265 athlètes derrière Nicolas Gill à Athènes

Le Comité olympique canadien a dévoilé hier la liste des 266 athlètes qui participeront aux Jeux olympiques d’Athènes, dans trois semaines. Myriam Boileau et Alexandre Despatie, au centre, seront de la partie, en compagnie de 53 autres Québécois
Photo: Jacques Nadeau Le Comité olympique canadien a dévoilé hier la liste des 266 athlètes qui participeront aux Jeux olympiques d’Athènes, dans trois semaines. Myriam Boileau et Alexandre Despatie, au centre, seront de la partie, en compagnie de 53 autres Québécois

Les jeux sont maintenant faits: ce sont 266 athlètes canadiens, dont 55 Québécois, qui participeront aux Jeux olympiques d'Athènes. Au soir de la cérémonie d'ouverture, le 13 août, le judoka Nicolas Gill marchera le premier d'entre tous, puisqu'il a été choisi hier pour porter le drapeau rouge et blanc en tête de la délégation, un honneur qui récompense l'ensemble de ses exploits.

Nicolas Gill s'est peut-être dit «très surpris» d'avoir été choisi, mais le Comité olympique canadien (COC) n'a pas eu pour autant à s'expliquer longtemps pour justifier une décision qui a été chaudement applaudie par les athlètes présents à la conférence de presse, hier. Double médaillé olympique (bronze à Barcelone en 1992 et argent à Sydney en 2000), 10 fois champion canadien, trois fois sur le podium aux championnats du monde, Gill s'est bâti au fil des ans une solide réputation internationale. À 32 ans, il en sera à ses quatrième Jeux cette année.

De la Belgique où il s'entraîne actuellement, Nicolas Gill a parlé, par le biais d'une liaison satellite, d'une sélection qui fait «chaud au coeur»: «D'avoir une carrière aussi longue et de sentir soutenu à la fin, ça fait du bien. Je ne pensais pas me rendre à Athènes après les Jeux de Sydney. Ce sera certainement un des plus beaux souvenirs de ma carrière.» Blessé au genou en novembre dernier, Gill dit être complètement remis et fin prêt pour la compétition. Son objectif? Gagner son dernier combat. Et ce n'est pas l'honneur de porter le drapeau qui va le stresser. «La journée la plus stressante, c'est aujourd'hui, alors que je dois répondre à toutes les demandes d'entrevue...»

La délégation canadienne, qui comprend 134 femmes et 132 hommes, sera un peu moins importante cette année qu'en 2000, alors que 309 athlètes avaient été invités. Le gros des coupes se sont faites en natation, avec 19 places en moins, et en athlétisme, où on a retranché 17 athlètes.

Ce sont les critères de sélection canadiens, resserrés — et critiqués ces dernières semaines — qui expliquent cette diminution. Le vice-président du COC, Walter Sieber, disait hier que «la définition de Pierre de Coubertin, c'est de l'histoire. On ne va plus participer, mais performer et tenter de se classer parmi les 12 premiers. On veut des équipes compétitives, la crème de la crème.»

Ainsi, le COC s'attend à une récolte de médailles équivalente aux 14 de Sydney. Nathalie Lambert, chef de mission adjointe, pense que le Canada a des chances dans au moins 30 épreuves (hommes et femmes). «Si la moitié d'entre eux réussissent, on y sera.»

Dix athlètes défendront une médaille obtenue à Sydney, dont trois, la plus convoitée: Simon Whitfield (triathlon), Daniel Igali (lutte) et Daniel Nestor (tennis). Notons aussi Caroline Brunet (argent en kayak) — la porte-drapeau de Sydney en sera à ses 5e Jeux —, Émilie Heymans (argent en plongeon) et Mathieu Turgeon (bronze en trampoline).

Chez les Québécois, exception faite peut-être de Geneviève Jeanson et Charles Dionne, peu de gros noms ont été laissés de côté. Tête d'affiche de la délégation, le plongeur Alexandre Despatie s'attend à de «gros Jeux», d'autant plus qu'ils se déroulent à Athènes et que le Canada célèbre son centenaire de participation. «Je suis privilégié de participer à ça, dit-il. En 2000, j'avais 15 ans, j'y allais pour voir. C'est différent cette année. J'ai eu quatre ans fructueux et j'ai confiance.» Même s'il sait que tous les yeux seront tournés vers lui dans trois semaines, Despatie affirme ne pas ressentir de pression particulière. «Il y en a qui performe bien sous la pression, d'autres qui craquent, moi j'oublie tout et je plonge.»

À 57 ans, le cavalier Ian Miller sera le doyen de la troupe. Il participera à ses... 9e Jeux olympiques, un record canadien qui prend sa source à Munich, en 1972. À l'autre bout de l'échelle des générations, la gymnaste Gael Mackay sera la cadette avec ses 15 ans.