Dopage - Young pourrait couler le relais 4 x 400m

Grosseto, Italie — La perte par le relais américain de son titre de champion olympique du 4 x 400 mètres obtenu à Sydney en 2000 semble désormais inéluctable.

La Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) a en effet estimé hier que la participation à ce relais de l'athlète Jerome Young, convaincu de dopage à la nandrolone un an auparavant, n'aurait jamais dû être autorisée.

La balle est désormais dans le camp du Comité international olympique (CIO), qui devrait décider avant la tenue des Jeux d'Athènes de déchoir le relais américain de sa médaille d'or.

Mais la situation n'est pas simple puisque Young n'avait pas pris part à la finale victorieuse.

Young, champion du monde du 400 mètres, avait participé à la première série et à la demi-finale du relais 4 x 400 mètres à Sydney.

Comme les quatre relayeurs présents en finale, Michael Johnson, Alvin Harrison, Antonio Pettigrew et Calvin Harrison, et le sixième membre de l'équipe, Angelo Taylor, il avait reçu une médaille d'or.

Les autres membres de l'équipe, dont Johnson qui avait glané là sa cinquième et dernière médaille d'or olympique, auront donc la possibilité d'être écoutés par le CIO, soit en personne, soit par l'entremise d'explications écrites, afin de défendre leur cause.

Il apparaît pourtant presque certain que le CIO suivra les recommandations de l'IAAF, c'est à dire la destitution des médaillés.

En cas de déclassement des Américains, c'est le Nigeria qui obtiendrait la médaille d'or. La Jamaïque recevrait l'argent et les Bahamas, le bronze.

Jerome Young avait été contrôlé positif à un stéroïde, la nandrolone, le 26 juin 1999. Mais il avait démenti s'être dopé, et la fédération américaine d'athlétisme (USATF) l'avait alors blanchi en appel, ce qui lui avait permis d'éviter une suspension de deux ans et de participer aux Jeux de Sydney. Tout cela, sans que la fédération internationale, l'IAAF, en soit informée avant 2004.

Il y deux semaines et demie, le Tribunal arbitral du sport (TAS) avait estimé que Young devait être privé de sa médaille d'or olympique conquise à Sydney, mais n'avait rien décidé quand aux autres relayeurs américains.

La décision de l'IAAF met en tout cas en lumière les dysfonctionnement de la fédération américaine d'athlétisme, qui s'était défendue de vouloir protéger Young en ne révélant pas son contrôle positif avant cette année.

«Si l'USATF nous avait informés de sa décision de blanchir Young selon les principes de l'IAAF, cette situation n'aurait jamais eu lieu, a indiqué hier Istvan Gyulai, le secrétaire général de l'IAAF. Nous ne voyons pas cela comme un triomphe, a ajouté Gyulai. Nous considérons cela comme une obligation morale.»