rue

Arturo Gatti et Leonard Dorin (à droite), hier, à New York: deux Canadiens pour un même titre.
Photo: Agence Reuters Arturo Gatti et Leonard Dorin (à droite), hier, à New York: deux Canadiens pour un même titre.

Il semble n'y avoir que deux personnes qui ne sont pas convaincues que le duel de samedi soir à Atlantic City n'aura pas des allures de bagarre de rue: les deux pugilistes, Arturo Gatti et Leonard Dorin.

Le très attendu combat de championnat du monde des super-légers du Conseil mondial de la boxe (WBC) réunira deux boxeurs reconnus pour livrer de sanglantes et féroces batailles. Pourtant, les deux rivaux insistent pour dire qu'ils seront prêts à afficher talent et technique.

Le fait que les deux athlètes présentent de forts liens canadiens — Gatti est natif de Montréal tandis que Dorin vit à Montréal depuis 1998 et est récemment devenu citoyen canadien — ajoutera du piquant à ce duel, du moins pour les amateurs de boxe au nord de la frontière.

«Tout le monde croit que j'adore les bagarres de rue, mais pas avec un rival plus petit que moi; mes coups passeraient toujours au-dessus de sa tête» a lancé Gatti, alors que les deux pugilistes participaient à une conférence téléphonique, mardi.

«Je dois le frapper avec des uppercuts», a ajouté le boxeur de 32 ans. Et si Dorin veut provoquer une bagarre de rue, a ensuite dévoilé Gatti, «je frapperai avec force, afin qu'il y pense par deux fois avant d'entrer à l'intérieur».

«Je suis prêt à tout», a répliqué Dorin, de deux ans l'aîné de Gatti. «S'il veut un combat de boxe, nous aurons un combat de boxe. S'il veut une bataille, nous aurons une bataille.»

La plupart des experts prédisent que Gatti (37-6-0) conservera la ceinture remportée aux dépens de l'Italien Gianluca Branco, le 24 janvier dernier à Atlantic City, une ville où il compte de nombreux partisans.

À cinq pieds huit pouces, Gatti domine de quatre pouces Dorin (22-0-1), plus trapu. Il possède aussi un net avantage en puissance de frappe en plus de compter sur une beaucoup plus grande expérience lors de combats d'envergure disputés devant d'imposants auditoires.

Mais Dorin, l'ancien monarque mondial des poids légers de la WBA, a également livré de spectaculaires combats, notamment celui qui s'est soldé par un verdict nul face à l'ex-champion de l'IBF, l'Américain Paul Spadafora, en 2003.

Selon Lou DiBella, co-promoteur des combats de Dorin, le duel de samedi devrait s'avérer tout aussi spectaculaire que les trois combats qui ont opposé Gatti à Mickey Ward.

«Vous avez deux pugilistes qui n'ont jamais pris part à un combat ennuyant, a fait remarquer DiBella. Ils distribuent plus de coups par ronde que la grande majorité des autres boxeurs. Gatti n'est pas content à moins d'être impliqué dans une vraie bataille. Lors d'un combat aussi spectaculaire, tout peut se produire.»

Selon Gatti, Dorin représente un défi différent de Ward, qui est devenu un bon ami et qui assistera au combat.

«Mickey Ward avait plus de talent et il pensait à ce qu'il allait faire tandis que Dorin fonce directement vers son rival, a comparé Gatti. Je pense que Dorin possède deux jambes gauches et ça va lui nuire lors de ce combat.» Dans sa préparation, Dorin a livré des rondes d'entraînement avec Alain Bonnamie (168 livres) afin de s'habituer à se battre contre un adversaire plus gros et plus fort, comme Gatti.

«Je me suis entraîné très fort, a assuré Dorin. Arturo est un grand champion et je veux être à son niveau.»

Gatti a prédit sa victoire.

«Il n'y a pas de doute dans mon esprit que je vais l'emporter. J'ai travaillé trop fort. De grandes choses m'attendent et je ne laisserai pas Dorin m'en priver, surtout pas dans ma cour. Je ne perdrai pas ce combat.»