Tour de France - 14e étape - La revanche d'Aitor Gonzalez

Nîmes — Laminé dans les Pyrénées, l'Espagnol Aitor Gonzalez a pris une belle revanche hier en imposant ses qualités de rouleur dans les rues de Nîmes, où il a signé le 100e succès espagnol sur le Tour de France, le premier cette année.

Au terme des 192,5 km de cette 14e étape disputée entre Carcassonne et Nîmes, Gonzalez, qui a dédié sa victoire à sa mère, s'est imposé après 4 heures, 18 minutes et 32 secondes. Il a devancé les Français Nicolas Jalabert et Christophe Mengin de 25 secondes. «Il était vraiment impressionnant, c'est un très bon rouleur, a commenté Jalabert. Il est resté six kilomètres devant. Il méritait vraiment de gagner.»

Fatigué par une traversée des Pyrénées éreintante, le peloton, après avoir vécu deux heures intenses, a fini l'étape tranquillement. Réglé au sprint par Robbie McEwen, qui a ainsi conforté son maillot vert, le gros des troupes a franchi la ligne d'arrivée avec un retard de 14 minutes et 12 secondes sur le vainqueur.

Le Français Thomas Voeckler a conservé le maillot jaune de leader. Aucun changement notable n'est intervenu au classement général, et il compte toujours 22 secondes d'avance sur l'Américain Lance Armstrong (US Postal).

Une approche différente

Vainqueur de la Vuelta en 2002, Gonzalez avait entamé le Tour avec des objectifs élevés. Mais sa 90e place samedi au Plateau de Beille, à 33 minutes 49 secondes de Lance Armstrong, a anéanti tous ses espoirs de bien figurer au général.

«Depuis [samedi], le classement général, c'est terminé, a déclaré Gonzalez. Je ne peux plus y penser. Je me suis donc levé en pensant que c'était un autre Tour qui commençait. Je me suis dit qu'il fallait envisager la course d'une autre manière, et ç'a marché dès le premier jour.»

L'Espagnol de 29 ans, qui a offert sa troisième victoire d'étape à la Fassa Bortolo depuis le départ de la course, après celles de Fabian Cancellara dans le prologue et de Filippo Pozzato à Saint-Brieuc, ne s'était encore jamais imposé sur le Tour de France.

«Je suis vraiment très heureux, c'est une énorme satisfaction pour moi, a ajouté l'Espagnol, qui dispute sa troisième Grande Boucle. Jusqu'à présent, les choses n'étaient pas allées comme je le voulais, et aujourd'hui, enfin, la victoire est là.»

Après deux heures de course disputées à un rythme très soutenu et marquées par plusieurs attaques infructueuses, l'Espagnol est parti avec neuf autres coureurs après une centaine de kilomètres de course. À six kilomètres de la ligne d'arrivée tracée dans la ville taurine, où aucun Espagnol n'avait encore jamais triomphé, il a faussé compagnie à ses compagnons, qui n'ont jamais pu revenir sur lui.