Le Tricolore rendra visite aux Oilers d’Edmonton samedi

Tomas Tatar, Brendan Gallagher et Philip Danault, lors d'une pratique en juillet dernier
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Tomas Tatar, Brendan Gallagher et Philip Danault, lors d'une pratique en juillet dernier

Phillip Danault ne veut pas regarder trop loin devant, mais il sait très bien qu’il n’aura pas beaucoup de soirées faciles cette saison.

Après avoir affronté Auston Matthews et Mitchell Marner pour commencer la campagne, Danault et ses compagnons de trio devront tenter de freiner Connor McDavid et Leon Draisaitl samedi, quand le Canadien de Montréal rendra visite aux Oilers d’Edmonton.

Les deux équipes s’affronteront à nouveau lundi, puis Danault aura ensuite l’étoile des Canucks de Vancouver Elias Pettersson devant lui pour trois rencontres d’affilée.

« J’essaie d’y aller un match à la fois. Tu vas trop vite », s’est exclamé Danault en visioconférence, vendredi, quand un journaliste lui a rappelé le calendrier difficile qui attend le Tricolore cette saison.

« McDavid et Draisaitl ont beaucoup de vitesse, ils aiment attaquer le filet et sont affamés autour du filet. Nous allons devoir être encore plus affamés qu’eux. »

Si seulement c’était aussi simple à dire qu’à faire. McDavid a été blanchi de la feuille de pointage par les Canucks en ouverture de campagne mercredi, quand les Oilers ont perdu 5-3. Il n’avait pourtant pas manqué d’occasions de faire scintiller la lumière rouge. Peu importe, McDavid s’est racheté jeudi avec trois buts et une aide, ce qui a mené à une victoire de 5-2 face à ces mêmes Canucks.

Et pendant ce temps, Draisaitl a récolté un total de cinq aides lors de ces deux rencontres.

« C’est un monstre à deux têtes », a rappelé Danault en parlant des Oilers.

« Ce qui est unique avec McDavid, ce qui le rend difficile à contrer, c’est que si vous êtes proches de lui, il va vous déborder et si vous êtes trop loin, vous allez lui donner trop d’espace pour manœuvrer, a expliqué l’entraîneur-chef du Canadien, Claude Julien. Ça prend des joueurs intelligents pour contrer un gars comme lui et l’amener dans un espace sur la patinoire où il a moins de chance de faire des dommages. »

Une bonne manière de limiter les occasions de marquer pour les Oilers est en passant bien sûr du temps à l’attaque. L’une des seules taches au tableau lors du premier match du Tricolore cette saison, malgré la défaite en prolongation de 5-4 face aux Maple Leafs de Toronto, a été l’inefficacité de Jesperi Kotkaniemi et Jake Evans dans le cercle des mises en jeu.

Kotkaniemi a été 1-en-9 et Evans, 1-en-7. Phillip Danault (17-en-27) et Nick Suzuki (7-en-14) ont dû s’accabler principalement de cette tâche.

« Nous sommes jeunes au centre et ce sera un défi parfois cette saison de gagner des mises en jeu et commencer avec la rondelle », a reconnu Julien.

Danault croit que les mises en jeu sont souvent une question d’expérience et de répétition.

« Il faut apprendre à bien lire l’arbitre et le joueur adverse », a-t-il noté.

Dans son cas, Danault dit avoir beaucoup appris de Yanic Perreault, qui a fait des mises en jeu son pain et son beurre pendant 14 saisons dans la LNH. Perreault a été embauché comme entraîneur au développement des joueurs par les Blackhawks de Chicago en 2013, alors que Danault commençait sa première saison complète chez les professionnels.

« Il faisait l’aller-retour entre Chicago et Rockford et il me donnait beaucoup de trucs. Il préparait des vidéos après chaque match, a raconté Danault. Chaque détail était précieux. »

Et c’est maintenant au tour de Danault de donner au suivant, passant souvent du temps à la fin des entraînements avec ses jeunes coéquipiers à pratiquer les mises en jeu.

Pas inquiet pour Edmundson

La performance de Joel Edmundson à sa première sortie avec le Canadien, mercredi, en a fait sourciller quelques-uns. L’intégration du défenseur dans le système de jeu du Tricolore n’a pas semblé aussi facile que celle des attaquants Josh Anderson et Tyler Toffoli et du défenseur Alexander Romanov.

Julien a toutefois rappelé qu’Edmundson passait d’un système de couverture homme à homme à un système de couverture de zone et qu’il allait avoir besoin de quelques matchs pour prendre ses repères.

« Un match ne va pas définir sa saison, a dit Julien. Regardez [Ben] Chiarot la saison dernière, il avait eu besoin de quelques matchs, de quelques semaines pour faire la transition. Ce sera la même chose pour Joel. »

Edmundson a notamment paru hésitant en infériorité numérique sur le but de William Nylander. Julien a cependant rappelé qu’il n’avait plus de bâton. Il a aussi noté que l’autre but accordé par le Canadien en désavantage numérique face aux Maple Leafs était survenu avec deux joueurs en moins.

« Il faut regarder la façon dont les buts ont été marqués, a-t-il insisté en commentant le travail en infériorité numérique. Il n’y a pas de raison de paniquer. »

Julien est toutefois conscient que la tâche ne sera pas plus facile face aux Oilers, qui ont profité de 29,5 % de leurs occasions en avantage numérique l’hiver dernier, un sommet dans la LNH. Ce sera la même chose par la suite face aux Canucks, quatrièmes la saison dernière avec une efficacité de 24,2 %.

Il ne faut toutefois pas regarder trop loin devant !