Impact de Montréal: la fin d’un nom

L’objectif fondamental de ce processus était de parvenir à créer une appellation qui corresponde aux particularités et à l’identité de Montréal et des Montréalais.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne L’objectif fondamental de ce processus était de parvenir à créer une appellation qui corresponde aux particularités et à l’identité de Montréal et des Montréalais.

Après presque 30 ans d’existence, l’Impact de Montréal n’est plus. Vive le Club de foot Montréal ! Ou le CF Mont-réal ! Ou même le CFM ! Il reviendra à chaque partisan de l’équipe de choisir l’appellation qu’il préfère, car toutes ces réponses sont bonnes, parole du président de l’équipe, Kevin Gilmore.

La nouvelle appellation du club de la MLS a officiellement été révélée jeudi matin lors d’une conférence de presse virtuelle tenue à l’Espace Yoop de la Place des Arts. Elle a bien sûr eu l’aval de Joey Saputo, l’homme qui a mis l’équipe au monde en décembre 1992 et qui l’a baptisée « Impact » le 2 février 1993, quelque trois mois avant qu’elle ne joue son tout premier match dans l’American Professional Soccer League. C’est d’ailleurs Saputo lui-même qui a dévoilé le nouveau nom par vidéo.

Dans son message délivré dans les deux langues, Saputo a insisté sur le fait que son organisation cherche à « agir et à fonctionner comme un club des ligues majeures, dans une ville sportive internationale et à un niveau international ». « De nombreux clubs sportifs ont des partisans ici à Mont-réal. Alors pourquoi le CF Montréal ne pourrait pas avoir des supporters au-delà de notre ville et de notre province ? » a d’abord déclaré Saputo.

Photo: Club de foot Montréal  Le nouveau logo prend la forme d’un flocon formé de M car, selon le club, les flocons représentent l’interculturalisme de la ville: tous uniques mais formant un tout fort.

Par ailleurs, Saputo a aussi voulu réconforter les partisans les plus fidèles de l’équipe, ceux dont l’attachement à l’Impact était indéniable et qui pourraient être attristés par ce changement. « Je comprends ce que vous pouvez ressentir. J’aime l’Impact. C’est un club et un projet passionnel que j’ai commencés avec trois employés à temps plein il y a 28 ans. Et c’est difficile de laisser aller des choses que l’on aime. Mais voici la réalité : pour faire un impact, il faut retirer l’Impact », a-t-il affirmé.

« L’Impact de Montréal sera toujours ce club local qui a réalisé des enjambées internationales. Et tout ça, nous pouvons en être fiers », a poursuivi Saputo, qui se dit persuadé que la formation montréalaise n’a jamais été dans une meilleure position qu’en ce moment pour être compétitive à long terme sur le terrain.

Aspect francophone

La nouvelle appellation fait place au mot « foot », et non football et encore moins soccer, « un terme nord-américain », a noté Gilmore. L’appellation évite aussi les initiales FC qui auraient pu être associées à Football Club.

« On s’est fait critiquer quand les rumeurs sont sorties, qu’on devenait Montreal Football Club, a rappelé Gilmore. J’ai vu des commentaires qui disaient, “ils vont faire comme tous les autres, ils vont faire FC”. Justement, on ne veut pas être comme tous les autres. On ne doit pas être comme tous les autres. On est la seule équipe dans la MLS à être dans une ville francophone. On doit l’assumer. »

La nouvelle appellation, qui chapeautait dès 11 h jeudi le site Internet officiel de l’équipe, est accompagnée d’un nouveau logo circulaire dont les couleurs sont le noir impact, le gris glacé et le bleu sacré, selon leur ordre d’importance. L’organisation a aussi lancé une nouvelle devise, « Droit devant ».

« Sur le terrain, « Droit devant » représente un objectif commun entre les joueurs, le personnel et les supporters, soit le but adverse. Hors du terrain, « Droit devant » désigne une mentalité d’évolution, d’innovation et d’avant-gardisme », précise l’organisation dans son communiqué officiel.

Pandémie oblige, seulement deux personnes se trouvaient à l’Espace Yoop, soit Gilmore et Kingsley. L’entraîneur-chef Thierry Henry a participé à l’événement en direct de Londres. « C’est quelque chose d’historique pour moi de faire partie de ce changement, a déclaré Henry. Je le comprends bien, et Joey l’a très bien résumé en disant que certaines personnes ont peut-être un peu de mal avec l’évolution, mais il faut évoluer dans la vie. Il faut passer par là. C’est super important. C’est un nouveau départ. Il va aussi falloir qu’on réponde présent sur le terrain pour pouvoir répondre à tout ça et que tout le monde soit fier de ce nouveau nom, nouveau logo, nouveau départ », a ajouté le Français.

Quant au prochain maillot, il devrait être dévoilé début février.

Caractère multiethnique

La nouvelle appellation est le fruit d’un travail amorcé par Gilmore il y a 18 mois, avec la contribution de Justin Kingsley et de son collaborateur Paul Labonté, nommés la semaine dernière codirecteurs de la création pour le club. Selon Gilmore, l’objectif fondamental de ce processus était de parvenir à créer une appellation qui corresponde aux particularités et à l’identité de Montréal. Or, celui-ci dit avoir rapidement constaté un lien très étroit entre la ville de Montréal et l’équipe dont il est devenu le président le 22 janvier 2019.

« La chose qui m’a frappé dès mon arrivée, c’est qu’il n’y a peut-être aucun club ou même entreprise de notoriété publique au Québec et à Montréal qui représente notre ville plus que notre club de foot », a-t-il affirmé lors d’une entrevue accordée à La Presse canadienne, en marge du lancement. « Nous avons 11 joueurs sur le terrain qui viennent de pays et même de continents différents, qui parlent différentes langues, qui pratiquent différentes religions et qui, malgré le fait qu’ils ne pourraient pas être plus différents, se réunissent sur un terrain de foot et travaillent ensemble avec un but commun. Ils deviennent une communauté », a expliqué Gilmore.

« Je regarde notre équipe sur le terrain et je me dis, ça, ça représente notre ville, parce qu’on est un club intégré, on est un club inclusif. Et Montréal est une ville qui est accueillante, inclusive. Elle n’est pas multiculturelle, elle est interculturelle », a-t-il ajouté.

Gilmore considère que son organisation bénéficie d’un privilège en étant l’ambassadrice d’une ville et de ses habitants par l’entremise d’un sport qui est pratiqué à travers le monde et qui est suivi par des milliards de personnes. « On a la responsabilité qui découle de ce privilège de représenter notre ville. Et c’est pour ça qu’on fait le rebrand. Notre marque doit représenter notre ville. Donc, ce n’est pas l’Impact de Montréal, c’est le Club de foot Montréal. Montréal devient vraiment le focus de notre marque », a-t-il conclu.

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