Transat Québec — Saint-Malo - Karine Fauconnier surfe vers la victoire

Saint-Malo — La navigatrice française Karine Fauconnier, animée d'une volonté farouche à bord de son trimaran Sergio Tacchini, a remporté hier la 6e édition de la course transatlantique à la voile et en équipage entre Québec et Saint-Malo.

En compagnie de ses équipiers Jean-Baptiste Le Vaillant, Ronan Le Goff, Antoine Mermod, Damian Foxall l'Irlandais et Brian Thompson le Britannique, Fauconnier a coupé la ligne à 13 h 50 min 54 sec (GMT), soit un temps de parcours de 7 j, 21 h, 00 min 54 sec et une vitesse moyenne de 15,36 noeuds sur le parcours théorique.

Le record (7 j, 20 h, 24 min et 43 sec) établi en 1996 par le Français Loïck Peyron sur Fujicolor II n'a donc pas été battu.

Fauconnier a devancé ses compatriotes Franck Cammas (Groupama, 7 j 21 h 59 min 02 sec) et Michel Desjoyeaux (Géant, 7 j 22 h 01 min 49 sec). «Nous savions que nous pouvions gagner. Nous avions le bateau et nous avions l'équipe pour ça», a commenté Karine Fauconnier.

«La course a été belle dès le départ. Nous avions prévu que tout le monde barrerait et finalement nous ne l'avons fait qu'à quatre. Dans le Saint-Laurent, j'étais à la barre, Brian à la navigation, Jean-Baptiste aux réglages, Ronan et Tonio à la manoeuvre», a indiqué la digne héritière de papa Yvon Fauconnier, vainqueur de la Transat anglaise en 1984. «Nous avons fait quarante empannages, avons mis 24 heures pour sortir de la rivière et 24 heures ensuite pour sortir des marques de la Gaspésie. Nous avons eu pas mal d'avance à Saint-Pierre-et-Miquelon, les autres sont revenus ensuite nous nous sommes bien déhalés à Saint-Paul. Ce n'était pas évident, nous sommes repartis devant et nous avons pu prendre l'océanique avant les autres», a-t-elle encore expliqué.

«À chaque fois que nous avions pris un peu d'avance, nous étions ralentis. En fait, nous n'étions pas dans une dépression, il y avait l'anticyclone centré sur l'Atlantique et nous passions autour en allant plus vite que les phénomènes. Nous savions que si nous réussissions à attraper la dépression au nord de l'Irlande, ça passerait. Nous avons essayé de nous donner le plus de marge possible. C'est vrai que nous étions tendus, mais nous savions que s'ils nous rattrapaient, nous pourrions relancer la régate en essayant autre chose. Nous regardions aux jumelles et nous n'avons rien vu. La dernière nuit entre la côte anglaise et Saint-Malo a été très pénible, tant la pression des poursuivants a été forte», a-t-elle dit.

«Nous avons bien mérité de gagner. C'est la victoire d'une équipe. Il y a ceux qui était à bord mais aussi ceux qui étaient à terre», insistait Karine Fauconnier, qui s'apprêtait à fêter dignement l'évènement.

Cette victoire est aussi la première d'une navigatrice en multicoques depuis celle de Florence Arthaud (1990) dans la Route du Rhum, sans oublier les deux victoires de l'Anglaise Ellen MacArthur en monocoques dans la Transat anglaise 2000 et la Route du Rhum 2004. Autant de circonstances au cours desquelles la femme s'est montrée plus que l'égale de l'homme...