Les Canadiens sont confiants en vue des Mondiaux

Valérie Maltais (au centre), Ivanie Blondin (à gauche) et Isabelle Weidemann (devant), à Heerenveen, aux Pays-Bas
Peter Dejong Associated Press Valérie Maltais (au centre), Ivanie Blondin (à gauche) et Isabelle Weidemann (devant), à Heerenveen, aux Pays-Bas

Les patineurs canadiens ont hâte de retrouver un peu de normalité au cours de cette saison unique en son genre. Les 13 athlètes se sont présentés à Heerenveen, aux Pays-Bas, en vue de leurs premières courses internationales en près de 10 mois sans véritables entraînements sur un anneau de glace extérieur.

Mais après avoir récolté 11 médailles — dont deux d’or — en seulement deux escales de la Coupe du monde, les Canadiens entreprendront les Championnats du monde de patinage de vitesse longue piste jeudi en débordant de confiance. « Nous avons surpris les autres pays. Nous nous sommes surpris nous-mêmes », a admis l’Ottavienne Ivanie Blondin en entretien avec La Presse canadienne.

Et au-delà des médailles, les représentants de l’unifolié apprécient les entraînements à haute intensité sur un anneau de glace intérieur, où ils peuvent observer plus facilement le fruit de leur dur labeur.« Nous sommes tellement heureux de pouvoir patiner de nouveau. On dirait que nous sommes des gamins de nouveau », s’est exclamé le Québécois Laurent Dubreuil.

La pandémie de COVID-19 a saboté le calendrier des courses internationales cet hiver, comme c’est le cas dans bien des disciplines sportives.

La saison de longue piste des Canadiens comprend donc les deux escales de la Coupe du monde en janvier et les Championnats du monde de cette semaine, sur le légendaire anneau Thialf de Heerenveen. L’équipe de courte piste ne participera à aucune Coupe du monde cet hiver puisqu’elles ont toutes été annulées, et ce malgré le fait que les Mondiaux sont toujours inscrits au calendrier en mars.

Patinage de vitesse Canada (PVC) a hésité à envoyer un contingent de patineurs en longue piste aux Pays-Bas à cause de la pandémie, mais certains d’entre eux souhaitaient absolument y être — à un an des Jeux olympiques d’hiver de 2022 à Pékin, en Chine.

« L’un d’entre nous a vraiment poussé fort pour qu’on y participe, a confié Dubreuil. Je suis un représentant des athlètes chez PVC. Bien des athlètes m’ont écrit et m’ont dit qu’ils voulaient y aller. »

Les patineurs canadiens sont arrivés aux Pays-Bas sans avoir véritablement pu s’entraîner sur une glace de qualité. Leur centre d’entraînement, l’anneau de glace de Calgary, est dépourvu d’une patinoire depuis septembre en raison d’un problème mécanique. Et celle-ci ne sera pas disponible avant le printemps, au plus tôt.

Dubreuil, de Lévis, n’a pu s’entraîner sur l’anneau de glace intérieur de Québec puisqu’il est présentement en construction, à l’endroit même où se trouvait l’ancien.

Il voyage souvent entre Québec et Calgary pour les camps d’entraînement, mais cette fois-ci aucune glace n’est disponible.

Malgré le manque de préparation, Dubreuil a décroché une médaille d’argent et deux autres de bronze sur 500 m, en plus d’une supplémentaire de bronze sur 1000 m, en deux escales de la Coupe du monde de longue piste. L’athlète âgé de 28 ans a remplacé son temps d’entraînement sur la patinoire par des séances d’analyse de ses bonnes et moins bonnes courses, en plus de miser davantage sur la visualisation.

« J’ai fait le travail nécessaire pour obtenir de bons résultats, a dit Dubreuil. Quand j’y pense d’un point de vue logistique, ça ne fait aucun sens de dire que je suis confiant, mais pourtant je le suis. Il faut d’abord et avant tout y croire, ce qui est vrai pendant une saison normale, mais c’est encore plus important cette année à cause de notre entraînement, a-t-il ajouté. Nous étions conscients que ce serait difficile, mais c’était le mieux que nous puissions faire dans les circonstances. »

Et cette confiance renouvelée s’est répandue de manière contagieuse au sein de l’équipe canadienne.

Il faut d’abord et avant tout y croire, ce qui est vrai pendant une saison normale, mais c’est encore plus important cette année à cause de notre entraînement

 

Blondin, Isabelle Wiedemann, d’Ottawa, et Valérie Maltais, de La Baie, ont donné le ton à chacune des Coupes du monde en décrochant l’or dans la poursuite par équipes dès la première journée de compétitions.

« À l’approche de la première Coupe du monde, j’étais très nerveuse, a convenu Blondin. Je savais qu’en poursuite par équipes, nous ferions bien. Mais je ne m’attendais pas à ce que nous dominions autant.

« J’étais plus préoccupée pour les épreuves individuelles. Je me disais : est-ce que je serai aussi bonne que la saison dernière ? » s’est questionnée l’Ontarienne.

« Ce sont ces petits démons qui ressortent chaque fois que tu n’es pas en mesure d’affronter les meilleures patineuses de la planète », a-t-elle poursuivi. Une partie de la réponse est toutefois venue lors des deux premières escales de la Coupe du monde. Et si ses résultats sont un indicateur fiable de ce qui l’attend aux Mondiaux de Heerenveen, il y a fort à parier que les démons de Blondin seront exorcisés.

À voir en vidéo